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Our fugitive hearts & Emily Donovan

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Liam O'LoughlinRebels' leader
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MessageSujet: Our fugitive hearts & Emily Donovan Mer 28 Sep - 0:48

&



Emy ouvrit brusquement les yeux, et se releva rapidement, de façon à être assise. Son crâne lui faisait affreusement mal, et elle sentait le sang tambouriner dans ses tempes. Elle cligna des paupières plusieurs fois, tout en se frottant la tête. Cette douleur était décidément insupportable, pourquoi ne partait elle pas ? Elle se retourna, elle faisait face au mur jusque là, pour regarder l'endroit dans lequel elle se trouvait. Comment s'était elle retrouvée là ? Tout était flou dans son esprit, et elle avait du mal à retrouver ses esprits. En silence, elle observa plus précisément l'endroit dans lequel elle se trouvait. Il n'y avait pas beaucoup de lumière, et l'air était humide et lourd. Prudemment, elle se leva pour finalement avancer. C'est alors qu'elle buta contre quelque chose de dur. Ses yeux commençait à s'habituer à l'obscurité, mais elle eut besoin de poser ses mains sur ce nouvel élément pour en comprendre la consistance. Des barreaux ? Pourquoi est ce que des barreaux se trouvaient devant elle. Elle fronça les sourcils, et ce fut à moment que les évènements de la veille lui revinrent en mémoire. Elle se rappela avoir du courir pour échapper à deux hommes, elle était tombée et puis... Plus rien. Elle ne se rappelait de plus rien jusqu'à ce qu'elle ait ouvert les yeux quelques minutes plus tôt. Ils l'avaient donc jetée en prison ? Emy sentit la colère monter en elle. Pourquoi l'avoir mise en prison, alors qu'elle n'avait rien fait de mal ! Elle se rappela la phrase que l'homme lui avait dite. La curiosité est un vilain défaut. Alors... Alors cela voulait dire qu'elle était chez les rebelles ? Après tout, sa dernière curiosité du moment était cette histoire de rebelles, qu'elle voulait éclaircir. D'ailleurs la veille, elle avait posé quelques questions aux gens des Sheds qu'elle connaissait... Tout s'éclairait à présent, ses petites questions n'avaient pas du plaire à ces fameux rebelles. La colère monta d'un coup en elle, était ce une raison pour la mettre derrière les barreaux ? Elle donna un coup de pied dans une pierre qui se trouvait là, et poussa un cri étouffé de douleur en se tenant les côtes. Elle avait du se faire mal en tombant la veille, il valait mieux éviter les mouvements brusques. Elle porta alors une main sur son visage, et eut une autre grimace de douleur. Elle avait la lèvre ouverte sur le côté, surement un cadeau des deux balourds qui l'avait attrapée. Elle commença à marmonner seule, se sentant déjà étouffer de se retrouver derrière les barreaux. Il fallait qu'elle sorte d'ici, et rapidement. Elle n'était pas du genre à rester en cage, sauf lorsque c'était sa volonté.

Elle se mit à tourner en rond, cherchant une solution au pétrin dans lequel elle s'était fourrée. C'est alors qu'elle entendit des murmures près d'elle. Elle se rapprocha donc d'un des côtés de sa cellule pour voir un homme assis au sol, en train de prier. Elle leva un sourcil, interloquée, et regarda de plus près.

- Lord Bucket ! Mais que faites vous là ? Elle avait reconnu l'un des vieux amis de Charles, qui officiait dans l'armée anglaise depuis longtemps. Il avait l'air bien pitoyable, complètement apeuré.
- Je prie, chère enfant, je prie pour que lorsqu'ils nous tueront tous, le Seigneur m'accepte auprès de lui ! Emy leva les yeux au ciel. Ce ne serait surement pas le Seigneur qui allait le sortir de là. Elle souffla, puis s'approcha de la porte de sa cellule. Elle allait leur comprendre que ce n'était qu'un malentendu, et qu'ils devaient la relâcher. Non seulement elle n'avait rien fait de mal mais en plus elle était des leurs, enfin presque. Peut être pas des leurs mais en tout cas elle ne faisait pas partie de ces nobles vaniteux et mégalomanes.
- Est ce qu'il y a quelqu'un ? Pas de réponse. Vous m'entendez ? Toujours aucun bruit. Emy soupira encore plus fort, saisit les barreaux entre ses mains et commença à les secouer. Vous allez me faire sortir de là, maintenant, je n'ai rien à voir avec personne, alors laissez moi sortir sinon je vous préviens je... Je.. Je ne sais pas encore, mais ça ne sera pas beau à voir ! Alors laissez moi sortir !

Son énervement eut raison des gardes, pensa-t-elle, car elle vit une ombre bouger, plus loin dans le couloir. Elle arrêta de se secouer frénétiquement.
- Ah, tout de même ! Ecoutez...
- La ferme !

De surprise, Emy s'était tue sur le champ. Jusqu'à ce moment précis, elle avait gardé son masque de bonne petite noble plus ou moins bien élevée jusque là, mais maintenant ç'en était trop. Non seulement ils l'avaient agressé, et voilà que maintenant ils lui parlaient ainsi ? Emy n'était pas du genre à se laisser faire, et elle n'allait pas laisser passer ça. Elle se mit à la hauteur de Noah, car il s'agissait de lui. Il semblait être plus jeune qu'elle. Elle se planta face à lui, les yeux rivés dans les siens.

- Me la fermer ? Ecoute moi bien, je ne suis pas comme toutes les autres jeunes filles de bonne famille que tu as pu enfermer, mon grand. Donc je te conseille de t'adresser à moi d'une autre façon. Si elle devait rester enfermée, elle devait montrer dès à présent qu'elle n'allait pas être une petite fille apeurée comme le lord Bucket.
Le chef veut te voir, alors tu viens avec nous, et sans discuter.

Emy ne put empêcher un rire moqueur de s'échapper d'entre ses lèvres. Leur chef, rien que ça. Elle en avait de la chance ! Carl ouvrit la serrure de la porte, et vint se saisir d'Emy, lui tenant fermement les bras. Elle ne se débattit pas, sachant que c'était complètement inutile. Cependant, elle remarqua une profonde marque de morsure sur celui là. Un sourire se dessina sur ses lèvres.

- On t'a mordu, peut être ? Elle avait conscience de n'être qu'une insolente, mais elle était tellement en colère, avait tellement de rage en elle, que tout cela ressortait comme un poison d'entre ses lèvres. Elle était en colère depuis bien trop longtemps, il fallait bien que cela explose un jour. Carl lui passa des menottes en bois au poignet, et la poussa en direction de la sortie.
- Allez, avance !

Sans plus rien dire, elle avança, ne ripostant même pas quand il la poussait pour qu'elle aille plus vite. Il sembla marcher sur plusieurs centaines de mètres, toujours dans cette semi obscurité qui l'oppressait. En marchant, elle prit quand même le temps de regarder autour d'elle, et vit plusieurs dizaines de personnes, qui avaient l'air en mauvais état, physiquement. Cependant, elle ne pu constater que bon nombre d'entre eux avaient un sourire aux lèvres. C'était donc eux, les rebelles... Dire que deux jours auparavant, elle n'avait même pas conscience de leur existence ! Ils marchèrent quelques minutes, puis s'arrêtèrent finalement devant une porte de fortune en bois. Noah toqua, puis l'ouvrit. Emy baissait les yeux. Elle n'avait pas envie de voir ce fameux chef, encore moins de lui parler. L'un des deux garçons pénétra dans l'espace qui semblait aménagé pour faire une chambre.

- La voilà, c'est elle ! Il semblait encore tout fier de sa capture. Emy réprima un grognement, il n'y avait rien de glorieux ! Ils agissaient exactement comme lorsque la Milice avait enlevé des gens. C'était la même chose.

Après quelques secondes, il fit signe à son camarade d'avancer, et celui ci poussa alors Emy à l'intérieur du compartiment. Elle garda la tête obstinément tournée, le regard fixé sur les planches de bois qui clôturaient le compartiment. Elle n'aurait peut être pas du se mêler de ce qui ne la regardait pas, après tout.

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Liam O'LoughlinRebels' leader
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MessageSujet: Re: Our fugitive hearts & Emily Donovan Mer 28 Sep - 19:57




Emy, le regard obstinément fixé sur la vieille planche de bois, n'écoutait que distraitement ce que disaient les hommes. Cela ne l'intéressait pas, elle ne voulait rien avoir à faire avec eux. De toute façon, elle comptait bien partir rapidement de cet endroit sombre et humide dans lequel elle se sentait étouffer. Comment tous ces gens faisaient il pour tenir ici ? Ils étaient tellement, en plus ! Mais ils n'avaient pas le choix, elle s'en doutait. Elle ne savait toujours pas vraiment ce qu'il s'était réellement passé, et comment toute cette situation s'était produite, elle se doutait juste qu'il y avait un lien avec l'incendie de l'hôtel de ville, et un rapport avec la Milice. La milice... Son estomac se contracta, elle eut une pulsion de colère qui la saisit subitement. Elle la chassa du mieux qu'elle put, après tout, elle était toujours en colère, son sang bouillait constamment dans ses veines, mais elle faisait de son mieux depuis quelques mois pour le cacher. Être la bonne lady qu'elle se devait être. Souriante. Polie. Sans histoires. Après tout, c'était ce que devaient faire les jeunes filles de bonne famille, non ? Rester tranquille, accepter en silence ce que leurs aînés avaient prévu pour elles. Bien se comporter, ne jamais faire d'écart. Mais Emy avait elle déjà été ce stéréotype une fois dans sa vie ? Elle ne le croyait pas. Déjà enfant elle contournait les règlements, et avait rendu fou plus d'un percepteur. Ce n'était pas maintenant qu'elle allait rester dans un coin à sourire telle une potiche ! Si elle ne devait pas exécuter la mission qu'elle s'était elle même confiée, elle serait partie de cette ville maudite depuis longtemps. Peut être serait elle retournée en Irlande. Le pays lui manquait, même si elle n'en parlait jamais, et qu'elle l'avait quitté jeune. Tout était plus compliqué en Angleterre, elle en avait conscience. Elle voulait juste rentrer, et recommencer à courir dans les prairies vertes, comme lorsqu'elle était enfant. Mais elle n'était plus une enfant, il faudrait qu'un jour elle s'en rende compte.

C'est qu'elle se laisse pas faire... Emy avait finalement portée son attention sur les hommes, même si elle ne les regardait toujours pas. Elle eut un rire silencieux, et ses épaules bougèrent discrètement. Que croyait il ? Qu'elle allait se laisser gentiment attraper ? Il ne savait donc pas à qui il avait à faire. Certes, elle n'était pas un grand gaillard de deux mètres, mais cela ne voulait pas dire qu'elle ne pouvait pas se défendre. Elle espérait que la trace de ses dents allait rester un bon moment dans la chair de l'homme. Il l'avait bien mérité. Après tout, ils auraient pu lui parler et lui poser des questions, elle aurait répondu, elle n'était pas une sauvage... Enfin presque. Elle se rappelait encore l'air ébahi qu'il avait eu, et était plutôt contente d'elle même. Fini, la gentille Emy qui ne faisait jamais rien à part se lamenter sur elle même ! Elle sentait que si elle le voulait, elle pourrait tout détruire autour d'elle. Elle était tellement tendue, il fallait que tout cela sorte, qu'elle trouve un coupable, n'importe qui, et qu'il paye pour tous les autres. Ce n'était pas une attitude bien glorieuse, certes, mais elle sentait que l'explosion n'allait plus tarder. Perdue dans ses pensées et dans ses envies de destruction, elle ne prêta plus attention au reste de la conversation, et les voix des autres hommes ne lui paraissaient qu'être des bruits lointains.

Elle tortillait ses mains dans les menottes de bois, essayant d'en délivrer au moins une. Elle n'aimait pas se sentir attachée, elle qui aimait tant être libre. Finalement, elle vit deux pieds devant elle. Ah, enfin, elle allait se sortir de ce pétrin, et lui dire sa façon de penser, à ce chef avec des sous-fifres aux mauvaises manières. Soudain, elle tourna la tête brusquement, bien malgré elle, puisqu'il lui avait saisi le menton. Elle leva donc finalement les yeux, n'ayant plus tellement le choix. Sa gorge se serra aussitôt. Elle se serra tellement qu'une douleur fulgurante lui traversa la trachée. Impossible... Son coeur se serra jusqu'à exploser, et ses pupilles cillèrent légèrement. Son poing se serra lui aussi, si fort que ses ongles s'enfoncèrent dans sa chair. Elle sentait qu'elle allait tomber, s'effondrer. Pourtant, elle resta debout, droite, ne bougea pas d'un pouce. Intérieurement au contraire, toutes les émotions possibles et inimaginables se bousculaient. Elle voulait hurler, pleurer, rire, encore hurler. Mais rien ne sortit d'entre ses lèvres, qui avaient à peine tremblé. Elle avait l'impression de s'être transformée en statue en une seconde. C'était impossible, impossible... Et pourtant si, non ? Oui, oui, forcément... Mais.. Comment ? Quand ? Sa peau la brûlait là où, l'espace d'un instant, il l'avait touchée. Lui. Il était là. Devant elle. Elle allait avoir besoin d'une thérapie. Elle restait complètement immobile alors qu'il se tournait vers les deux autres, essayant de trouver un sens à la situation, de comprendre comme elle avait pu prendre cette direction. Alors, c'était donc ça ? Il était un rebelle, et elle, une noble. Elle pensait que la situation ne pourrait jamais être pire. La preuve que si. Il lui semblait qu'un fossé encore plus grand s'était creusé, et qu'il était devenu infranchissable. Lorsqu'il reporta son regard sur elle, elle le soutint, ne cillant pas. Il se mit à sourire, et les sourcils d'Emy se froncèrent imperceptiblement. Il avait au moins eu le mérite d'avoir réussi à la faire taire. Et pourtant, elle en avait, des choses à dire ! Elle ne s'attardait sur aucun détail, essayant d'assimiler le fait qu'il n'était pas mort. Pas mort !

Alors... Comment veux-tu que je t'appelle ?
La question était tombée d'un coup, tranchante. Emy aurait pu éclater de rire, lui sauter dans les bras, montrer un peu sa joie. Mais Emy reste malgré tout Emy, et les explosions sentimentales n'étaient pas son fort. Pas du tout. Et encore moins maintenant qu'elle était sur le choc. Elle aussi le fixa, pendant quelques petites secondes, sans rien dire. Que croyait il ? Qu'elle était là pour espionner, comme on l'accusait ? Qu'elle allait remonter à la surface et tout raconter aux autorités ? Les guider jusqu'ici aussi, peut être ? Elle pensait qu'il la connaissait mieux que cela. Elle se dérida d'un coup.

- Tu peux m'appeler comme bon te semble, "chef". Elle avait ponctué sa phrase d'un petit sourire, mi-taquin, mi-moqueur, mi-fier, mi-intrigué, et mélangeant à peu près toutes les émotions qu'elle ressentait. De la colère, toujours. De l'étonnement. De l'incompréhension. Du soulagement, aussi. Mais surtout, surtout, de l'indignation. Parce qu'elle avait très bien compris le sens caché de sa question, et croire qu'elle était du côté des nobles la vexait beaucoup. Mais après tout... C'était ce qu'elle s'était efforcée de montrer, à contre coeur, depuis des mois. Au fond d'elle, elle comprenait qu'il puisse avoir des doutes.

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Liam O'LoughlinRebels' leader
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MessageSujet: Re: Our fugitive hearts & Emily Donovan Ven 7 Oct - 4:21




Le bois des menottes enfonçait des échardes dans les poignets d'Emy, mais cela lui importait peu. Elle gardait le poing résolument serré, ne grimaçant même pas alors que ses ongles s'étaient enfoncés dans sa cicatrice encore fraiche. Car c'était pour cela qu'elle portait désormais des gants - qui avaient disparus d'ailleurs - à cause de cette profonde entaille qu'elle s'était faite seule, et dont elle garderait la marque à vie. Le soir où elle avait pris la résolution d'arrêter de se lamenter et de commencer à agir, la nuit où un simple animal - qu'elle avait en horreur, en plus - avait changé définitivement sa vision du monde et qui l'avait finalement réveillée, après des mois passés dans une torpeur qu'elle s'était infligée. Pourquoi avait elle agi ainsi pendant si longtemps ? Une petite fille gâtée et capricieuse, voilà ce qu'elle avait été. Lorsqu'elle repensait à tous ces mois passés à pleurnicher sur son sort, elle avait honte. Honte d'être devenue ce qu'elle avait toujours redouté d'être. Ces moments de faiblesses ne devenaient que très rares et lorsqu'elle sentait qu'elle était sur une pente glissante, un simple regard sur sa main gauche lui remettait rapidement les idées en place. Cette nuit là, elle avait décidé d'aider les autres. Les faibles, les démunis, les laissés pour compte. Car après tout, c'était à ce monde là qu'elle appartenait. Elle lui avait appartenu, mais avait été bien ingrate. Pourtant, malgré les moments sombres, c'était dans celui ci qu'elle se sentait le plus à l'aise, qu'elle se sentait chez elle. Pourquoi alors avait elle toujours compliqué les choses ? Jamais contente, elle avait provoqué tout ce qu'elle avait enduré, et en avait conscience désormais. Mais malgré cette constatation, elle ne pouvait lutter contre sa nature de sauvageonne effrontée. Au contraire désormais, elle s'en servait pour parvenir à ses fins.

Sentir sa cicatrice sous ses doigts lui fit repenser à cette fameuse nuit. Celle où elle avait failli se tuer pour aller le retrouver. A croire que cette fois là, le destin avait décidé de lui donner un coup de pouce. Mais si elle était morte et qu'elle avait vu qu'il n'était pas là, elle aurait surement trouvé un moyen pour revenir, pour le retrouver. Pendant des années, elle avait cru que c'était lui qui avait toujours dépendu d'elle, qu'elle avait une sorte de contrôle inconscient de la situation. Pourtant, elle s'était finalement rendu à l'évidence qu'elle était la plus dépendante des deux, même si elle ne l'avait jamais montré. Elle s'était presque tuée lorsqu'elle avait appris qu'il était condamné à mort. En aurait il fait de même ? Elle ne savait plus réellement. Maintenant qu'il se tenait devant elle, et qu'elle constatait en silence combien il avait changé, elle se demandait sérieusement si tout cela n'avait pas été que des fables inventées par une adolescente qui avait lu trop de romans. Elle restait toujours droite comme un pic, et son regard ne cillait pas, comme à son habitude. Étrangement, elle avait moins mal qu'avant. Moins mal que lorsqu'elle avait vu la jeune femme chez lui. Pourtant, la situation était bien pire. Elle était intérieurement confuse et perturbée. Mis à part sa colère habituelle, les sentiments qu'elle éprouvait ne lui étaient pas habituels. Elle était... Détachée et en même temps en ébullition. C'était comme si les deux aspects de sa personnalité se livraient un combat sans merci. Extérieurement, rien ne transparaissait. Elle était toujours imperturbable, son sourire insolent sur les lèvres.

Tu as toujours aimé compliquer les choses, n'est-ce pas ?
Le coin droit de ses lèvres s'étira légèrement, accentuant son sourire, et lui conférant un air légèrement moqueur. Même sa voix avait changé. Elle aurait comprendre ce qu'il s'était réellement passé, mais elle ne risquait pas de le demander. Elle saurait se renseigner autre part. Elle ne répondit pas, se contentant de le regarder un air provocateur lui traversant les yeux. Cette situation était nouvelle et pourtant lui plaisait, malgré le fait qu'elle soit extrêmement bizarre, et pas des plus joyeuses.

Va chercher de quoi soigner ses plaies. Ce n'est pas comme ça qu'on traite une vieille amie. Emy tourna vivement la tête vers Noah, le regard dur.

- Pas besoin. Elle reposa son regard sur Liam, toujours avec ce petit air provocateur et légèrement, très légèrement, amusé. Elle n'avait pas envie de faire la veuve qui avait éplorée durant des semaines. Pas envie d'exprimer la joie immense qu'elle devrait ressentir. Je ne suis pas en sucre. Elle pouvait bien supporter une petite coupure à la lèvre, elle n'allait pas en mourir.

- Et... Pour les menottes ?
- Laisse-les lui.

Lorsque son regard s'était de nouveau rivé au sien, une lueur noire avait traversé les yeux d'Emy, trop rapide pour qu'on puisse la remarquer. Avant, elle se serait énervée, aurait crié au scandale, aurait tout fait pour qu'on lui enlève ces satanées menottes. Mais étrangement, elle se contenta de laisser un petit rire rauque s'échapper d'entre ses lèvres blessées. Cette situation était décidément très étrange, cela la faisait même rire. Qui aurait cru qu'ils en arriveraient là ? Elle ne savait pas si elle riait de joie ou de dépit, cela dit.

- Craindrais tu que je tente de m'échapper, alors que je ne suis qu' "une fille" ? Elle ponctua la fin de sa phrase par un regard noir lancé à Noah, histoire de bien lui faire rentrer dans le crâne qu'elle n'était pas n'importe quelle fille, et qu'il ne valait mieux pas se frotter à elle.

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Liam O'LoughlinRebels' leader
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MessageSujet: Re: Our fugitive hearts & Emily Donovan Ven 7 Oct - 16:37



Jusqu'ici, Emy avait été trop choquée pour faire vraiment attention à la situation et à ce qu'il se passait réellement dans cette pièce. Elle avait beau avoir répondu et montrer un minimum de réactivité, intérieurement elle était en blocage complet. Assimiler le fait qu'il ne soit pas mort était très dur, surtout maintenant qu'elle avait plus ou moins réussi à faire son deuil, ce qui n'avait pas été chose facile. Elle avait passé des semaines à se conditionner, à ne pas montrer à quel point elle était affectée devant les autres nobles et sa famille, et cela, ajouté à la peine qu'elle éprouvait, avait été très douloureux. Et voilà que tout cela était désormais réduit à néant, tant d'heures passées à se contenir, à ne pas exploser, pour rien. Si elle l'avait su plus tôt, elle se serait sûrement plus laissée aller, et tant pis pour ce qu'en auraient dit les autres. D'un autre côté, si elle l'avait su, la situation n'aurait peut être pas été la même. Elle serait venue d'elle même ici, le retrouver, et tant pis pour son orgueil. Cela aurait pu être simple, peut être même joyeux, mais la simplicité n'était décidément pas faite pour eux et une fois de plus, elle devait accepter ce nouveau coup du sort sans broncher. Elle en avait plus qu'assez de devoir toujours tout accepter sans rien dire, et que la nature, ou quelle que soit la force supérieure qu'il y avait au dessus d'elle, s'obstine à ne pas la laisser en paix. Ainsi, il lui avait fallu quelques minutes pour se remettre du choc interne auquel elle avait confrontée. Elle avait désormais l'esprit un peu plus clair, et commençait à réellement faire attention à ce qu'il se passait autour d'elle. Plus que ça, elle commençait à faire attention à lui, et plusieurs choses la frappèrent en plein visage. Il avait terriblement changé, tout en restant le même. C'était troublant. Il semblait plus adulte, et son visage semblait marqué par le souci. Elle avait toujours les yeux rivés dans les siens et ne fit donc pas attention à son ensemble, pas encore. Il avait toujours les mêmes yeux bleus mais eux aussi semblaient différents. Plus durs qu'avant. Elle était habituée à voir son regard doux, et ce petit changement était plus perturbant qu'on ne peut l'imaginer. Il dégageait une autorité qu'elle n'avait jamais vu chez lui, et lorsqu'il indiqua à Noah d'aller faire ce qu'il lui avait demandé - et qu'elle ne voulait pas mais apparemment, elle n'avait pas le droit de protester - elle se rendit compte qu'il se faisait facilement obéir.

Crois-moi, tu ne veux pas que l'infection ravage un si beau visage. Sa façon de s'exprimer était différente, elle aussi. Disparu le bafouillement. Intriguée, Emy leva un sourcil, mais ne répondit rien. Elle baissa alors les yeux pour remarquer les traces qu'il portait sur son corps. Elle était loin d'être stupide, et quelques secondes suffirent à lui faire comprendre comment il les avait eues. Tout cela était de plus en plus étonnant. Elle continuait de baisser les yeux lorsqu'il reprit la parole. Tu vois, ici nous avons une conception bien particulière des prisonniers. On les garde en vie. Emy releva les yeux immédiatement. Cette phrase lui avait fait froid dans le dos, sans qu'elle n'en montre rien bien évidemment. Elle sentait qu'elle était lourde de sens et de reproches. Elle le comprenait parfaitement. La Milice et autres nobles étaient ignobles. Mais la mettait il dans le même paquet ? Celui où les riches veulent réduire au silence les pauvres qui ne se comportent pas comme il le faudrait ? Elle commençait à avoir de sérieux doutes. Sinon, pourquoi agirait il ainsi ? Elle aurait voulu mettre la situation au clair une bonne fois pour toutes, mais Noah revint avec de quoi la soigner, et elle se ravisa d'ouvrir la bouche. Durant les derniers mois elle s'était tout de même un peu assagie, et avait appris à ne pas exploser d'un coup et à attendre le bon moment. Il allait forcément arriver.

Tu sais bien que je ne t'ai jamais sous-estimée... Alors qu'il appliquait le tissu sur sa lèvre, Emy se contenta de l'observer sans rien dire, sans grimacer alors que l'alcool piquait atrocement. Elle avait bien compris le sous entendu pas vraiment dissimulé qu'il lui adressait. Et pour répondre à ta question, c'est plutôt parce que je ne veux pas que tu te fatigues inutilement à essayer d'arracher les yeux de mes hommes. Ça, c'est mon truc. Un petit rire rocailleux s'échappa de la gorge d'Emy.

- Tu sais pourtant que je ne suis pas quelqu'un de violent. Et puis elle n'était pas excessive non plus, jamais. Elle n'avait pas relever la fin de sa phrase. Elle essayait de comprendre qui elle avait réellement face à elle, parce qu'elle avait bien compris qu'elle ne le connaissait pas.

Lorsqu'il se plaça dans son dos, ses yeux arrêtèrent d'être fixes et vides et allèrent se poser sur une quelconque planche de bois. C'était dur. Elle était perturbée, bien plus que ce qu'elle laissait transparaitre. Et elle avait mal, aussi. Mais cela, elle préférait le laisser dans un coin de sa tête, là où elle avait stocké toutes les pensées qui la dérangeaient. Elle ne voyant pas ce qu'il faisait, mais la brûlure de l'alcool sur sa peau était suffisante pour imaginer. Elle ne bougeait pas, droite comme une statue. Elle sentait ses mains descendre le long de ses poignets, et son estomac se tordit. Mais avant qu'elle n'ait le temps de fermer la main, elle sentit ses doigts passer sur sa paume. Elle serra la mâchoire si fort que ses dents grincèrent très légèrement. Elle n'avait pas honte de l'état de sa main, tant pis si elle était désormais défigurée, mais elle n'aimait pas qu'on lui pose des questions là dessus. Et surtout, elle portait des gants dès qu'elle sortait afin de ne pas se faire reconnaitre. La plupart des bourgeois et des nobles du cercle d'amis de sa soeur avaient au courant du tragique accident, celui où elle avait glissé dans la cuisine et s'était rattrapée sur la lame d'un couteau. C'était la version qu'elle avait elle même donnée, elle ne voulait pas qu'on sache qu'elle avait eu un instant suicidaire. Le seul à être au courant était Albert, le majordome, qui était venu la récupérer dans le jardin, après l'avoir vue assise dans les buissons complètement statique.
Laisse-moi deviner... Tu es tombée, c'est ça ? Emy desserra finalement la mâchoire, pour reprendre son air détaché.

- Raté. Je me suis battue contre un couteau. C'est lui qui a gagné. Elle n'allait sûrement pas donner de détails, et ce n'était pas vraiment un mensonge. Il aurait été facile de répondre "oui", mais elle sentait qu'elle avait dépasser le stade où elle faisait exprès de prétendre ne rien voir, ne rien savoir et être blanche comme neige.

Lorsqu'il la guida vers la chaise, elle se déroba sous sa main. Elle voulait bien faire un effort, mais il ne fallait pas trop lui en demander non plus. Elle s'assit sur la chaise, droite comme toujours, les mains encore attachées dans le dos. Ce n'était pas très confortable comme position mais tant pis, elle s'en remettrait. Elle leva ensuite le regard pour le fixer. Je ne vais pas te demander ce que tu faisais seule dehors en pleine nuit.. Elle lui rendit son regard meurtrier. Qu'avait elle fait pour mériter ce reproche à peine déguiser ? Elle pouvait se promener où elle voulait quand elle le voulait, non ? Mais comment expliques-tu que Noah et Carl t'aient pris pour une menace, au point de te ramener jusqu'ici ? A quoi tu joues, là-haut ? Toujours droite, Emy se para d'un léger sourire.

- Crois le ou non, mais tu n'es pas le seul à vouloir aider les laissés-pour-compte et les démunis. Elle prit ensuite un air distrait et détaché, laissant son regard fureter dans la pièce. Mais il se peut que j'ai commencé à poser quelques questions hier qui n'ont pas du leur plaire. Et l'expression était faible, elle avait passé la journée et une bonne partie de la nuit à taper à toutes les portes qui se présentaient devant elle pour en savoir plus sur cette histoire de rebelles qui la perturbait tant. Elle reposa finalement son regard sur Liam, tout en croisant les jambes, choses qu'elle n'aurait jamais pu faire chez elle.

- Et maintenant, que comptes tu faire de moi ?

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MessageSujet: Re: Our fugitive hearts & Emily Donovan Dim 9 Oct - 4:21




Je suis toujours vivant, Emy. Tu ne m'as pas tué.


Assise sur le sol humide de sa cellule, Emy retournait cette phrase en boucle depuis qu'elle avait quitté le compartiment. Il lui avait semblé que sur le chemin Carl lui avait parlé, et lui avait dit quelque chose comme quoi il était fier d'avoir un chef comme ça, et qu'il se battrait jusqu'au bout pour lui. Elle n'avait écouté que distraitement, ces quelques mots fusant à toute allure dans son esprit. Elle s'était laissée guider jusqu'à sa cellule en regardant le sol, cette fois ci. Elle avait été docile lorsque le garde lui avait enlevé ses menottes, et était rentrée dans l'endroit qu'elle ne pensait pas quitter de sitôt. Elle n'avait pas prononcé un seul mot, elle qui avait été si vindicative plus tôt. Elle se remettait plus difficilement qu'elle ne voulait se le faire croire de tout ce qu'il venait de se passer. Pourtant, elle n'avait pas été tétanisée tout à l'heure au contraire, elle s'était sentie plus vivante que les mois précédents. Mais maintenant qu'elle était seule, qu'il n'était plus face à elle, le couperet retombait, et elle s'était installée dans un mutisme qui faisait froid dans le dos, et qui ne lui était pas familier. Elle avait toujours été grande gueule et n'avait jamais eu aucune crainte à donner son avis haut et fort, même lorsqu'on ne lui demandait pas. Voilà pourquoi elle n'avait pas hésité à se plaindre haut et fort lorsqu'on l'avait jetée derrière les barreaux, et pourquoi elle ne s'était pas démontée devant Carl et Noah. Il lui arrivait parfois de se sentir indestructible, et elle agissait souvent sans penser aux conséquences, car elle estimait toujours faire ce qu'il fallait et si ce n'était pas le cas et bien tant pis, elle avait quand même eu raison de le faire. Elle avait toujours pensé avoir raison sur tout, et riait parfois de ce défaut qui ne lui paraissait pas si important que cela. Seulement, quelques petites minutes avaient suffi à ce qu'elle se remette en question, ce qui ne lui était pas coutumier. Elle qui se croyait si bonne de passer ses journées à aider les autres, à leur fournir nourriture et attention, elle avait découvert qu'il y avait un réseau entier de personnes qui faisaient exactement la même chose sous ses pieds. Plus encore, que c'était lui qui dirigeait ce réseau. Elle baissa les yeux sur sa cicatrice, et se trouva encore plus ridicule. S'être marquée à vie ne la dérangeait pas, mais en être arrivée à un tel point la mettait hors d'elle. Elle était trop immature, trop excessive. Elle pensait avoir changé depuis quelques années, mais la preuve en était que non. Elle était toujours la même nombriliste et égocentrique Emily Donovan. Cela ne lui plaisait pas, et l'admettre constituait un effort considérable. A moins qu'elle ne l'ait déjà admis il y a longtemps, et qu'elle ne s'en rendait compte que maintenant. Cette rencontre avait eu le mérite de lui ouvrir les yeux.

A côté d'elle, elle entendit à nouveau les marmonnements de lord Buckett, qui semblait toujours prier pour son salut. Malgré la faible lumière, le regard noir et meurtrier qu'elle lui lança suffit à le faire taire, et à lui tourner le dos. Elle agissait toujours ainsi, elle était agressive et continuellement énervée. Cette colère qui ne la quittait pas lui rongeait l'estomac et la bouffait chaque jour un peu plus. Elle en voulait au monde entier. Les yeux toujours rivés sur sa main, son coeur se serra. Au monde entier ? Non ! A elle même ! C'était contre elle qu'elle était en colère ! Tellement en colère qu'elle ne se supportait plus, qu'elle enchaînait les erreurs pour avoir chaque jour une raison de plus de s'en vouloir. Elle, cette enfant pourrie gâtée qui n'en avait toujours fait qu'à sa tête, sans se préoccuper des autres, de ce qu'ils pouvaient ressentir. Elle, qui avait toujours faire en sorte de retourner la situation en son avantage, de se faire passer pour la victime. Elle, qui avait détruit tout ce qui lui apportait du bonheur, parce qu'elle n'était qu'une idiote prétentieuse et égoïste. Elle comprenait maintenant ce qu'il lui avait dit. Tout s'éclairait dans son esprit. Il venait de réveiller le monstre de culpabilité qui l'habitait depuis si longtemps et qu'elle faisait taire bien consciencieusement. Elle lui avait fait du mal, tellement de mal, et elle le savait pertinemment. elle le savait lorsqu'elle rentrait en plein milieu de la nuit, après s'être prostituée sans rien dire. Elle le savait lorsqu'elle ne revenait pas pendant des jours sans une explication. Elle le savait lorsqu'elle s'était interposée entre lui et Cael. Elle le savait lorsqu'elle est partie sans se retourner, ce soir d'Halloween. Elle le savait au cimetière. Elle le savait dans le parc, lorsqu'elle pensait le voir pour la dernière fois. Elle avait toujours su qu'elle avait été son bourreau, mais que cela ne lui avait pas semblé grave. Après tout, il était toujours gentil, non ? Il revenait toujours, non ? Elle l'avait détruit petit à petit, grignoté, alors qu'il était toujours là pour elle. Elle ne l'avait pas tué, mais elle aurait pu. Elle savait qu'il l'aimait, elle l'avait toujours su, et profitait de cela pour agir comme bon lui semblait, sans le prendre en considération. Et pourtant, elle aussi l'aimait. Elle l'aimait depuis qu'elle l'avait poussé dans une flaque de boue un jour, et qu'il l'avait regardée en riant. Elle ramena ses jambes contre sa poitrine, et posa sa tête sur ses genoux, le regard dans le fixe. Elle pensait déjà qu'elle était une horrible personne, mais elle ne savait pas encore à quel point. Elle vit des gens passer devant sa cellule, et la regarder d'un air mauvais. Elle les comprenait. Elle représentait tous ceux qui leur avait fait du mal, à eux et aux leurs. Elle aurait voulu leur expliquer qu'elle n'était pas comme ça, qu'elle appartenait plus à leur monde qu'à celui dans lequel on l'avait rangée. Mais cela n'aurait servi à rien, parce qu'elle n'était plus sûre de savoir à quel monde elle appartenait. Elle était une espèce de monstre hybride, qui ne savait pas de quel côté aller sans tout faire foirer. Elle levait les yeux vers le groupe qui passait rapidement devant les cellules lorsqu'elle vit une ombre se détacher de celui ci. C'était une petite fille, elle devait avoir sept ou huit ans. Brune, les yeux bleus, elle était maigre et semblait fatiguée. Elle ne s'arrêta devant Emy que pendant quelques secondes, juste le temps de lui faire un sourire, avant d'accourir vers sa mère qui l'avait appelée. Prise de court, Emy n'avait pas eu le temps de réagir. Elle se contenta de baisser la tête tristement. Il n'y avait que lorsqu'elle était seule qu'elle s'autorisait à agir comme un être humain. A ressentir, à être touché. Dès que quelqu'un était là, il n'y avait plus que la fierté et la volonté de prouver qu'elle était forte qui étaient présentes. Elle s'était habituée à agir ainsi pour qu'on la laisse tranquille.

Son regard se posa finalement sur la flamme vacillante d'une bougie posée dans une cavité, face à sa cellule. Elle ne savait pas combien de temps elle resterait là, mais la sombreur de l'endroit lui faisait peur. Elle n'avait jamais été à l'aise avec le noir, et sentait qu'ici il ne faisait que s'accroître. Elle repensa à ce qu'il lui avait dit. Si tu es sage, peut-être qu'un jour tu deviendras ma Marianne. Elle avait compris l'allusion, mais ne savait pas vraiment comment l'interpréter. Tout devenait très confus dans son esprit, et toutes les certitudes qu'elle s'était forgée par rapport à lui depuis des années s'étaient effondrées en l'espace de quelques minutes.

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Dernière édition par Emily Donovan le Lun 10 Oct - 19:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Our fugitive hearts & Emily Donovan Lun 10 Oct - 3:58




Des heures durant, Emy avait essayé de trouver un sens à tout ceci, de comprendre comment ils en avaient été arrivés là, même si elle avait déjà quelques petites idées là dessus. Mais tout de même, elle avait beau avoir commis énormément d'erreurs qui lui pesaient un peu plus chaque jour, elle ne comprenait pas pourquoi il avait eu un tel comportement face à elle. Elle comprenait, au fond d'elle, qu'il puisse lui en vouloir, mais quand même. Elle n'arrivait même pas à savoir s'il lui en voulait pour quelque chose ou non. Lorsqu'elle avait découvert qu'il avait refait sa vie avec une autre femme, elle était rentrée dans une colère noire et destructrice, mais au moins tout était clair, il n'avait pas eu besoin de se poser de questions pour savoir qu'elle lui en voulait. Mais lui... Il avait été froid, sarcastique, moqueur. Ce comportement ne lui ressemblait pas du tout. Qu'avait il bien pu arriver pour qu'il devienne ainsi ? Elle l'avait toujours connu doux et attentionné, et même si cette affirmation de lui même lui plaisait et l'énervait en même temps, elle aurait voulu savoir ce qui l'avait provoquée. Elle devait avoir une certaine part de responsabilité là dedans, mais elle ne pouvait croire qu'elle l'avait rendu ainsi à elle toute seule, ou alors c'était qu'elle était encore plus monstrueuse qu'elle le pensait. Non... Il avait du se passer quelque chose, quelque chose dont elle n'était pas au courant, et qui avait tout changé. Ah, si seulement elle avait pu glaner des informations la veille, elle aurait une vision plus claire de ce qui se passait ici. Elle savait seulement que tous ces rebelles étaient venus se terrer dans les catacombes pour échapper à la Milice, des heures de questionnements n'avaient pas pu lui en apprendre plus. Et elle se doutait que ce n'était pas lui qui allait lui fournir les renseignements. Maintenant qu'elle s'était auto-flagellée mentalement, et qu'elle s'était finalement rendu compte de tout ce qu'elle se reprochait, sa curiosité reprit le dessus. Plus que de la curiosité, c'était une envie irrépressible de connaitre le fin fond de l'histoire, même si la vérité n'allait pas lui plaire, elle saurait s'y faire. Elle essaya de se rappeler la moindre des informations qu'elle avait pu recueillir sur le sujet. Elle savait qu'il y avait des cellules, sous l'Hôtel de Ville. Des cellules remplies de prisonniers. Elle savait aussi qu'il y avait eu un feu, et qu'ils étaient tous parvenus à s'échapper. Il avait du faire partie du groupe de ceux qui s'étaient échappés, puisque l'incendie avait suivi son arrestation, elle le savait pertinemment puisqu'elle avait compté les heures, ces jours là. Elle se doutait que le fait d'avoir été prisonnier, d'avoir failli être pendu avait du le chambouler et le marquer à jamais. Mais elle sentait que c'était bien plus que cela. Elle avait vu dans ces yeux une lueur qu'elle n'avait jamais vue auparavant. Elle était presque... malsaine. A cette pensée, Emy frissonna puis se leva, difficilement ses muscles étant enchylosés, elle avait bien du passer deux heures assise sur le sol dans la même position. Elle se passa une main sur son front, qui commençait à devenir chaud. L'humidité de l'endroit pénétrait ses bronches et elle avait l'impression que l'air manquait. Rester ainsi des heures sous la terre et dans un endroit confiné ne faisait qu'augmenter ses angoisses.

Elle fit quelques pas dans sa cellule pour détendre ses jambes et essayer de penser à autre chose. Malheureusement, seule dans un ou deux mètres carrés, elle n'avait pas grand chose à penser d'autre. Toutes ces questions l'obsédaient et elle n'y comprenait rien. Un instant elle s'apprêta à demander aux gardes des explications, mais se ravisa. Cela serait inutile, elle le savait. Elle avait vu le regard qu'il lui avait lancé, lui aussi, et même s'il n'avait rien dit, contrairement aux deux idiots qui l'avait capturée, elle avait senti un mépris dans ses yeux qui lui fit plus mal que des mots. Pourquoi tout le monde lui en voulait tant ? Parce qu'elle était noble ? Ce n'était tout de même pas sa faute ! Peut être que si, un peu, en fait. Mais quand bien même elle aurait toujours vécu parmi les autres aristocrates, cela ne leur donnait pas le droit de la juger. Elle ne leur avait rien fait, au contraire, elle avait essayé d'aider quelques uns des leurs. Elle n'arrivait pas à comprendre comment on pouvait avoir une telle haine envers un autre groupe de personnes, et cela valait aussi pour les aristocrates qui méprisaient les pauvres. Toutes ces différenciations sociales lui avaient toujours déplu, de toute façon. Mais aujourd'hui qu'elle prenait conscience de leur force, elle se disait que tout cela était bien dommage. Elle secoua la tête puis se rassit au sol, pour essayer de fermer les yeux. Elle était épuisée, et se demandait depuis combien de temps elle n'avait pas dormi. Elle rouvrit les yeux presque aussitôt. Il faisait trop noir, ici, elle n'arriverait jamais à dormir. Elle savait qu'il n'allait rien lui arriver dans sa cellule, mais cette obscurité mêlée à sa claustrophobie naissante n'allaient pas la laisser en paix. Elle prit une grande respiration, essaya de se calmer. Il fallait qu'elle dorme, de toute façon elle n'avait rien d'autre à faire.

Elle essaya, pendant un bon moment, mais rien n'y fit, impossible de fermer l'oeil. De nouvelles heures avaient passé. A nouveau elle se leva, pour s'approcher des barreaux en bois de la cellule. Il n'y avait pas un bruit dans le couloir. Si au moins il y avait un peu de vie, par ici ! Elle soupira, puis se tourna pour appuyer son dos contre les barreaux, les bras croisés, le regard fixé devant elle. C'est alors qu'elle entendit des bruits de pas, au loin. Elle se demanda si la personne allait passer par là, et si elle allait lui jeter un mauvais regard, elle aussi. Elle pariait presque contre elle même. On s'occupe comme on peut. Elle ne se retourna pas, attendant que la personne passe pour voir comment elle était. Elle finit par poser sa tête contre les barreaux, elle aussi. C'est alors qu'elle vit une pomme traverser les barreaux. Une pomme ? Prend-la comme un cadeau de bienvenue. Elle leva un sourcil, tourna la tête légèrement en sa direction, ayant très bien reconnu sa voix, baissa les yeux vers le fruit, puis remit sa tête droite et recommença à fixer droit devant elle.

- Je n'ai pas faim.

Le trou béant de son estomac qui criait famine depuis plusieurs heures disait clairement le contraire mais heureusement pour elle, il le faisait en silence. Elle ne comptait pas se laisser mourir de faim, bien sûr, et avait même décidé de faire un effort, un peu plus tôt, mais ce ton insolent lui hérissait le poil, et elle sentait qu'il fallait qu'elle réponde de la même façon. C'était devenu oeil pour oeil, dent pour dent. Un sourire moqueur vint étirer ses lèvres, et elle reprit la parole.

- Tu viens accueillir personnellement chacun de tes prisonniers, ou j'ai droit à un traitement de faveur ? Son ton était amer et cynique. Elle ne voulait pas rester ici. il faisait froid, humide, et elle avait peur. Cacher tous ces sentiments lui étaient difficile, mais elle était devenue maîtresse dans l'art de la dissimulation, après tout.

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MessageSujet: Re: Our fugitive hearts & Emily Donovan Lun 10 Oct - 23:21




Appuyée contre les barreaux en bois, Emy essayait de contenir la rage qui s'emparait peu à peu d'elle. Cette fois ci ce n'était pas contre elle qu'elle était en colère, mais contre la situation. C'était tellement injuste ! Elle sentait au fond d'elle une douleur et une peine s'installer un peu plus chaque seconde. Elle regrettait d'être allée fouiner, désormais. C'était étrange, mais elle souffrait moins lorsqu'elle pensait qu'il était mort que maintenant qu'elle le voyait sous ses yeux. Cette souffrance naissante était principalement due au fait qu'elle ne le connaissait plus. Plus du tout. Elle avait changé, elle aussi, mais elle gardait tout de même les bases qui faisaient qu'elle était qui elle était. Avec lui, elle avait l'impression que la personne qu'elle avait toujours connue avait disparue pour toujours. C'était comme le penser mort une deuxième fois. Elle se disait toujours dans un coin de sa tête qu'il avait surement des circonstances atténuantes pour avoir du s'endurcir de la sorte, mais tout de même. On ne peut pas changer de personnalité à ce point ! Elle serra ses bras plus fort autour d'elle alors qu'il rangeait la pomme. Elle allait devoir s'y faire. Il n'existait plus, la seule personne qui restait était le chef d'un groupe de rebelles énervant et insolent. Elle avait mené de grandes batailles intérieures pendant des années, pour savoir quoi faire, quel était le bon choix par rapport à sa relation. Le plus souvent, elle s'était freinée, parce qu'elle était une prostituée et qu'elle ne voulait pas le faire souffrir. Pourtant, les fois où elle s'était laissée aller, elle avait été heureuse. Trop heureuse. Peut être était ce pour cela qu'elle détruisait tout, à chaque fois, parce que ce bonheur l'effrayait trop, et qu'elle craignait tellement qu'on lui arrache subitement qu'elle préférait s'en priver elle même. Mais cette fois ci... Tout était indépendant de sa volonté. Il n'y avait plus de batailles à mener, plus de questions à se poser. C'était fini, et elle le savait. Elle l'avait su dès le moment où il avait posé les yeux sur elle, et où elle n'avait pas remarqué l'habituelle lueur qui les habitait. Sa mâchoire se serra. Elle ne voulait pas que tout cela se finisse ainsi, juste parce qu'il avait subi un brusque changement de personnalité. Au fond, quelque part, il devait y avoir le Liam qu'elle connaissait et qu'elle aimait. Elle le retrouverait. Ou du moins, elle essaierait.

Pourquoi, ça te plairait que je te fasse un traitement de faveur ? Encore une fois, en une seconde son ton l'avait détournée de toutes les bonnes résolutions qu'elle venait à peine de se donner. Elle serra son poing, enfonçant ses ongles dans sa chair une nouvelle fois. Non, elle ne pouvait pas. Elle avait juste envie de lui hurler dessus, de le réveiller, n'importe quoi ! Mais là, elle ne pouvait pas. Elle en avait assez des reproches à peine déguisés, des piques assassines. Lui avait elle demandé de l'aimer autant ? Non ! Lui avait elle exigé de tout faire pour elle ? Non plus ! Il ne faisait cela que de son propre chef, et s'il est vrai qu'elle ne l'en avait pas dissuadé, elle ne l'avait jamais forcé à faire quoique ce soit. Sa mâchoire se desserra, et elle reprit la parole, en essayant de garder sa voix calme et neutre, sans faire exploser le volcan en plein réveil qui lui agitait l'estomac.

- Non. J'essaie simplement de comprendre tes agissements, voilà tout. Elle gardait un sang froid à tout épreuve, et pourtant elle mourrait d'envie de lui dire tout ce qu'elle pensait. Mais rien ne sortait, du moins pas pour l'instant. Seulement en elle même, elle savait qu'elle n'allait pas supporter cette situation longtemps. Pourtant, elle voulait faire des efforts, vraiment. Mais dès qu'il ouvrait la bouche toutes ses bonnes volontés partaient en fumée.

Mais détrompe-toi... D'habitude, je fais moi-même les prisonniers. Pas de chance pour toi, il a fallu que l'exception te tombe dessus. Cette fois, c'était la goutte de trop. Emy se détacha des barreaux pour lui se tenir debout, derrière lui Son regard n'exprimait nulle haine, mais une colère immense. Qui était il, à la fin ?!

- Une chance ? Vraiment ? C'est donc si bien de faire des prisonniers ?! Alors quoi, si tu captures quelqu'un, tu gagnes un point ?! Sa voix avait pris les intentions rauques dont elle se parait lorsqu'elle était réellement en colère. Mais plus que cela, c'était un mélange de colère, de déception et de consternation. Elle ne pouvait pas admettre que quiconque ait ce genre de langage, que ce soit lui ou un autre, que ce soit un pauvre ou un riche, peu importait ! On ne jouait pas avec les êtres humains, ils n'étaient pas des objets avec lesquels on faisait ce que l'on voulait !

Tu risques de rester là longtemps... Je ne me fais pas de souci pour toi, tu survivras !
Toujours droite comme un piquet, Emy fit une petite moue moqueuse. Elle ne décolérait pas, mais sa voix redevint plus calme, plus neutre. Elle détourna le regard, le laissant vagabonder sur les pierres de la cellule.

- Je n'en doute pas non plus. Elle marqua une courte pause. Mais tu sembles oublier que Caiterina retournera toute la ville pour me retrouver, s'il le faut. Et c'était la vérité. Elle connaissait assez sa soeur pour savoir qu'aussitôt qu'elle se rendra compte de sa disparition elle déploiera des renforts sur tout Bath pour la retrouver. Elle ne voulait pas parler de Caiterina avec lui, parce qu'elle savait tout ce qu'elle représentait. Mais quitte à lancer des piques assassines sans raison, autant qu'elle s'y mette aussi !

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MessageSujet: Re: Our fugitive hearts & Emily Donovan Mar 11 Oct - 1:18




Emy n'avait même pas pris la peine de répondre à la nouvelle réflexion qu'il venait de lui balancer à la figure. Elle s'était contentée de rester immobile, et de réfléchir toujours plus à ce qui avait pu le conduire à être dans un tel état de rage et de haine. Elle sentait dans chacune de ses phrases un peu plus de mépris, même lorsqu'il était calme et moqueur. C'était encore pire que de l'entendre s'énerver. Elle le trouvait sournois, et mauvais. Oui. Il était mauvais. Il n'avait pas à lui faire endurer tout cela ou alors si elle le méritait, ce qui était le cas, il pouvait au moins être franc et lui balancer ce qu'il avait sur le coeur une bonne fois pour toute, plutôt que de la torturer psychologiquement comme il le faisait depuis des heures. Elle ne lui donna même pas d'excuses, ne se dit pas qu'il ne s'en rendait même pas compte parce qu'elle savait que c'était faux. Elle avait vu dans son regard qu'il pensait le moindre mot qu'il lui disait, et qu'il était presque ravi de tout lui balancer à la figure. Si au moins elle comprenait pourquoi ! Alors, peut être qu'elle accepterait sans broncher, car elle s'était assagie depuis quelques mois, et beaucoup d'évènements lui avait fait revoir le comportement qu'elle avait pu avoir auparavant. Elle était devenue plus docile, parce qu'elle le voulait bien, et avait fait beaucoup d'efforts pour comprendre les autres et arrêter de ne penser qu'à sa petite personne. Elle allait avec plaisir passer dans heures dans les bas quartiers pour voir les gens qui y vivaient, elle s'était même pris d'affection pour des enfants. Évidemment, elle n'était pas devenue une sainte ni-touche, et elle gardait de gros défauts, mais maintenant au moins, elle y réfléchissait. Elle aurait voulu lui montrer ces changements, mais il lui rendait pas la chose facile. Elle avait beau avoir fait des efforts sur ce qu'elle pouvait avoir comme comportement, son attitude l'horripilait, et ses démons revenaient aussi vite qu'ils étaient partis. La situation n'était vraiment pas facile, pour elle. Pas facile du tout.

Tu veux vraiment comparer ça à un jeu ?! Tu n'as pas la moindre idée de ce à quoi ça ressemble ! Tu ne sais rien de ce qui peut s'être passé. Rien ! Mets-toi bien ça dans le crâne ! Devant l'air si mauvais qui transperçait son regard, Emy avait reculé d'un pas, sans pour autant décolérer. Malgré la faible lueur de la bougie, elle vit le sang couler sur ses mains, et son estomac se contracta. Elle eut le vieux réflexe de vouloir s'en occupa, mais se ravisa avant d'avoir esquissé le moindre mouvement. Ce n'était plus la même personne, elle ne pouvait pas avoir les mêmes agissements, même si son être tout entier lui criait de faire quelque chose. Sa mâchoire se serra, et le ton de sa voix s'éleva. Elle n'avait jamais pensé à cela comme un jeu, bien au contraire, mais c'était lui qui venait de pratiquement se vanter de toujours faire les prisonniers lui même ! Cette attitude ne lui plaisait pas du tout, il fallait qu'elle explique clairement le fond de sa pensée, et qu'il arrête de la regarder comme ça.

- Oui, et quand j'ai essayé de savoir, on m'a jetée ici ! Le regard d'Emy était mauvais, lui aussi, mais pas de la même façon. Il n'y avait que de la colère et l'indignation dans ses yeux. Une pointe de déception, aussi, à peine visible. Je ne considère pas ça comme un jeu, qu'est ce que tu crois ?! Mais ça va t'emmener à quoi de faire des prisonniers, hein ? Tu comptes les garder ici toute leur vie ?! Elle jeta un regard au lord Buckett qui avait l'air profondément terrorisé depuis qu'il était arrivé dans les cellules. Elle ne l'aimait pas spécialement, mais le voir ainsi lui faisait de la peine. Elle n'aimait pas voir les gens souffrir, peu importe qui ils étaient. Regarde le ! Tu vas le laisser pourrir ici ? Et qu'est ce que ça va bien pouvoir t'apporter ?!

Ce pauvre homme avait une famille, qui devait surement être effondrée depuis qu'il n'était pas rentré un jour. Elle compatissait avec tous ces pauvres gens qui se retrouvaient séparés à cause d'une guerre qui ne servait à rien à part répandre le malheur. Dans son coeur, Emy serait du côté des pauvres, si on lui demandait de faire un choix. Elle ferait tout ce qu'elle pouvait les aider, comme elle le faisait depuis des semaines avec les moyens qu'elle possédait. Mais ce n'était pas pour autant qu'elle voulait faire souffrir l'autre côté.

Tu crois vraiment que je n'y ai pas pensé à la seconde où j'ai vu que c'était toi ? Il faudrait sérieusement que tu arrêtes de sous-estimer les gens. Le sang d'Emy commençait à sérieusement bouillir dans ses veines, elle sentait l'explosion monter et se faire de plus en plus pressante. Elle serra à nouveau le poing. Elle faisait de son mieux pour garder un minimum son calme. Elle ne supportait plus ce ton glacial, ces reproches qui s'accumulaient. Elle se mordit les lèvres, rouvrant par la même occasion sa blessure qui avait commencé à se fermer durant les heures qui avaient passées. C'est pour ça que je te disais que tu n'avais pas eu de chance que ça n'ait pas été moi dehors, cette nuit ! Moi, je n'aurais jamais fait l'erreur de te ramener avec moi ! Tu n'es qu'un fardeau pour nous, ici ! Cette fois, c'en était trop. Elle sentit comme une espèce de déclic en elle, et elle posa violemment ses mains sur les barreaux de sa cellules. Fini, le calme. Finies, les bonnes résolutions. C'était la pique de trop.

- C'est quoi ton problème, exactement ?! Elle parlait bien plus fort, à présent, criant presque. On pouvait sentir toute la colère qu'elle avait contenue durant les dernières heures dans sa voix. Qu'est ce que je t'ai fait, hein ?! Pourquoi tu t'acharnes sur moi ?! Dis moi tout, que je comprenne un minimum ce que j'ai fait pour que tu aies une attitude si exécrable ! Je suis un fardeau ? Tu n'as qu'à me relâcher ! Qu'est ce que tu crois, que je vais aller tout balancer sitôt que je serais sortie d'ici ? Je suis assez bonne pour les secrets, tu n'as pas manqué de me le rappeler depuis toute à l'heure ! Alors puisqu'apparemment ma vue t'est si insupportable, fais moi sortir d'ici et ne t'en fais pas, je ne viendrai plus m’immiscer dans tes affaires, c'était une mauvaise idée, de toute façon ! Elle reprit son souffle un court instant, le fixa avec un regard noir. Elle ne voulait pas exploser de la sorte. Elle se redressa et reprit, toujours aussi énervée. Qui es-tu, à la fin ?!

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MessageSujet: Re: Our fugitive hearts & Emily Donovan Mer 12 Oct - 0:02