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I tried to be perfect ... & Pearl ♥

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William LefroyLord
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MessageSujet: I tried to be perfect ... & Pearl ♥ Sam 23 Avr - 22:54


    PIECES - SUM 41


    Ding dong ... ding dong ... ding dong ....
    Le carillon des cloches de l'église abrutissait totalement William, ce son lourd et lent, l'isolait encore plus dans ses pensées. Il faut dire que depuis un moment, William n'arrivait plus à faire si bonne figure, et il avait énormément de mal à se montrer attentif et vif. Il était sans arrêt entrain de se perdre dans les méandres de ses pensées, à broyer du noir ... à se maudire... à réfléchir au conditionnel. ET SI ... il n'avait pas fait l'idiot... ET SI il n'avait pas embrassé Miss Georgiana.... ET SI il n'était pas tombé amoureux de Lady Pearl Forbes ... ET SI ? Avec ce conditionnel, il se refaisait un monde, où : culpabilité, tristesse, lassitude, énervement étaient omniprésents. Il était coupable... il était énervé d'avoir été si stupide, il était lassé de cette situation qui devenait pathétique... et il était affreusement malheureux d'avoir blessé et froissé celle qu'il portait dans son coeur.
    En conclusion, William ne vivait pas des jours heureux. Il faut dire que même l'atmosphère familiale ne l'aidait pas à faire face à cette peine de coeur ... Il était tellement perdu, si effacé de la réalité qu'il n'arrivait plus vraiment à participer à la vie familiale. Il avait perdu le goût de s'impliquer dans des choses. D'ailleurs, lui qui passait ses journées à travailler à l'hôtel de Ville, il s'arrangeait pour déléguer, ou pour remplir ses devoirs depuis la résidence des Lefroys... il évitait au plus les contacts humains. Car en ce moment, il se sentait peu à l'aise avec ça et surtout très maladroit. Qui sait ... et s'il se mettait à embrasser n'importe quelles dames avec laquelle il se promène hein? Il ne l'avait pas contrôlé une fois ... alors pourquoi il le contrôlerait la fois prochaine?
    Il se sentait tellement pathétique, et impuissant... pourquoi la race humaine est si destructrice... Comme si la quête au bonheur était une fable, juste une fable, qui n'aboutirait à rien. Il avait l'impression que dès qu'il s'approchait trop du but, on le lui enlevait ce trésor précieux. Alors, il jouait le rôle de l'amoureux malheureux, plus les jours passaient, plus son amour grandissait et plus il était chagriné par la situation. Il avait essayé de la voir... souvent il faisait demi-tour, perdant courage devant sa porte, mais parfois, quand il y arrivait, la jeune Lady n'était jamais là ... Il comprenait qu'elle puisse l'éviter... mais il ne pouvait pas se résoudre à laisser tomber l'affaire.

    Bref il ressassait encore et toujours le même refrain morose, alors que les cloches tintaient à tout rompre pour accueillir les mariés à l'extérieur de l'église.
    William cherchait à éviter les contacts humains, mais il y a des situations où il ne pouvait pas faire autrement. Il aurait été déplacé, indécent, de refuser l'invitation au mariage du duc et de la duchesse de ... il ne savait pas quoi. Des gens importants de Bath, dont il fallait avoir les bonnes grâces. Certes, il s'en moquait, mais ladite Catherine Lefroy, ne s'en moquait pas -bien sur. Oui oui, toujours cette présence maternelle étouffante. Il avait longuement refusé, mais elle trouvait toujours le moyen d'être de plus en plus insupportable, alors il s'était soumis à sa volonté.
    Il descendait lentement les marches sans faire vraiment attention. Les personnes qu'il croisait, lui adressaient un bonjour, mais ne s'offusquaient pas quand il ne leur répondait pas. Les rumeurs à Bath allaient de bon train, qui n'avait pas entendu les rumeurs sur le beau Lord ? Ce Lord qui avait l'air si triste et à côté de la plaque? C'est quand on le bouscula... ou peut-être lorsqu'il bouscula quelqu'un qu'il revint à la réalité. Il leva les yeux sur un visage connu ... l'oncle de Pearl, accompagné par ladite Pearl.
    Et voilà, l'Agonie, Acte I, Scène I : le commencement.

    - Je vous prie de bien vouloir m'excuser, je ne regardai pas où je mettais les pieds.

    Il sourit à l'oncle, et s'inclina devant Pearl, et lui baisa la main, comme le voulait la bienséance. Il eut du mal à décrocher son regard du visage si beau de Pearl. Quand il y arrivait, il se força à fixer l'oncle, et seulement l'oncle.

    - Cette célébration était une vraie réussite, n'est-ce pas ?





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Pearl ForbesLady
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MessageSujet: Re: I tried to be perfect ... & Pearl ♥ Lun 25 Avr - 8:50


Comment avait-elle pu un jour se plaindre de son quotidien quand il lui apparaissait aujourd'hui plus cruel que jamais ? Comment avait-elle pu un jour se préoccuper de l'ennui qui dominait sa vie à Bath quand elle n'avait pourtant en tête que de vagues craintes totalement infondées ! Aujourd'hui elle avait matière à se plaindre, et bien plus encore... Et pourtant, aujourd'hui elle devait paraître plus parfaite que jamais, car aujourd'hui serait "le grand jour !" Son oncle le lui avait bien assez répété... Alors aujourd'hui pour la seconde fois seulement depuis... Enfin elle remettrait un pied dehors. Tout avait été si dur ces derniers temps, très durs. Son esprit était constamment ailleurs, son coeur... Il n'était plus. Sans arrêt le souvenir de cette terrible journée lui déchiraient les entrailles et lui donnait le vertige. Le sourire de cette affreuse Cleverley, le bai..., les moqueries de la garce, le frôlement de leu..., son coeur en mille morceaux et cette teigne qui en plus y mettait le feu ! Elle avait tenté de se sortir toute cette histoire de la tête pourtant, elle avait essayé si fort ! Elle avait lu plus de livres que jamais, s'était exercée des journées entières au pianoforte, avait fait toute la couture qu'elle pouvait dans la maison, avait brodé des dizaines de chapeaux... Oh elle avait tant fait ! Et pour quoi...

Rien. Il y avait eu cette rencontre pourtant. Un étrange rayon de soleil dans son quotidien si sombre, pourtant toujours bien trop près de ce nuage menaçant. Elle s'était méfiée, s'était laissée charmer... Et avait évité de le revoir depuis. L'après-midi qu'ils avaient passé était des plus agréables, mais le recul pris, elle ne voyait en leur rencontre qu'une terrifiante copie de celle qui avait eu lieu des mois plus tôt entre elle et... Il était absolument hors de question qu'une fois de plus on la charme puis la trahisse ! Elle ne se laisserait pas faire, ne sacrifierait pas son coeur pour des espoirs de toute évidence injustifiés ! Tant pis si elle finissait vieille fille, tout plutôt que de revivre ça !

Mais avant de le revivre, il fallait déjà que cela s'arrête une première fois... Hors elle restait piégée dans le tourbillon infernal de ses journées vides de tout. Consciente que ses occupations ne lui changeaient finalement guère les idées tant tout lui rappelait à quel point c'était peut-être chacun de ces petits accomplissements qui attiraient les hommes, qui lui avait plu, elle s'était résolue à ne plus rien faire. Sortir était aussi absolument exclu, la dernière fois qu'elle s'était essayé à l'exercice, ses pas l'avaient reconduite au champ fruitier et elle avait fait la rencontre du jeune Lord. Alors que faisait-elle ? Elle passait ses journées assise dans le salon, faisait plus ou moins la conversation aux membres de sa famille présents, surtout moins d'ailleurs. Ils avaient fini par s'habituer à son regard perdu, à son manque de réaction, à ses lèvres tremblantes lorsqu'un potentiel était évoqué... Et pourtant son oncle finit par perdre patience et décida que cela devait cesser.

Ainsi elle s'était retrouvée là, sans trop comprendre comment, à se faire pomponner comme ce n'était plus arrivée depuis longtemps pour "le grand jour". Ces mots l'avaient d'abord effrayé mais elle avait obtenu la parole de son oncle qu'il ne serait nullement question de la marier aujourd'hui alors force d'insistance, elle finit par se laisser convaincre. Elle n'aurait qu'à continuer de fixer le vide toute la journée et elle ne verrait pas le temps passé. Maquillée, habillée puis coiffée, ils prirent la voiture et finirent par arriver à l'Abbey de Bath. Prise d'une soudaine crise de panique, pensant qu'une fois de plus elle avait été trahie mais que cette fois, c'était le mariage forcé qui l'attendait, elle fut tout de même bien vite rassurée et conduite au troisième rang, et non pas à l'autel. Elle comprit rapidement que c'était surtout elle qui s'était montée la tête avec cette histoire de grand jour qui n'avait été qu'une excuse pour enfin la sortir, ou peut-être lui présenter d'éventuels prétendants en voulant réveiller son côté fleur bleu avec un mariage mais elle ne voulut y penser. La cérémonie était belle, elle supposa, le couple à l'air heureux, de ce qu'elle crut entendre, les invités ravis par la cérémonie, c'est ce qui se dit en général... Mais elle clairement dans un état anormal. Depuis quand son romantisme incontrôlable avait-il cédé la place à une indifférence aussi prononcée ? Aucune importance, car son oncle lui fit signe de se relever pour enfin sortir. Elle fit quelques révérences, sourires, ne se rendit même pas compte des personnes concernées. Elle suivait son oncle et l'imitait, c'était déjà bien suffisant. On penserait que la chaleur lui cognait un peu trop la tête voilà tout.

Mais ce fut cette fois un coup d'un tout autre genre qu'elle ressentit. Il la reconduisait enfin à la voiture, lui tenant le bras pour s'assurer qu'elle n'y retourne pas en courant, lorsqu'un choc le retint en arrière et l'immobilisa elle aussi. Surprise et quelque peu secouée, elle regard l'impoli, et se fit comme frapper à l'estomac. Le feu de sa poitrine se raviva, et sa mâchoire s'en décrocha. William. Sa voix, son baiser sur sa main, son regard sur elle, elle crut mourir à nouveau. Qu'il était douloureux d'ainsi le revoir face à elle ! Tous ses souvenirs lui parurent alors bien fades car alors elle se rendit compte comme elle ne lui avait rendu justice, comme sa voix était plus agréable à l'oreille, comme son regard si torturé était envoûtant, comme ses baisers étaient délicats... Sans doute qu'elle avait tenté de le rendre moins parfait pour rendre l'infidélité moins insupportable. Il y aurait tout à refaire, tout à recommencer à zéro. Mais pour l'instant elle ne pouvait simplement décrocher son regard de lui. Peut-être était-ce ce détachement qui avait constitué son quotidien depuis tant de temps qui lui avait fait perdre la conscience de ce genre de chose, mais alors elle le dévisageait sans impunité, un air profondément peiné attristant son beau visage. Elle n'avait prêté garde aux banalités sorties par son oncle, ne s'était inclinée comme elle l'aurait du, elle était juste pétrifiée et choquée de cette rencontre inattendue. Aussi, lorsqu'enfin elle ouvrit la bouche pour autre chose qu'exprimer sa surprise en silence, elle le fit de manière peut-être un peu trop impolie et franche...

- Que faites-vous ici?

Elle continuait de le dévisager, de brûler de l'intérieur, et si ses lèvres exprimaient la surprise, son regard brillaient d'une douleur encore trop récente. Elle fut au moins reconnaissante d'une chose, son oncle ne tarda pas à comprendre qu'il était de trop et prit rapidement congé, prétextant aller féliciter une fois de plus les mariés. Elle était de nouveau seule avec lui et plus connectée à la réalité qu'elle ne l'était depuis ce fameux jour. William...

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William LefroyLord
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MessageSujet: Re: I tried to be perfect ... & Pearl ♥ Lun 25 Avr - 21:30

    "Une vraie réussite, ils forment un couple admirable !"
    William portait beaucoup trop d'intérêt à cette conversation anodine et banale pour être crédible. Il mettait corps et âme toute son atention sur la réponse de l'oncle, un sourire crispé sur ses lèvres, de peur qu'on découvre son état de panique. Toujours sans regarder la jeune femme qui se tenait à côté d'eux, William échangea quelques brèves phrases de routines, même une brève plaisanterie... peut-être qu'inconsciemment il voulait gagner les faveurs de l'oncle... au cas où Pearl lui pardonne un jour ? (a)
    " Ah ah ... cher William c'est tout à fait vrai ! Je suis ravi de vous revoir, cela fait si longtemps! Comment se fait-il qu'on vous voit si peu au salon ces temps-ci? "
    William préparait une réponse convaincante pour répondre plus ou moins à cette question, tout en évitant le vrai sujet, et de façon à rebondir sur un autre sujet. Mais il évita cette gymnastique quand la voix de Pearl s'éleva.

    "Que faites-vous ici?"
    William se forçait toujours à ne pas la regarder, l'éviter, il ne voulait pas subir son regard ... s'il l'avait blessé.. et s'il le lisait dans son regard il ne le supporterait pas. Mais paradoxalement, s'il l'avait blessé et que maintenant elle était indifférente à lui, ou même en colère et remontée... il souffrirait autant de lire du mépris ou de la neutralité dans son regard. Non c'était une épreuve trop éprouvante, qu'il souhaitait repousser au mieux. Alors il fixait l'oncle, peut-être pourraient-ils faire comme si Pearl n'avait pas parlé.. et continuer leur conversation peu engagé et donc peu éprouvante? Mais non, l'Oncle avait bien sur du tact, et il prétexta devoir saluer je ne sais qui.
    En tête à tête.
    William regardait l'oncle s'éloignait, avec une moue défaite et paniquée. Pitié qu'il revienne, se disait-il. Mais il fallait se résoudre... il fallait qu'il se rende à l'évidence, personne ne viendrait le sauver. Il déglutit avec difficulté et doucement, comme si c'était une épreuve atroce, il leva les yeux vers Elle, pour enfin la regarder. Il préférait ne pas trop penser, ne pas trop analyser. Ces sentiments qu'il lisait dans ses yeux... il ne voulait pas les comprendre. Haine? Tristesse? Mépris? ... c'était plus facile de ne pas le savoir. Et pourtant... ses yeux étaient si limpides, il avait l'impression de la comprendre si facilement. Sans même le vouloir, il arrivait assez facilement à comprendre ses ressentiments.
    Elle était parfaite. Il ne l'avait pas rêvé, ni idéalisé. Non, il n'avait rien exagéré et son amour grandissant était justifié... et c'était le pire. Il avait tout fait raté alors qu'il avait trouvé la Perle rare. (toujours le même jeu de mot >< xD)
    Il aurait voulu lui dire combien il était désolé, combien il regrettait, combien il la respectait... combien son idiotie était totalement contraire à tous les sentiments qu'il lui portait... mais à la place, il répondit de façon la plus banale possible.

    - Tout comme vous, je suis venu célébrer cet heureux évènement ... *plus bas, plus pour lui-même* il y a certains évènements qu'on ne peut, malheureusement, pas manqué...

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MessageSujet: Re: I tried to be perfect ... & Pearl ♥ Mar 26 Avr - 0:33


Les mots lui avaient échappé, elle n'avait pu se retenir, de même qu'elle ne contrôlait plus ce regard qu'elle portait sur lui, qu'elle ne pouvait se retenir de le dévisager. Elle était comme sortie de son corps, étrangère à la scène qu'elle vivait, spectatrice d'une nouvelle rencontre qu'elle mettrait des mois à oublier, elle l'aurait parié. Il était là, tout près d'elle, beau, élégant, aimable, parfait. Mais elle, qu'était-elle ? Figée, stupéfaite, impolie, trahie... Elle aurait voulu finir de rejoindre la diligence, quitter la foule, le laisser là seul. Elle désirait plus que tout au monde lui faire du mal, au moins autant qu'il lui en avait fait. Elle lui aurait dit les pires paroles qu'elle était capable de prononcer ! Elle serait l'héroïne de sa vie, aussi fière et courageuse que l'étaient celles des livres qu'elle appréciait tant ! Oui elle l'aurait fait... Si elle n'avait été paralysé de la sorte, si elle n'avait pas craint de voir la même douleur dans ses yeux que celle qu'elle même lisait dans ceux de son reflet, si elle ne l'aimait pas toujours aussi fort qu'au premier jour.

Mais ils n'avaient rien vécu ! Cet attachement était ridicule alors pourquoi s'en défaire était-il si difficile ! Ils s'étaient vu une fois, puis une deuxième, puis plus rien durant des mois entiers ! Elle s'était totalement inventée cette trahison, car ce n'était pas la tromper que de faire ce qu'il avait fait tant leurs rapports furent brefs ! Elle pourrait tenter de le blesser aussi fort qu'elle le voulait, elle ne lirait dans ses yeux que moqueries ou compassion ! Non elle ne pouvait y croire... Ce qu'ils avaient vécu fut bref, mais bien réel. Elle ne pouvait se résoudre à n'y voir là que le fruit de son imagination. Il lui avait clairement avoué son attachement ! Elle avait vu son comportement, ses regards, ses mots, tout cela elle ne l'avait pas rêvé ! Se pouvait-il qu'elle ait réellement lu tant de livres qu'alors elle n'ait vu dans de la simple galanterie maintes preuves d'un réel amour ? Non, car il y avait aussi eu ses baisers...

Elle était perdue, et toutes les pensées qu'elle commençait enfin à refouler après des semaines de travail de distraction ou autre resurgirent plus fortes que jamais. Il était là parfait, mais surtout, il était à une autre. Elle avait beau haïr Miss Cleverley, elle ne lui volerait pas son amour comme on lui avait volé le sien... Elle savait qu'elle douleur en découlait, et ne la souhaitait à personne... Pas même sa pire ennemie. La réponse qu'il lui fit fut d'ailleurs un nouveau coup à l'estomac autant que dans la poitrine. Un tel déballage de banalités alors qu'ils étaient à présent seuls était la plus claire des preuves. Il l'avait oublié, il en aimait une autre. Pourtant elle perçut d'autres paroles, prononcées plus bas. Elle n'y comprenait plus rien... Et alors, petit à petit elle se rendit compte qu'elle ne sentait rien, d'une certaine façon. C'était comme si son corps entier avait été anesthésié. Elle ne pouvait bouger, ses doigts étaient engourdis -bien que ceci s'explique certainement par ses mains qu'elle serrait de plus en plus fort dans son dos-, et sa tête lui tournait légèrement.

- Oui c'était un beau mariage. Ils forment un couple magnifique. Les invités m'ont tous l'air ravi.

Mais malgré tout il fallait conserver les apparences. Elle avait certes mal commencé mais il était toujours temps de se rattraper... Trois étapes à suivre donc : ne pas croiser son regard pour ne pas être tentée de fuir, respirer le moins possible pour ralentir les battements de son coeur (peut-être les vertiges lui venaient-ils de là ?) et enfin, se contenter de phrases courtes et pré-fabriquées pour ne pas laisser sa langue s'emballer et sortir tout ce qu'elle avait sur le coeur. C'était à première vue réussi, puisqu'elle avait ressorti mot pour mot tout ce qu'elle avait entendu jusqu'à présent... Seulement voilà, son murmure lui revint à l'esprit et elle-même ne put s'empêcher d'ajouter une petite remarque, à voix basse, pour elle-même, et sans la moindre rancœur bien évidemment...

- Bien qu'il y ait certains évènements auxquels on ne désirerait jamais avoir à assister...

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MessageSujet: Re: I tried to be perfect ... & Pearl ♥ Sam 30 Avr - 4:01

    Et voilà … c’était peine perdue. Il avait réussi à détourner son regard de son tendre et beau visage, à peine quelques minutes. Il avait cru réussir quand l’oncle était là, il s’était dit que … peut-être il arriverait à être fort et ne pas se perdre dans sa contemplation. Mais au bon sang, ce qu’il était faible. Certes ce n’était pas nouveau : d’ailleurs le baiser avec Miss Cleverley le démontrait bien : il était faible : ses sentiments, son cœur pesaient parfois bien trop lourd par rapport à son contrôle sur ses sentiments. Comme si face à trop de sentiments, sa raison flanchait, tel un modeste roseau. Fleur bleu, cœur d’artichaut … incorrigible amoureux ? Oui et non. Cœur d’artichaut : non, au final, il ne s’accrochait pas à n’importe qui. Il y avait eu Lucy… ça avait mal fini. Et longtemps après, il y avait eu Pearl… et la fin ne présageait rien de bon. Autodestructeur. Peut-être c’était seulement lui le problème … incapable d’être heureux : se détruit et détruit les autres ? Il ne savait plus. Quoiqu’il en soit, plus il la regardait, plus il souffrait. Comment avait-il pu blesser, froisser un être comme elle. Elle avait l’air si frêle … mais si parfaite.
    Frêle. D’ailleurs la teinte rose des joues perdait sa couleur à vue d’œil. Pearl était pâle, alors William commença à s’inquiéter. >< Que lui arrivait-il ? Etait-elle malade ? Non … un instant il pensa à la petite vérole… non jamais il pourrait accepter que la maladie l’emporta. William continua pendant quelques instants à se perdre dans des pensées les plus folles les unes que les autres… puis il revint à la réalité. Pourquoi chercher compliqué ? C’était lui qui lui faisait perdre ses couleurs. La seule vue du Lord Lefroy la rendait presque malade… Non de non, plus ça allait et moins la rédemption avait l’air envisageable.

    - Milady, vous êtes si pâle… êtes-vous souffrante ?

    C’était plus fort que lui, il était obligé de s’inquiéter encore et encore pour elle. Sa main glissa le long de la joue de Pearl, comme s’il voulait par ce geste, lui redonner un peu de couleur, mais ce geste fut court, bref… à peine sa joue frôlée, il comprit qu’il n’avait aucun droit de la toucher… en tout cas, s’il avait eu ce droit, à présent il l’avait bel et bien perdu. Alors quand il comprit que ce comportement était déplacé, sa main vint machinalement se replacer le long de son corps, comme si rien n’était arrivé. Mais cependant, il mordillait sa lèvre inférieure et si on faisait attention, on remarquait des légères rougeurs sur ses joues.

    - Veuillez m’excuser… c’était déplacé. Je n’aurais pas du…

    S’excusait-il seulement pour le frôlement de doigts avec sa joue ? Ou aussi pour l’autre chose plus grave ? Pour le baiser ? Quoiqu’il en soit la réplique de Pearl, lui glaça le sang.
    « Bien qu'il y ait certains évènements auxquels on ne désirerait jamais avoir à assister... »
    Pendant de longues et longues secondes cette phrase martela ses cotes, sa tête et son cœur… comme c’était douloureux, et pourtant il l’avait vu venir… du moins il avait essayé de s’y préparer… mais l’entendre de sa bouche c’était insupportable. Un vrai guet-apens, une impasse. Il voulait s’en sortir, il voulait se racheter… mais cela semblait si utopiste !
    Il baissa la tête, honteux, ne sachant quoi faire … hésitant être fuir ou … fuir. Mais il ne pouvait pas abandonner maintenant, s’il abandonnait maintenant, s’en était fini. Plus il attendrait, plus cela deviendrait compliqué et cruel.

    - Pardon…

    Sans réfléchir –pour changer ><- ce mot s’échappa de ses lèvres… ce mot si flou, si brouillon… voulant rien dire mais voulant tout dire. Ce mot sorti d’un contexte qui n’a ni queue ni tête… et pourtant c’était la seule chose qui comptait : lui demander pardon. Pas dans le but qu’elle le lui accorde, mais au moins pour qu’elle comprenne un minimum que cette situation n’était pas normale, et que cette situation ne devait pas rester ainsi.



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MessageSujet: Re: I tried to be perfect ... & Pearl ♥ Sam 7 Mai - 23:03

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Les images défilaient dans son esprit, chaque souvenir comme un nouveau coup de poignard en plein coeur. La tête lui tournait, sa vue se brouillait, pourquoi tout devait-il être si difficile ? Qu'avait-elle bien pu faire pour mériter une peine d'une telle ampleur ? N'avait-elle donc pas assez donné de sa personne pour satisfaire tout le monde ? Il fallait croire que les livres mentaient : les gentils ne s'en sortent pas toujours bien. Alors elle aurait préféré être méchante, cruelle et sans coeur. Elle aurait avancé dans la vie sans jamais un regard en arrière, elle aurait piétiné ceux qui lui auraient barrée la route et surtout, plus que tout autre chose, elle ne serait jamais au grand jamais tombée amoureuse. Pour la première fois de sa vie, il lui semblait comprendre la haine que sa sœur lui vouait. Quand vous seriez prête à offrir votre coeur et le reste de votre vie à une seule personne, comment ne pas haïr la terre entière de se voir tous ses rêves arrachés en une seule seconde ? Lizzie avait appris la mort de son amant, Pearl l'aurait peut-être préféré... Et pourtant non ! Oh oui elle haïssait le monde entier en cet instant, lui plus que tout autre de l'avoir à ce point trahie, mais finalement la personne qu'elle détestait le plus, c'était elle. Elle car elle avait un coeur, un foutu coeur en mille morceaux dont elle n'arrivait à faire abstraction malgré toute cette rage qui lui bouffait les entrailles. Un foutu coeur qui malgré tout le mal qu'il lui avait fait, refusait de le haïr plus d'une seconde lorsqu'elle se remémorait le contact de ses lèvres sur les siennes, lorsqu'elle se plongeait dans l'intensité de ce regard qui exprimait le regret plus jamais.

Mais elle le détestait ! Elle en était certaine ! Comment aurait-il pu en être autrement après ce qu'il lui avait fait ? Mais si elle n'avait que du ressentiment contre lui, pourquoi diable son coeur se mit-il à battre la chamade lorsqu'elle l'entendit s'inquiéter pour elle ? Lorsqu'il tendit la main vers elle ? Sa bouche s'entrouvrit d'une douce surprise lorsqu'elle sentit ses doigts glisser sur sa joue. Cette tendresse à laquelle elle n'avait depuis longtemps plus goûtée lui apparut comme la raison précise au fait qu'elle ne parvenait, envers et contre tout, à lui en vouloir : il était le seul dont elle désirait sentir la main lui caresser la joue... Aussi la déception n'en fut-elle que plus grande lorsqu'il laissa retomber sa main. Elle voulut le réprimander, lui dire que c'était déplacé ou même qu'il avait perdu ce droit lorsqu'il en avait embrassé une autre ! Lui faire un scandale sur ces marches, devant l'abbaye sans se soucier le moins du monde des personnes les entourant et de ce qu'il adviendrait de sa réputation ! Mais elle en était aussi incapable que de cesser de l'aimer, aussi resta-t-elle simplement figée, les yeux agrandis et la bouche ouverte par la surprise, en oubliant plus encore de respirer.

L'entendre reprendre la parole le lui rappela, et lentement elle revint à la vie. Elle referma enfin la bouche et commença à réaliser qu'elle ne l'avait quitté des yeux depuis qu'elle l'avait vu. Comment aurait-il pu en être autrement alors qu'il représentait absolument tout ce qu'elle désirait ? Il était simplement là, à quelques centimètres d'elle, la perfection incarnée (*.*). Pourtant, le fait de réaliser qu'elle l'avait tant fixé commença à la gêner et enfin elle détourna le regard, juste le temps de voir qu'il rougissait légèrement et de la faire rougir en retour. Mais il n'en demeurait pas moins qu'elle était toujours décidée à devenir la grande méchante sans pitié de cette histoire, aussi se retint-elle de lui faire réponse. Elle évitait enfin son regard, c'était déjà bien suffisant. Et puis il l'avait tant fait souffrir, elle pouvait bien le laisser douter un peu sur ce qu'elle pensait réellement de son geste !

Seulement il avait fallu que cette remarque lui échappe, et pire encore, qu'il l'entende. Être une méchante s'avéra être plus compliqué que jamais lorsqu'elle réalisa une chose : elle était dotée d'une conscience. Une conscience qui bien sûr entraîna aussitôt la culpabilité. Et s'il... Oui, bien sûr, donc... En l'entendant garder le silence, elle releva le regard vers lui. Juste à temps pour voir à quel point la peine déchirait ses traits. Comme il s'en voulait ! D'avoir embrassé Miss Cleverley, de l'avoir trahie, de lui avoir fait de la peine, elle n'en avait pas la moindre idée, mais que sa souffrance soit si visible lui déchira le coeur. Et cela pour une simple remarque ! Son pardon fut la seule chose qu'elle attendait, ce qui la ramena sur terre et lui remit les idées en place. Elle devait partir d'ici.

- Il me semble être souffrante en effet. Je ferai mieux de rentrer... Mon oncle est occupé, peut-être accepterez-vous donc de me raccompagner ? Je vous en prie...

Mais elle ne partirait pas sans lui. Et s'il était doté d'une conscience lui aussi ? Oui, bien sûr, donc sa culpabilité devait être à la hauteur de son acte. Si elle s'en était tant voulu pour l'avoir blessé avec une remarque, que devait-il en être de lui ? Sa peine lui brisait le coeur plus encore que celle qu'elle même ressentait car l'attachement qu'elle éprouvait à son encontre allait forcément de paire avec l'inquiétude de son bonheur. Elle piétinerait un peu plus son coeur s'il le fallait, mais elle lui offrirait au moins une discussion en privée qui le libèrerait de ce remord qu'il semblait de toute évidence éprouver.

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MessageSujet: Re: I tried to be perfect ... & Pearl ♥ Dim 8 Mai - 1:43

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SNOW PATROL - CHASING CARS
" Would you lie with me and just forget the world? "

    William n’avait pas remarqué l’effet que le contact de sa main sur sa joue avait produit sur Pearl, non il n’avait rien vu, rien compris. Il faut dire, que de toute façon, il n’était pas vraiment doué pour ça. Il avait déjà parfois –souvent- du mal à ne rien faire de travers… il était déjà en lutte avec sa propre personne pour ne pas aggraver sa situation, alors cela lui laissait guère le temps de psychanalyser ses interlocuteurs. Et puis, comme il faisait tout de travers ces derniers temps, s’il commençait à vouloir décrypter les faits et gestes de Lady Pearl, il penserait au pire, il en serait d’autant plus déprimer. Alors il faisait de son mieux, en essayant de ne pas faire un autre mauvais pas.
    Dans le meilleur des cas, Pearl acceptera de le pardonner, ou du moins, lui laisser un semblant de deuxième chance ; et à ce moment il n’aurait plus le droit à un autre faux pas.
    Tout ça pour dire, que William était loin de se douter que Pearl était si réceptive à son geste déplacé, et si positivement réceptive … il s’imaginait déjà le pire dans sa tête : voilà il venait de commettre LE faux pas de trop… celui qui sera déterminant, celui qui signera son arrêt de mort, celui qui…
    Exagérait-il ? Un peu … mais seulement un peu, intérieurement il prenait toutes ses inquiétudes très à cœur, trop à cœur. Son inquiétude risquait de creuser ses traits de visage, et s’il continuait à être si inquiet, il finira par prendre 10 ans en plus. Non … oh non, ce n’était pas une chose qui devait arriver, William était déjà dans une mauvaise passe, alors si son physique d’Adonis n’était plus … alors il serait totalement et définitivement perdu.

    « Il me semble être souffrante en effet. Je ferai mieux de rentrer... Mon oncle est occupé, peut-être accepterez-vous donc de me raccompagner ? Je vous en prie... »
    Toutes ses pensées, ses inquiétudes, ses exagérations l’éloignaient encore une fois de la réalité… ce jeune Lord avait une imagination bien trop débordante ! Son esprit vagabondait, de façon peu justifiée, trop souvent et il partait à chaque fois beaucoup trop loin.
    Mais cette phrase… cette incroyable et surprenante réponse, fut comme un signal d’alarme, et sans attendre, toute l’attention de William était aux aguets, un retour très rapide à la réalité. Il n’y croyait pas ses yeux… du moins ses oreilles. La tête toujours baissée depuis son « pardon », il fit un mouvement de la tête, il tendait l’oreille. Il avait peur que ça soit encore son imagination qui lui fasse un vilain tour.
    Avait-il rêvé cette phrase ? Car oui, dans ses rêves les plus fous, où il arrive à parler à Pearl, où tout s’arrange… cette phrase aurait totalement sa place. Mais à présent on était dans la réalité, alors ces quelques mots avaient encore plus d’impact que dans ses rêves. Il leva la tête d’un mouvement brusque, et il regardait partout autour de lui. Que cherchait-il ? Il essayait de trouver un élément… un indice qui puisse lui confirmer que cette scène se passait vraiment, qu’il ne l’avait pas inventé… mais comment en être certain ? Des fois les rêves étaient si troublants, paraissaient si réels… qu’il était en pleins doutes.
    Pourquoi diable Pearl lui demanderait de l’accompagner ? Pourquoi lui demanderait-elle d’être présent à ces côtés, alors qu’elle devait le maudire ?
    Il choisit la technique du : discrètement je mets mes mains derrière mon dos et je me pince le bras : aïe … et aussi la technique du : et si je mordais la joue ? Double aïe.

    C’était donc bien vrai… il n’avait pas rêvé cette réponse. Mais alors… ? Depuis combien de temps essayait-il de se convaincre ? Plusieurs secondes ? Minutes ? Pourvu que Pearl ne se méprenne pas de ce silence ! Réponds William ! Vite ! Quelque chose ! La bouche fine et divinement attirante ** de William s’entrouvrit… mais au lieu de bouger pour formuler des mots, elle resta statique. Son regard était bien trop occupé à détailler chaque détail parfait du visage de Pearl, pour que sa bouche puisse se rendre utile. Il fronçait désormais les sourcils, dans une expression d’incompréhension la plus totale. Il essayait de lire dans les yeux de Pearl, pour en savoir un peu plus… mais il était bien trop bouleversé –émotionnellement parlant- pour décrypter quelque chose dans ses yeux.
    Alors d’un ton timide, avec une voix douce mais quelque peu rauque ** il répondit enfin, en bafouillant légèrement… buttant sur la plupart des mots.

    - Etes vous sure Milady ? … Etes-vous sure de vouloir de ma compagnie ? Je … comprendrais que vous … enfin … vous savez… je ne suis pas la personne qui la mérite. *regard de chien battu*


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MessageSujet: Re: I tried to be perfect ... & Pearl ♥ Dim 8 Mai - 6:25


Pearl avait détourné le regard, et se trouvait à présent totalement incapable de l'observer à nouveau. Maintenant que le choc était passé, que la douleur avait laissé place à ce qui pourrait s'approcher le plus du pardon voir de la compréhension, elle se sentait totalement idiote de ce qu'avait été sa réaction première. Elle s'était montrée bien trop directe et impolie et le regrettait à présent. Non, elle ne serait jamais la méchante de l'histoire, ou ne pourra jamais rien faire volontairement pour le devenir en tout cas, son coeur était... Et bien elle avait un trop gros coeur tout simplement ! Et c'est bien pour cela qu'elle désirait accorder cette discussion à William... Elle s'était faite mettre hors jeu, et en avait souffert plus que jamais, mais il était temps de tourner la page. Il était temps de le pardonner, et de la pardonner aussi car après tout, elle avait détester Georgiana ! Plus encore que sa sœur lorsqu'elle l'avait laissé s'endormir dans une chambre vandalisée et pleine de souris, et ce n'était pas peu dire ! Elle avait une phobie terrible de ces fichus rougeurs et Lizzie faisait parti des rares personnes au courant... Quoi qu'il en soit aujourd'hui elle allait tirer un trait sur tout ça. Elle allait dire à William qu'elle comprenait son geste et que toute cette histoire était oubliée. Elle poursuivrait son deuil en silence et cesserait de l'étaler au grand jour. Oui elle allait lui dire qu'elle le laisserait vivre son idylle avec Georgiana sans plus l'importuner et l'oublierait si c'est ce qu'il désirait, qu'il pourrait cesser de se tourmenter pour elle car elle acceptait ses excuses...

Aujourd'hui elle renoncerait à son unique amour. Elle cesserait d'être égoïste pour qu'il puisse atteindre ce bonheur qu'elle savait à présent perdu à jamais pour elle. Au fond, c'était peut-être cela qui l'avait tant désespéré ces derniers jours ! Inconsciemment, elle savait que cette histoire finirait ainsi, et s'y préparer avait été l'équivalent d'un long et douloureux deuil, mais aujourd'hui elle se retrouvait devant le fait accompli et ne pouvait plus faire demi-tour. De toute façon elle lui avait déjà proposé de la raccompagner. Elle n'aurait qu'à faire abstraction du picotement de ses yeux et de cette énorme boule dans la gorge...

Mais voilà que les choses n'étaient apparemment pas si simple. Il demeurait silencieux, n'acceptait pas. Se pouvait-il qu'il craigne qu'elle lui reproche son comportement ? Oui bien sûr... Et puis il était à présent tenu par l'honneur de ne point trahir Miss Cleverley ! Nul séparation de plusieurs mois le justifierait cette fois-ci, aussi redoutait-il certainement la manière dont pourrait être perçue leur petite entrevue ! Lorsque Pearl en prit conscience, et redressa aussitôt son visage vers lui, prête à s'excuser de cette demande inopportune. Il fronçait même les sourcils, qu'elle était idiote ! Elle n'aurait qu'à lui écrire une lettre ! Oui voilà, un courrier serait parfait. Ce serait clair, il n'aurait à la revoir, ni elle à lutter contre les larmes... Et si jamais un jour elle baissait les bras et désirait revenir à lui, il aurait toujours une preuve écrite contre elle ! Il n'aurait qu'à la menacer de la rendre publique, de réduire à néant sa réputation, et elle abandonnerait ses projets et les laisserait à leur bonheur conjugal. Ce serait comme lui fournir la seule arme capable de la détruire, donc dur, mais nécessaire.

Seulement voilà, sa réponse fut comme une raison d'abandonner tous ses projets. Encore un coup de poignard en plein coeur, encore un ! Elle qui croyait son pauvre organe déjà mort, il semblait que finalement il s'accrochait encore à la vie comme s'il n'en avait assez de souffrir ! A quand le trou béant dans la poitrine ! Ce manque vaudrait mieux que la terrible douleur d'entendre tant de douceurs dans ses mots alors qu'elle savait à présent qu'il ne serait jamais sien... Et ce regard ! Oh ce regard ! Sa gorge se serra plus encore. C'était comme s'il testait sa capacité à retenir les larmes. Mais il ne refusait pas, alors elle allait devoir se montrer forte, ne pas craquer. Ne pas craquer... Mais au fond, au-delà de tous les mots aimables qu'il pourrait lui dire, de tous les regards à tomber qu'il lui lançait, de toutes les caresses dont elle rêvait qu'il lui faisait pour la dernière fois, ce qui lui coûtait le plus était, elle le savait, ce qu'elle s'apprêtait à lui dire une fois qu'ils seraient seuls.

- Votre compagnie a toujours été des meilleures, n'en doutez point. Mais je vous en prie, je me sens prête à défaillir, pouvons-nous rentrer à présent ? Cette foule m'oppresse...

Et finalement, sa gorge nouée permit même de donner cet air brisé à sa voix qui lui manquait pour rendre sa demande plausible... Et puis, elle ne mentait pas pour ce qui était de la foule. Tant de monde autour d'elle, tous ces couples, cette ambiance festive due au mariage... Elle ne pouvait en supporter plus, elle devait partir ou elle deviendrait folle ! Aussi attendit-elle patiemment qu'il se mette en route pour pouvoir le suivre... Craignant simplement qu'il lui offre son bras. Chaque contact avec lui était une raison supplémentaire de ne pas lui dire adieu... Lift me up, let me go...

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MessageSujet: Re: I tried to be perfect ... & Pearl ♥ Dim 15 Mai - 22:52


<3333


    « Votre compagnie a toujours été des meilleures, n'en doutez point. Mais je vous en prie, je me sens prête à défaillir, pouvons-nous rentrer à présent ? Cette foule m'oppresse... »
    William sans le vouloir, afficha un sourire niais, amoureusement niais lorsqu’elle lui annonça que sa compagnie a toujours été l’une des meilleures. Cette phrase, qui pouvait être seulement de la politesse, ou même juste seulement anodine, lui procurait une joie suspecte. S’il n’était pas encore sur des sentiments qui l’animait en présence de Pearl, ce sont ce genre de gestes, de réactions qui pouvaient l’en convaincre. Mais alors qu’il écoutait son cœur s’affoler à ce compliment, la suite l’arrêta dans ses rêveries et la santé de sa tendre et chère recommença à être au cœur de son attention. Il ne laisserait jamais Sa Pearl défaillir.
    Il lui tendit son bras et commença à descendre les dernières marches du parvis de l’église. Il hésita un instant : raccompagner Pearl en marchant … ce qui signifiait passer plus de temps avec elle, ce qui était très alléchant comme option. Ou héler une voiture, pour être raisonnable et préserver la santé de Pearl. A regret, il résista à son envie égoïste d’avoir Pearl seulement pour lui, et fit signe à l’un de ses laquais pour qu’ils s’approchent. L’église était excentré du lieu de résidences des Tildders, le trajet durerait une petite demi-heure, avec un peu de chance il pourrait même durer un peu plus longtemps.

    Une fois la voiture approchée, il prit la main de Pearl pour l’aider à grimper dans l’habitacle, puis une fois qu’elle fut installée, il y monta, hésita un bref instant entre s’assoir à côté d’elle, pour être plus proche, ou en face d’elle pour pouvoir observer sans gêne et sans honte son visage si beau.
    Il opta pour la banquette en face d’elle, à peine fut-il assit que la voiture démarra, laissant les deux jeunes gens livrés à eux-mêmes, dans un silence gênant. Oui William était gêné, il se savait pas quoi dire, ces temps-ci, il avait préféré s’abstenir de parler trop, et d’agir trop… de faire trop dans le social (xD), car même s’il partait avec les meilleures intentions, ça se finissait toujours en catastrophe. Être si maladroit était une nouveauté, alors en cet instant, cet instant rêvé avec la femme qu’il aimait, il était terrorisé à l’idée de faire encore quelque chose de travers. Et comme, la vie est ironique : c’est surtout dans les moments où on s’efforce de bien faire, que pire arrive. Le jeune Lord n’était vraiment pas rassuré. S’il avait su les pensées de Pearl, il se serait empressé de la rassurer, de la reconquérir, de s’excuser maintes et maintes fois. Mais il n’en savait rien, ainsi resta-t-il silencieux, la tête baissé, l’air penaud d’un enfant pris entrain de commettre une bêtise. <3


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MessageSujet: Re: I tried to be perfect ... & Pearl ♥ Mar 17 Mai - 1:47


C'était un cauchemar. Tout ce qu'elle vivait était un véritable cauchemar, à commencer par l'horreur qu'elle avait de constater à quel point toutes ses craintes se confirmaient. Bien sûr qu'elle allait lui dire qu'elle le pardonnait, qu'elle ne le dérangerait plus jamais, qu'elle l'oublierait comme il avait su l'oublier... Mais cela n'empêchait pas qu'au fond elle gardait espoir ! Il n'y a rien de plus humain que l'espoir, et aujourd'hui son inconscient la rendait plus humaine que jamais. Ce serait comme offrir une seconde mort à son inconscient alors. Quel affreux sentiment qu'était cet amour dont elle ne parvenait à se défaire alors qu'il lui montrait dans chacun de ses gestes qu'il y était arrivé si facilement ! Ô infâme torture qu'elle subissait là ! Tout cela ne finirait donc jamais ?

Certes il lui tendit son bras après qu'elle eut fait un signe entendu à son oncle et bien qu'elle sache alors que chaque contact avec lui serait un obstacle supplémentaire à ce qu'elle apprêtait à lui dire, qu'il lui fut difficile de le lâcher si vite ! D'autant qu'il ne semblait pas vouloir prendre son temps car il choisit de faire venir une diligence plutôt que de la raccompagner à pieds... Peut-être ferait-elle donc mieux de ne rien dire du tout ? Après tout, elle se ridiculiserait certainement plus qu'autre chose puisque seule sa présence semblait l'incommoder. Oui, elle garderait donc le silence et se contenterait de banales politesses pour lui faire comprendre sans qu'elle ne se mette dans l'embarras que tout était normal entre eux. Aussi peinée soit-elle à cette pensée et au fait qu'il choisisse la place face à elle plutôt que celle à ses côtés d'ailleurs...

Mais voyons Pearl il ne peut pas s'asseoir à côté de toi ce serait indécent ! Qu'en penserait Miss Cleverley si toute cette histoire arrivait à ses oreilles hum ? Il se doit de rester distant, forcément... Mais oh que s'y résoudre était dur ! Elle le détailla un instant, juste le temps de voir qu'il semblait plus mal à l'aise que jamais, à ne pas oser lui parler ni même la regarder... Et puis son expression coupable parlait d'elle-même...

- Euh Lord Lefroy ?...

Non non non elle ne pouvait ne pas lui parler ! Même si elle buttait sur les mots plus que jamais, elle le devait ! De un, il était déjà assez difficile de se dire qu'elle ne le reverrait peut-être jamais pour ne pas en plus profiter des derniers instants qu'il lui restait. De deux, elle ne pouvait le laisser penser qu'il commettait une faute vis à vis de Miss Cleverley plus longtemps ! Après tout, il se contentait de raccompagner une amie malade ! Alors même si elle éprouvait envers lui des sentiments à présent interdits, s'ils n'étaient réciproque, nulle raison qu'il s'en veuille plus longtemps. Oui, il fallait qu'elle lui dise quelque chose qui lui permettrait de n'être embarrassé plus longtemps ! En plus, cette atmosphère l'oppressait et si cette tension ne redescendait pas, elle n'aurait bientôt plus à faire semblant de se trouver mal. Surtout s'ils devaient passer encore une trentaine de minutes ensemble...

- Vous n'avez pas à vous sentir coupable... Tout... Tout est oublié vous savez... Nous n'aurons qu'à faire comme si rien n'était jamais arrivé si vous le voulez bien... D'accord ?

Voilà qui était parfait. Ainsi, il penserait qu'elle aussi préférait oublier les sentiments qui un jour les avaient liés et donc qu'il n'avait à se sentir coupable envers Georgiana plus longtemps !... C'est la seule chose qu'il pourrait penser après ce qu'elle venait de lui dire n'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: I tried to be perfect ... & Pearl ♥ Mer 18 Mai - 0:43



    « Vous n'avez pas à vous sentir coupable... Tout... Tout est oublié vous savez... Nous n'aurons qu'à faire comme si rien n'était jamais arrivé si vous le voulez bien... D'accord ? »

    Au fur et à mesure que Pearl continuait sa phrase, la tête de William se redressait lentement, de plus en plus curieux de connaître la suite. C’était le moment M, ce moment où ils allaient enfin revenir sur le baiser, le moment où il pourrait lui fournir les plus plates et sincères excuses. Il ne pensait pas que cela allait suffire, mais s’il avait l’occasion de lui avouer combien il regrettait, combien cela n’avait de sens, combien il se sentait perdu en la sachant blessée, combien… il l’aimait. Car c’était bien ça l’important, il l’aimait et jamais il avait eu l’occasion de lui dire. Et pourtant, ce n’était pas juste une passade, non il le savait parfaitement. Les 7 mois, après la fuite à Meryton, où il ne savait si elle était saine et sauve avait été insupportables. Personne ne se doutait de son affection, ainsi il avait pu faire part de ses inquiétudes à personne… comme cela avait été destructeur, cette inquiétude qui grandissait tout autant que son amour. Loin des yeux, loin du cœur ? Et bien non, tous les matins, il s’était réveillé avec son visage en tête… s’il ne s’occupait pas, alors il avait tout le loisir de penser à elle, de se languir, de la chérir, de la pleurer silencieusement, discrètement.

    Mais à présent, tout cela était derrière eux. Ces jours funestes étaient presque de frêles souvenirs comparer à ce moment. Non seulement, William était avec elle, non seulement il pouvait la dévorer des yeux avec plus ou moins de discrétion, mais non seulement… elle le pardonnait ? Au tout début, il eut du mal à réagir, comme s’il n’en croyait pas ses oreilles, jamais il en avait attendu autant, son comportement avait été tellement déplacé, irrespectueux, intolérable… impardonnable, qu’il s’attendait à des longs et longs moments de lutte, de peine, de chagrin… dans le but de reconquérir son amour. Mais à présent… elle faisait vœux d’effacer cet évènement !
    Après la surprise, le visage de William se remplit d’un bonheur infini, il avait l’ultime conviction que tout allait s’arranger, que l’avenir serait beaucoup plus beau, plus serein, plus magnifique. Il se demanda à cet instant s’il était possible de mourir de bonheur, de soulagement… il était tellement ému. Oui. C’était sur maintenant, leur amour était plus fort que tout, il pourrait tout vaincre. Cette épreuve avait seulement servie à renforcer cet amour … -il espérait aussi que cette épreuve n’avait pas trop froissé miss Cleverley, qu’il affectionnait aussi, mais de façon amical… il faudrait qu’il prenne le courage d’aller lui présenter ses excuses d’ailleurs. Bref là n’était pas la question.

    Maintenant, ses sentiments étaient renforcés, affirmés… si leur rencontre au cimetière avait été si naturelle, si bouleversante, si charmante et si agréable, ce n’était pas du hasard. Si sans le comprendre, il n’avait pu contrôler cette envie de l’embrasser lors du bal, ce n’était pas non plus du au hasard. Ce n’était pas n’importe quelle Lady, c’était La Lady. Celle avec qui il se voyait finir sa vie, avoir des enfants, vieillir. Quand il repensait à l’épisode Lucy, il appréciait finalement son refus, Lucy n’avait été qu’un amour d’enfant. Cela n’avait été en rien comparable à ce qu’ils avaient maintenant, une passion dévorante, qui l’animait de façon démesurée dès qu’il voyait Lady Forbes. Ce feu en lui était presque croissant, plus il la voyait, plus il s’embrasait intérieurement, et plus il voulait la voir, la toucher, l’aimer.

    Pearl, son pardon avait pour lui une valeur inestimable. Quelle plus belle preuve de cet amour immense, que de lui pardonner ? Si elle ne l’aimait pas autant que lui il l’aimait, elle n’aurait pas donné ce pardon, elle aurait congédié William en insistant pour ne plus revoir cet homme ingrat. Les yeux de William s’humidifièrent, son cœur tambourinait contre son torse et cela devenait assourdissant.
    Mais une fois la surprise… la joie passée, c’est la crainte, l’indignation qui s’empara de son être.
    Et lui alors ? Qu’avait-il fait pour mériter son pardon ? Il n’avait jamais pu clairement exprimé son affection. Mais comment trouver des mots reflétant la sincérité, la grandeur de ses sentiments, quelles paroles pouvait-il dire…. ?
    Et si ? Un éclair fila dans les yeux de William, il savait à présent quoi dire. On pourrait croire que ce qui suit n’était pas réfléchi, mais au contraire, cela coulait de source ! Dieu qu’il avait été sot de ne pas lui dire avant, Dieu qu’il avait été stupide de risquer de la perdre en agissant sottement.
    William inspira une grande bouffée d’air, se redressa légèrement pour se tenir droit, et ses mains vinrent entourées délicatement les mains de Pearl.

    - Pearl, vos paroles sont d’un tel réconfort, même si je m’obstine toujours à penser que je ne mérite pas votre pardon, tout comme je ne mérite pas la compagnie d’une personne de votre bonté. *petite pause* Cependant, à présent laissez moi être totalement sincère avec vous ; et sachez … que corps et âme vous m’avez envoûté, que je vous aime du plus profond de mon coeur, et que je ne peux plus réprimer mes sentiments. Je ne peux à présent vouloir être séparé de vous. Ainsi vous feriez de moi le plus heureux des hommes si vous m’accordiez votre main.

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MessageSujet: Re: I tried to be perfect ... & Pearl ♥ Ven 20 Mai - 4:37

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Il la regardait, profondément, intensément. Un instant elle crut avoir dit quelque chose de mal, que finalement elle aurait réellement du garder le silence et puis... Et puis elle prêta plus attention à son expression... Ou alors ce fut que cela se vit de plus en plus. Il paraissait si... Il avait l'air... Oh comme il semblait submergé par l'émotion ! Elle en fut troublée un instant, confuse de l'avoir mis dans un tel état... Et puis sa gêne prit le dessus. Ses yeux brillaient comme jamais alors qu'il ne détachait son regard d'elle, il semblait plus heureux que jamais ! Et tout cela pourquoi ? Parce qu'implicitement elle venait de lui donner sa bénédiction pour sa relation avec Miss Cleverley, qu'enfin elle s'avouait vaincue et se retirer de la partie, de sa vie ? Elle aurait apprécié plus de retenue, qu'il soit plus attentif au courage que tout cela avait pu lui demander. Il ne lui avait pas laissé une seconde pour s'en remettre que déjà il étalait son bonheur au grand jour !

Ses yeux aussi s'humidifièrent, mais pas de joie, bien loin de là. Elle venait de renoncer au bonheur et se sentait à présent plus intruse que jamais. La réaction démesurée qu'il affichait alors -car pourquoi être si heureux du fait qu'elle lui avoue avoir tiré un trait définitif sur le passé, cela comptait-il donc à ce point ?- la faisait se sentir comme si depuis des mois elle les avait entravé et empêché d'afficher leur bonheur au grand jour. Peut-être s'étaient-ils retenus de s'afficher de peur qu'elle ne tente de détruire leur relation en avouant la courte liaison qu'elle avait eue avec le Lord ? Paraissait-elle cruelle à ce point ? Et puis il lui avait dit ne point prêter attention aux ragots alors quelle importance ? Elle ne le savait, mais voulait fuir, car alors tant de joie l'étouffait et ses larmes menaçait plus que jamais de couler.

Et enfin sa voix. Douce mélodie à laquelle elle venait de dire adieu. Compliments et remerciements au goût bien amer dont le répit fut de courte durée lorsqu'il fit une petite pause. Puis la torture reprit. Comment diable ce son envoûtant faisait-il pour la brûler si férocement de l'intérieur comme un feu ardent ? Mais... Mais... Si seulement ses blessures avaient pu s'arrêter à l'affreuse pensée de ne jamais plus l'entendre à nouveau une fois qu'il l'aurait raccompagné ! Se pouvait-il que ? Avait-elle réellement entendu... ?

Ce fut à son tour de redresser la tête. Ses lèvres entrouvertes et ses yeux remplis de larmes. Il... Venait-il vraiment de lui demander... Sa main ? Ses mots résonnaient dans son esprit alors qu'elle se voyait incapable de prononcer le moindre mot. Non, ils ne résonnaient pas seulement, ils tambourinaient, sans fin, au creux de ses oreilles, à ses tempes, dans son cœur, dans chaque parcelle de son corps. Sa boule dans sa gorge enflait alors que petit à petit, à se repasser en boucle ce qu'il venait de dire, elle réalisait l'ampleur de la situation. Comment était-ce possible ? Pourquoi cette réaction après ce qu'elle venait de dire ? Et... Et Georgiana ? Comment en était-il arrivé là ? L'avait-elle encouragé alors même qu'elle tentait de lui prouver qu'elle s'était défaite de lui ?

Tout se repassait en boucle encore et encore dans son esprit alors que son souffle s'accélérait. Son regard, ses expressions, ses réponses... Cet air si triste venait-il du fait qu'il la croyait fâchée ? De même pour ses réponses ? La diligence, d'une réelle crainte pour sa santé ? Mais elle, elle avait été claire ! Elle lui avait dit vouloir tout oublier ! Faire comme si rien ne s'était jamais passé ! Faire comme si rien ne s'était jamais passé... Alors la réalité lui éclata au visage et pour de bon elle explosa. Les larmes jaillirent sans qu'elle ne pense être prête à les arrêter avant une vingtaine d'années. Elle arracha ses mains de la douce chaleur du creux des siennes pour se couvrir le visage et se tourna sur le côté, à défaut de pouvoir faire mieux. Elle venait de renoncer à l'amour de sa vie alors même qu'il lui demandait de l'épouser.

Elle voulait fuir, maintenant, loin. Comment le regarder en face, lui répondre favorablement et feindre un bonheur incommensurable alors qu'inconsciemment elle lui avait dit adieu ? Feindre ! Cette nouvelle aurait dû lui offrir un bonheur incommensurable ! Ô comme elle souhaiterait pouvoir retourner dans le passé, loin dans le passé, à cette journée dans le champ fruitier. Elle aurait couru, vite, si vite ! Elle les aurait empêchés de s'embrasser, car s'il lui demandait sa main il n'y avait donc eu que cela n'est-ce pas ? Alors elle n'aurait su dire à quel point elle aurait bien accueilli cette nouvelle une fois venue. Son cœur aurait explosé de joie ! Pas explosé tout court ! Ou peut-être remonter plus loin encore, à la migration ? Le retrouver avant de fuir, hurler plus fort encore sur son oncle pour qu'il la laisse partir ! Pas simplement obéir sagement en le croyant lorsqu'il lui avait dit qu'il avait déjà quitté la ville. Ou peut-être au bal, ne pas simplement l'abandonner au bord de la piste de danse ! Rester à ses côtés et lui dire combien ô combien elle l'aimait ! Au cimetière ? Ne pas le rencontrer, ne plus souffrir...

Ses pleurs redoublèrent, la vie était injuste. Non ! Non c'est elle qui était injuste ! Il venait de lui demander sa main et que faisait-elle, elle pleurait sans retenue juste devant lui et ne lui accordait ni un regard ni un mot ! Sans compter que tant de larmes n'auraient pu être confondues avec des larmes de joie. Elle devait lui faire une réponse, se ressaisir, maintenant ! Mais quoi ? Que lui dire alors qu'elle se trouvait incapable d'accepter ? Il lui était impossible de dire oui alors qu'elle savait qu'elle ne saurait lui faire une réponse qui la réjouirait autant qu'elle l'aurait du. Il méritait une femme qui lui dirait oui avec tout son cœur et sans attendre ! Pas une pauvre loque qui pleurerait pendant de longues minutes avant de lui dire un oui étouffé pour ne pas le voir souffrir... Mais quel était le problème ? N'était-ce donc pas là tout ce qu'elle avait espéré ? N'était-ce pas précisément pour cela qu'il lui avait tant coûté de renoncer à lui, qu'elle s'était morfondue de longs mois à Bath, puis encore après l'avoir revu ? N'était-ce pas justement parce qu'elle n'espérait plus entendre ces mots-là un jour, de sa part ? Oui mais tout était différent aujourd'hui...

Tout était différent car même si l'abandonner revenait à abandonner une partie d'elle-même, elle ne savait si un jour elle serait capable de lui faire confiance à nouveau. Durant des mois elle l'avait cherché, l'avait pleuré, et quand enfin elle l'avait retrouvé, c'était accroché aux lèvres d'une autre ! L'avait-il seulement cherché en retour ? Elle pouvait lui pardonner, jamais elle ne pourrait oublier. quand bien même il ne lui aurait accordé qu'un seul baiser, elle ne l'avait pas même trahi en pensées ! Pour la première fois de sa vie, elle croyait se voir de l'extérieur. Elle voyait ce que l'emportement d'un trop plein de passion et de romantisme pouvait causer pour la simple raison que c'est elle qui en avait fait les frais.

Alors comment accepter d'épouser un homme qui lui avait brisé à ce point le cœur ? Elle ne pouvait pas, pour elle, pour lui ! Pour lui car comment l'aimer à sa juste valeur alors qu'elle n'aurait de lui que la vision de sa trahison ? Il trouverait une femme un jour, une qui lui ferait confiance et dont il ne serait séparé par de malheureuses circonstances, mais ce ne serait de toute évidence pas elle... Aujourd'hui, elle ne pourrait pas, même si refuser signifiait certainement que jamais telle chance ne se représenterait jamais. Mais elle pourrait s'y résoudre... Elle l'avait bien fait il y a moins d'une heure n'est-ce pas ? Alors elle finit par se calmer... Lentement ses pleurs cessèrent et après s'être essuyé le visage du mieux qu'elle le pouvait, elle lui refit face. Elle ne tenta pas de décrypter son expression, sa résolution aurait flanché... Elle ignora aussi ses yeux. Comment lui dire qu'elle ne pouvait, qu'elle ne voulait l'épouser en le regardant dans les yeux alors que chaque parcelle de son corps la poussait à dire oui malgré tout ? Elle se tourna vers lui et posa son regard sur ses mains, se concentrant dessus plus que jamais pour ne pas pleurer à nouveau. Elle rouvrirait les vannes bien assez vite...

- Je ne... Je ne ferai jamais de vous un homme heureux... Et je... Incapable de regarder ses mains plus longtemps elle posa son regard sur lui, sa voix se brisa plus encore. Et je veux votre bonheur vous comprenez ? Je veux que vous ayez une longue vie heureuse, mais jamais vous ne pourrez l'avoir avec moi ! Jamais ! Je ne peux pas... Je ne peux plus... C'est impossible ! C'est impossible... Vous... Vous souffrirez à mes côtés, si vous êtes lié à moi ! Il n'y a plus... Il n'y a plus de confiance... La jalousie me rendrait folle... Nous rendrait fou... Je ne peux accepter... Je ne peux...

Elle faisait ça pour son bien n'est-ce pas ? Pour leur bien commun ! Car alors pourquoi le chagrin la rongeait à ce point, plus que jamais ? Elle baissa de nouveau le regard et se remit à sangloter, se sentant finalement plus égoïste que jamais.

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MessageSujet: Re: I tried to be perfect ... & Pearl ♥ Mar 24 Mai - 21:23

PART 1.

    Un fait avéré, dans la vie quotidienne, est la notion du temps qui passe à une vitesse qui semble variée, alors qu’un final, une seconde s’écoule toujours aussi vite … ou aussi lentement, tout est dans le mental, psychologique. Un moment de pur bonheur, de joie et d’euphorie passe en général si rapidement que des minutes s’apparentent à des secondes et des heures à des minutes. A l’inverse, des moments de peine, de tristesse, d’ennui, s’étalent, s’allongent comme s’ils n’allaient jamais finir. Et à cet instant, c’était la deuxième option qui s’appliquait pour William, cette réaction que Pearl avait, cet affront qu’elle lui faisait, même si au final il ne se comptait qu’en minute, lui donnait l’impression qu’il avait fait sa demande il y a des heures, et que le temps entre cette demande et l’instant présent n’avait été qu’une longue torture.
    Il ne savait pas qu’est-ce qui était le plus douloureux, ou le plus blessant : cette façon d’arracher ses mains des siennes, comme si ces dernières étaient considérées comme la peste et donc il fallait les fuir, les éviter ? Est-ce ces sanglots qui éclataient sans retenus, des sanglots non pas de joie qui pourraient être émouvants et flatteurs, non des sanglots de chagrin, comme si William avait prononcé les mots le plus insultants, les plus terribles et injuriant du monde ? Est-ce la posture de Pearl, qui lui tournait à présent le dos, qui avait été l’ultime coup qui avait brisé une partie de lui ? Tout s'était passé vite, mais pourtant, il avait eu l’impression de vivre ces différentes tortures pendant des heures et des jours entiers.

    Il baissa les yeux, car la regarder ne serait-ce qu’une seconde le peinait trop, chaque vision qu’il avait d’elle, était comme un nouveau déchirement. Un mal intérieur le rongeait, l’étouffait… et ce silence pesant n’arrangeait rien. Cela lui laissait tout le loisir pour entendre ses battements tambouriner dans son buste, dans ses oreilles ; sa pauvre pompe, son malheureux cœur, semblait donner une intensité incroyable à chaque battement, comme s’il vivait son ultime combat. Pourquoi tant de gens aimaient, alors que cela était une chose si cruellement douloureuse?
    Ses mains, qui encore quelques secondes avant, tenaient tendrement les siennes, semblaient s’embraser sous le poids de ce vide inattendu. Des picotements qui partaient de l’extrémité de ses doigts et qui parcouraient tout son corps, le long de sa colonne vertébrale et qui venait comme des coups de poignards lui arracher son cœur. Un refus était déjà une épreuve qui semblait insurmontable, mais un refus si violent, si ingrat, si brute, était une épreuve destructrice. Elle qui lui avait redonné espoir, Elle lui confiait qu’elle souhaitait tout oublié, Elle qui l’avait sorti du néant, pour mieux l’y renvoyer, pourquoi cet agissement ? Avait-il été sot de croire qu’elle l’avait réellement pardonné ? Ou était-ce Elle qui avait été hypocrite de lui dire des mensonges ? Etait-ce prémédité, comme une vengeance ? N’avait-elle jamais partagé ces sentiments pour réagir de façon si désobligeante et si insultante ?
    William ne comprenait plus. La tête baissée, il sentit des larmes dévalées le long de ses joues, comme si chacune d’elle devait arriver au plus vite sur la toile de son pantalon. Son menton tremblant, sa gorge nouée, semblaient eux aussi se moquer de lui, comme s’ils essayaient de le noyer dans son propre chagrin.



    D’un geste las, il essuya ses joues bien trop humides, peut-être pour tâcher de garder le peu de dignité qu’il lui restait à présent. Mais alors que son état était déjà au plus bas, les mots de Pearl, furent le coup de grâce, le coup fatal. C’était si injuste, ces mots étaient si faux, si dénués de sens, qu’ils devenaient encore plus tranchants.
    Il écoutait sans broncher cette succession de phrase, de mots qui le brisaient encore plus. Et quand il fallut répondre, ce n’est plus la tristesse qui prédominait, c’était l’incompréhension, ce ressentiment d’injustice, cet écœurement qui menaient la barque. Froideur, dureté, haine, de façon disproportionnée ce sont ces sentiments qui guidèrent sa réponse, son ton de voix. Il se racla sa gorge, pour tenter de dénouer cette gorge qui semblait vouloir l’étouffer, et c’est avec une voix rauque, cassée, pleine de reproches et rébellion qu’il lui répondit.

    - BALIVERNES ! Ne me dites pas que vous voulez mon bonheur ! Arrêtez ces injures ! Que savez-vous du bonheur, de mon bonheur ? Vous me repoussez avec un manque de civilité certain, alors cessez vos faux-semblants. N’était-il pas plus simple, plus correct, de me faire partager votre incapacité à oublier l’incident passé ? De cette façon, j'aurais -certes pu comprendre, car j’étais fautif, totalement fautif-, mais au moins cela aurait mis fin à mes tourments ! A la place, vous avez affirmé vouloir oublier cet incident, ainsi vous m’avez redonné un espoir qui était perdu, et à présent vous dites vouloir mon bonheur ? Suis-je si repoussant pour qu’en plus vous vous riez de moi ? Mon erreur, mon comportement stupide, méritait-il une punition, mais méritait-il un refus si dur, que vous avez encouragé des sentiments non réciproques ? Je….



PART 2.


    William fut coupé par l’arrêt imprévu de la diligence. Alors qu’il s’était emporté dans sa réponse, que des larmes avaient recommencé à ruisseler le long de son visage, la porte de l’habitacle s’ouvrit. Il tourna la tête dans le sens inverse, de façon à cacher ce visage humide et ses yeux rougis. Il sécha rapidement ses joues pour pouvoir regarder l’homme qui avait interrompu ce moment critique. « Nous avons besoin de vous Lord, une des roues est embourbée. Lady Forbes, vous pouvez rester dans la voiture, cela ne devrait pas poser de problème. » Le laquais des Lefroys inclina la tête et disparu du cadre de la portière. William, sans dire un mot, accueillant cette pause, cet échappatoire comme une bouée de sauvetage, se précipita dehors, sans accorder un regard à Pearl. Il sauta d'un geste agile en dehors de la voiture pour aider les deux hommes à hisser la grande roue en dehors du trou rempli de boue. William ne fit pas attention au temps qui s’écoula, il vidait sa tête, il se concentrait spécifique sur cette tâche d’ordre physique, pour oublier ses états d’âmes et repousser un temps soit peu, ce feu ardent et destructeur qui le consommait petit à petit.
    Après quelques tentatives plus tard, les trois hommes réussirent enfin à libérer la roue. Alors que l’un des laquais s’apprêtait à ouvrir la porte pour que le Lord puisse remonter, William l’attrapa par l’épaule et lui murmura quelques mots. « Etes-vous sur ? » William lui glissa encore d’autres mots et le laquais hocha la tête pour montrer son accord. « Bien Monsieur. »

    Le laquais regagna l’avant de la voiture et les chevaux repartirent au trot, alors que William était resté sur le bas côté de la route. Il regardait la voiture s’éloigner, le cœur serré, mais avec un sentiment nouveau nourrissant son chagrin : de la haine. Serait-il cela ? De la haine à l’amour, ou de l’amour à la haine, était-il vrai que ces sentiments pourtant si contradictoires étaient en fait liés, comme un prolongement de l’autre. Certains tombent puis sont amoureux, à l’inverse William avait été amoureux –et l’était toujours, c’était bien là le soucis- puis était tombé. Voilà la triste fin de cette histoire ? William n’en savait rien, mais il était certain qu’à présent il serait réellement prudent, et entre ressentir peu de chose ou trop de chose, il choisissait la première option. Il était à présent au beau milieu de la route, de façon à jeter un dernier coup d’œil sur la voiture, puis il se retourna et commença et faire chemin inverse, les épaules affaissés, la tête baissée, le moins que l’on puisse dire c’était que ce n’était pas la grande forme.



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MessageSujet: Re: I tried to be perfect ... & Pearl ♥ Jeu 26 Mai - 1:31


L'incompréhension. La joie. La peur. L'égoïsme. La culpabilité. Le chagrin. Un terrible chagrin.

Que ne donnerait-elle pas pour effacer ses dernières paroles ? Autant qu'elle n'aurait à offrir pour un retour dans le passé certainement, c'est-à-dire tout. Ses mains tremblaient, sa gorge était serrée, et le pire dans tout ça, oui le pire... Ce n'était même pas tant d'avoir dit non au bonheur ! C'était de lire l'intensité du chagrin qu'elle lui avait causé à lui par ses propres larmes, par son refus. C'était réaliser comme elle avait été sotte de craindre la jalousie alors qu'il était si cher à son coeur. C'était de voir à quel point malgré tout ce qu'elle aurait à offrir, rien ni personne, aucun heureux jeu du sort ne viendrait à son secours pour lui permettre de tout rétablir au mieux.

C'était d'entendre du mépris dans sa voix. Elle s'était attendu à beaucoup de choses, tellement de choses, mais ça ! Son cri la fit sursauter. Elle se pinça les lèvres plus fort que jamais pour ne pas refondre en larmes et posa de nouveau son regard sur lui. L'incompréhension. Le chagrin, encore. La froideur de son ton... Elle avait cru terrible sa réaction à l'évocation de Miss Price... Si alors elle avait su à quel point cela n'était rien comparé à maintenant ! La froideur de son ton était aussi poignante que les coups de couteau qu'elle semblait recevoir à chacun de ses mots. Sa bouche s'ouvrit, elle voulut le couper, le supplier d'arrêter ! Mais comment ? N'avait-elle pas méritée tout ce qu'il lui disait ? N'était-ce donc pas elle qui dans ce stupide quiproquo l'avait entraîné sur cette dangereuse pente qui l'avait poussé à lui avouer ses sentiments ? Cette foutu pente qui n'en finissait pas et la plongeait toujours plus rapidement dans un affreux gouffre sans fond de douleur et de désespoir.

Elle restait muette, stupéfaite, et surtout, peinée. Les larmes emplissaient ses yeux et coulaient silencieusement sans même qu'elle n'ait plus le courage de les retenir. Lui dire non. Lui dire stop. STOP ! Ô pauvre et malheureux William pourtant tant aimé ! Si seulement il mesurait alors l'ampleur des sentiments qui l'envahissaient ! S'il savait comme jamais elle n'aurait pu se jouer de lui ni lui trouver quelque trait repoussant car au contraire, nul être dans son coeur n'égalait sa beauté... Ô William, prince charmant tant attendu, pourtant si cruellement rejeté...

Il la quitta sans un regard. La requête du cocher lui parut comme un coup bas pour elle. On lui refusa l'occasion de s'expliquer. On lui retira son William... Mais avait-elle seulement encore le droit de le nommer ainsi ? Quelle importance, il ne l'écouterait plus jamais, il s'en était allé, et ne l'avait pas regardé. Serait-elle donc condamnée à n'avoir de souvenir de ses yeux plus que cette petite étincelle rougeoyante si haineuse à son égard ? S'il avait voulu la tuer ainsi, il avait du moins réussi à immoler son pauvre coeur. Cette fois-ci, c'était certain, il n'en resterait rien. Rien d'autre que de tristes cendres à jamais sienne. Elle l'aimait, et ce non lui pesait certainement autant qu'à lui, lui pesait d'autant plus qu'aucun retour en arrière ne serait plus possible.

- William... Je regrette tant...

De réponse que le silence. Un silence bien cruel auquel elle allait devoir s'habituer dans cette solitude qui l'attendait d'un nouveau genre. Elle avait trouvé cruel l'attente après son arrivée à Bath ? Elle avait trouvé cruelle la manière dont elle avait été trahie avec ce baiser ? Elle avait trouvé cruel le ton qu'il avait employé avec elle ? Si seulement elle avait conscience d'à quel point serait cruels les mois, les années peut-être à venir ou de compagnie elle n'aurait que l'écho de la froideur de ses paroles dans son esprit. Elle en deviendrait folle, elle en mourrait.

La panique. La diligence était prête à reprendre sa route, elle l'avait senti. Elle reprit sa route... Mais... Pourquoi cette porte qu'elle avait fixé avec tant d'ardeur ne s'était-elle donc pas ouverte ? C'était là sa seule chance de s'expliquer, de remettre en ordre toute cette affreuse affaire ! Non ! NON !

- NON ! Non non NON ! ARRÊTEZ CETTE DILIGENCE TOUT DE SUITE ! TOUT DE SUITE !

Hystérique, elle tambourina à la fenêtre du cocher. Il fallait qu'il s'arrête tout de suite ! Elle ne pouvait repartir sans lui. Elle ne pouvait vivre sans lui ! Ce... C'était impossible ! Elle... Elle en mourrait ! La réponse ne se fit pas attendre, les chevaux ralentirent aussitôt. Alors elle se jeta sur la portière qu'elle ouvrit à la volée et sauta au sol sans attendre les marches où quelque aide que ce soit.

Rien. Tout. Il lui tournait le dos et partait, simplement. Elle ne ressentait rien, et pourtant tout. Il avait choisi de ne pas remonter. Il avait choisi de la laisser après l'avoir à ce point rejetée. Toute cette violence à son égard, tout ce mépris, il ne regrettait rien. Elle s'était abandonnée une minute, il l'avait quitté à jamais. Il la haïssait...

Lentement elle remonta en voiture. Un instant, elle pensa avoir atteint le fond du gouffre, et puis son regard se posa sur le siège où quelques minutes plus tôt à peine il avait été assis. Où quelques minutes plus tôt il lui avait fait sa demande, plus amoureux que jamais. Où quelques minutes plus tôt, elle l'avait rejeté. Où quelques minutes plus tôt, il l'avait tour à tour pleurée, haïe, puis quittée. Les chevaux repartirent. L'amour. Le chagrin. A en mourir.

FIN

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