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CHAPITRE II - INTRIGUE IV - Shivers and flames

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Liam O'LoughlinRebels' leader
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MessageSujet: CHAPITRE II - INTRIGUE IV - Shivers and flames Dim 25 Sep - 22:19



Le 20 Septembre 1816


Au Golden Dragon, une des rares auberges encore ouvertes par les temps sombres qui se profilent à l'horizon, l'ambiance est plus morose qu'à la normale. Dix jours auparavant, les habitants de Bath découvraient que la barrière Est-Ouest était levée. Après un an de confinement, après avoir tout abandonné derrière soi et, par dessus tout, après la mort de milliers de personnes, voilà que tout rentrait enfin dans l'ordre... Mais personne ne semblait en mesure de se réjouir d'une pareille nouvelle. Ceux qui avaient du immigrer pendant l'épidémie ont passé des mois à se reconstruire dans une nouvelle ville, plus question aujourd'hui de repartir dans l'autre sens. Et s'il en était question pour certains, que pouvaient-ils espérer retrouver, de l'autre côté ? Des villages fantômes, des cimetières pleins ? Dix jours avaient suffi pour retourner la question dans tous les sens, et la majorité en étaient venus à la conclusion que rester à Bath était la meilleure des solutions. Cependant, d'autres préoccupations occupaient les esprits des citoyens de Bath. Les rumeurs ne cessaient de croître sur l'existence d'un groupe de rebelles, n'attendant que le bon moment pour frapper. Certains prétendaient qu'ils étaient déjà au contrôle de la ville. D'autres pensaient que l'incendie de l'Hôtel de Ville n'était pas innocent, malgré les protestations de la Milice.

Candice Walker, l'aubergiste, allait et venait entre les tables, une grande cruche de bière à la main, pour remplir le verre de ces clients. Elle adressait un sourire doux à certains, tapotait gentiment sur l'épaule d'autres. Les habitués de l'auberge la connaissaient bien, pour être une jeune femme affirmée, mais douce et chaleureuse. Ceux qui se trouvaient là ce soir par hasard ne pouvaient que reconnaître ses qualités d'hôte. Parmi ces personnes, se trouve Mr. Harold, un homme respectable, commerçant, installé à Bath depuis deux mois et amateur d'une bonne bière de temps en temps. Candice se penche au dessus de sa table pour le resservir, et surprend une bribe de sa conversation avec un autre homme, visiblement du même statut, mais que Candice n'a jamais vu ici auparavant. C'est sans surprise qu'elle découvre que leur conversation tourne autour des rumeurs sur les rebelles de Bath. Elle pose sa cruche sur la table, attirant par la même occasion l'attention des deux messieurs, et pose son poing sur sa hanche, un sourire aux lèvres.

- Voulez-vous connaître la véritable histoire de ces rebelles, messieurs ?

Les deux gentlemen restent surpris un moment, puis l'intérêt grandit dans leurs yeux. Aux tables voisines, les conversations se calment peu à peu, et bientôt une dizaine de personnes s'apprête à écouter le récit de la jeune aubergiste.

- Leur véritable histoire, messieurs, dépasse de loin ce que vous avez jamais pu entendre ou imaginer. Après une pause de circonstance, pendant laquelle elle s'assure que tout le monde est pendu à ses lèvres, Candice reprend son récit. Vous connaissez tous l'histoire de Grangetown. Voilà l'étincelle qui a démarré le brasier qui a consumé le pays, village après village, Hôtel de Ville après Hôtel de Ville... et qui le consume encore aujourd'hui. Quand les autorités de sa Majesté le Roi ont tenté d'étouffer les petits crimes des petites gens, ils ne pensaient pas un jour entendre résonner à travers les villes le cri de la vengeance. Le feu avait démarré. A présent, messieurs, laissez-moi vous raconter comment on vous a fait croire qu'il n'en restait plus que des cendres... Et comme, en vérité, il en reste des flammes plus grandes encore. Un frisson parcourt l'assemblée, sur laquelle pèse un silence attentif. Vous savez tous que notre Hôtel de Ville a brûlé. Mais savez-vous ce qui se trouvait sous le Town Hall, avant qu'il ne parte en fumée ? Vous ne vous êtes jamais demandé où s'étaient volatilisés les domestiques arrêtés pour leurs crimes ? Eh bien, je vais vous le dire. Sous le Town Hall se trouvait un réseau de cellules de prison, dans lesquelles on enfermait les rebelles. Oh rassurez-vous, pas pour longtemps... Ils avaient au maximum une semaine à passer là, dans l'indifférence générale, dans la terreur et dans la crasse avant d'être pendus haut et court, jusqu'à ce que mort s'ensuive. Vous ne le saviez pas ? Oh, c'est vrai que les affichettes placardées dans la ville par la Milice pour la demande de renseignements sur les rebelles étaient trop petites pour attirer votre attention... Voilà, sous le Town Hall, ce magnifique bâtiment, symbole suprême du pouvoir de la Couronne, se trouvait enfermée toute la vermine de notre ville. Bien confinée, bien rabaissée, à l'égo piétiné et sans le moindre espoir. Dans l'obscurité la plus profonde, avec la faim qui vous ronge l'estomac, la folie qui vous guette, et la peur de ne pas mourir tout de suite au bout de la corde... Devant les visages décomposés et apeurés de ces clients, Candice laissa peser le silence quelques secondes avant de reprendre avec satisfaction. Sa voix perdait ses accents doux pour devenir ferme, glaciale et effrayante au fil de son discours. C'est en pensant les anéantir à tout jamais que la Milice a donné juste ce qu'il fallait aux rebelles pour les sortir de là : un vide incroyable. Un vide qui ne pouvait être rempli que par une seule chose : la foi. Oh, je ne vous parle pas de foi divine, messieurs. Je vous parle de foi en eux-mêmes. Ils n'avaient pas d'armes ? Bien, ils allaient se servir de leurs corps comme de machines à tuer. Ils n'étaient pas libres ? Bien, ils allaient faire exploser chacun des barreaux et chacune des chaines qui les entravaient. Ils avaient quelque chose que la Milice n'avaient pas pu leur prendre, messieurs : leur nombre. Des centaines et des milliers de personnes, prêtes à ne faire plus qu'un pour une seule et même cause, prêtes à se regrouper, à se rebeller et à renverser le pouvoir par tous les moyens, prêtes à faire vivre l'enfer qu'on leur a imposé à toute personne se plaçant en travers de leur route. Prêtes à vous faire peur. Mr Harold manqua s'étrangler avec une gorgée de bière, ses yeux rivés sur Candice, qui continua son récit, imperturbable. Par une chaude nuit d'été, l'émeute a finalement éclaté au Town Hall. Un prisonnier a réussi à se libérer de sa cellule, se faisant le meurtrier de deux gardes à lui seul. Il aurait pu fuir en laissant derrière lui tous les autres, mais comme je vous l'ai dit, messieurs, à ce moment-là, tous les rebelles ne faisaient plus qu'un. Ils se sont tous libérés, ils sont venus à bout de la sécurité que la Milice avait mis en place. Et ils ont fini par tout brûler. Ils étaient des dizaines, des centaines, pour contempler cette première réussite. Et puis... Ils se sont dispersés, envolés dans le manteau épais de la nuit. Mais ils sont toujours là, quelque part, à rôder, à observer chacun de nos gestes, à s'informer sur nous et nos habitudes. Ils attendent le bon moment. Et un jour ils sortiront des entrailles de la terre pour dévorer ce qu'il reste de ceux qui ont tenté en vain de les détruire. Ce jour-là, les rebelles auront finalement leur vengeance !

Dans la petite salle chaleureuse de l'auberge planait désormais un froid terrible. On n'osa plus se regarder pendant une longue minute silencieuse, où seul le crépitement des flammes des bougies sur chaque table se faisait entendre. Mr Harold fut le premier a briser le silence, bien qu'il fut tout aussi ahuri et terrifié que les autres par le récit qu'il venait d'entendre.

- Vous voulez dire que les rebelles vont bientôt agir ? Fit-il d'une voix étranglée par un début de panique. Candice, qui avait gardé jusque là un sérieux à toute épreuve, laissa poindre un sourire narquois sur ses lèvres, puis finit par éclater d'un rire franc et bruyant.
- Mais enfin, messieurs, si vous voyez vos têtes ! Vous n'allez tout de même pas me faire croire que vous avez peur de quelques rumeurs, n'est-ce pas ? Alors, l'ambiance se détendit nettement, et chacun se mit à rire avec elle et à se resservir de bière. Néanmoins, on s'échangea des regards gênés, pour tenter tant bien que mal de dissimuler la peur panique qui nous saisissait le ventre à l'idée que, quelque part, les rebelles étaient bien là, prêts à agir.

Quelques heures plus tard...

Candice échangea quelques politesses avec son dernier client, puis ferma la porte de l'auberge derrière lui. Elle se dirigea vers les petites fenêtres de la salle, et en ferma soigneusement chaque volet. On ne sait jamais, pensa-t-elle dans un sourire amusé, des fois que les rebelles prennent le Golden Dragon pour cible...
Puis elle souffla sur la flamme de chaque bougie de la pièce, pour la plonger dans le noir, à l'exception d'une petite lanterne, dont elle s'empara pour se diriger vers une petite porte au fond de l'auberge, qui menait aux cuisines. Là, elle prit soin de fermer la porte derrière elle, puis alla directement au fond de la cuisine pour ouvrir une seconde porte, qui donnait sur un escalier étroit et aux marches inégales, menant à la cave de l'auberge où Candice gardait ses réserves de nourriture, de vin et de bière. Une fois dans la cave, la jeune aubergiste déposa sa lanterne sur une petite table bancale dans un coin de la pièce sombre et humide.