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Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy

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MessageSujet: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Mer 30 Mar - 2:27

Les heures passaient, longues, sans fin. Elle avait arrêté de les compter : y penser ne faisait que les rallonger. A la place elle soupirait, encore et encore, presque aussi régulièrement que le "tac tac" de cette horloge qu'elle maudissait à chaque foutu heure qui sonnait. Le temps s'écoulait, ralentissant toujours plus, et lorsqu'enfin elle parvenait à l'oublier et qu'il reprenait un rythme normal, ce carillon de malheur venait percer ses oreilles sensibilisées par le silence de la chambre dans laquelle elle se terrait pour lui rappeler qu'il continuait de filer sans qu'elle n'ait aucune emprise dessus, comme elle n'en avait plus sur rien du tout. Alors les secondes ralentissaient de nouveau et elle se remettait à broyer du noir.

Dormir aurait pu être une solution ! La plus parfaite même car c'était évidemment l'idéal pour laisser filer le temps sans même s'en rendre compte ! Bien sûr que cela l'effrayait car alors elle voyait sa jeunesse s'enfuir avec sa beauté sans qu'elle n'ait la force de rien y faire... Simplement savoir qu'elle laissait tout filer était toujours préférable au fait d'y assister. Mais la facilité lui était refusée... Elle était piégée dans un cercle vicieux qui lui refusait tout simplement le bonheur. Tout avait commencé par un meurtre... Elle avait crut à un moment que les choses s'arrangeraient et puis... Tout avait empiré. Un affreux crescendo qui avait détruit sa vie. Elle l'avait rencontré à nouveau, plus intriguant que jamais, l'effrayant parfois par l'imprévisibilité de ses actions, la laissant d'abord pantoise par la rapidité de son départ puis la terreur refaisant surface en comprenant que peut-être qu'au final elle ne l'avait pas si bien compris que cela, qu'elle l'avait simplement énervé... Mais s'il n'y avait eu que ça ! Oui, un homme capable de tuer de sang froid la sachant témoin de l'un de ses meurtres (car avec un regard si vide, comment ne pourrait-il n'y en avoir qu'un ?), cela passe encore n'est-ce pas ? Non, il fallait qu'en plus de cela, elle perde le seul être jamais réellement aimé ! Il fallait qu'il la pense violée, déflorée (c'était le cas mais le fait qu'il puisse l'imaginer alors qu'elle n'avait rien fait cette fois-là... !), sa réputation ruinée à jamais ! Un tueur à ses trousses et l'espoir d'un futur heureux envolé n'était pourtant pas encore suffisant pour ce cruel destin ! Il a fallu que la maladie ravage le pays, la précipitation, la peur, la nervosité... Âpre mélange qui emporta cette fois la beauté de son corps dévêtu en lui laissant une affreuse brûlure sur le ventre et le bras droit, ses regrettés parents trop lâchement abandonnés sans un au revoir il y avait de cela tout juste un an et surtout, son seul, son dernier rempart face au monde... Sa fierté et sa dignité.

Elle essuya du revers de sa main les quelques larmes qui s'échappèrent lorsque dix-huit heures sonnèrent. Bientôt elle allait devoir rejoindre son lit, affronter la nuit, les cauchemars, ou le sommeil si elle en avait le courage. Mais au fond, ces souvenirs douloureux qui ne la quittaient pas étaient-ils vraiment moins insupportables que ces cauchemars qu'elle ne cessait de faire ? Les deux étaient aussi invivables... Mais ce qui l'était encore plus était sa lâcheté face au suicide. Aussi se retrouvait-elle là, à souffrir, sans rien parvenir à y faire pour y remédier. Non ! Elle devait se ressaisir ! Ce n'était pas elle ça ! Son reflet dans le miroir n'aurait jamais dû ressembler un jour à ça. Et dire qu'elle s'était crue mal en point à Meryton, elle était encore bien loin du compte ! Elle ressemblait à une pauvre vieille fille, le teint terne et le regard vide, les joues creusées et les lèvres pincées !

Plus décidée que jamais depuis des mois, depuis son arrivée à Bath peut-être même, elle ouvrit son armoire et choisit une de ses si jolies toilettes (bien que rare tant elle avait pu emporter peu d'affaires) qu'elle avait arrêté de porter lorsque tout autour d'elle s'était écroulé. Elle la posa délicatement sur le lit et fit une longue toilette plus que méritée. Elle se coiffa soigneusement et se vêtit seule pour la première fois depuis un moment, ne regarda même pas ses brûlures pour la première fois depuis toujours. Dix-neuf heures sonnaient lorsqu'elle descendit les escaliers de l'auberge et en franchit le seuil, sans le moindre regard à toutes les têtes des habitués qui s'étaient tournées vers elle, surprit de la voit ainsi habillée.

La première chose qu'elle remarqua fut que le soleil lui brûlait les yeux et qu'elle n'était pas mécontente qu'il se couche. La seconde fut que le brouhaha de la rue lui perçait les tympans et résonnait dans sa tête comme des coups de massue. La troisième, non plus agréable, fut qu'elle réalisa qu'elle était si peu sortie qu'elle ne connaissait absolument rien de Bath. Aucune importance, cela aurait au moins le mérite de laisser un peu jouer le hasard. Peut-être que pour une fois, il se montrerait clément ! Elle avança donc d'un pas fier et décidé, le plus à l'ombre possible, et s'éloigna autant que faire se pouvait des plus grosses foules. Elle voulait bien faire un effort mais de là à en oublier sa paranoïa et sa migraine toute fraîche, il ne fallait pas abuser. Elle arriva rapidement à un petit parc qui lui semblait plutôt mal éclairé et très peu fréquenté. Ce serait parfait ! Elle poussa le portail, non pas le sourire aux lèvres car elle en était encore loin mais au moins satisfaite que le destin ait fini par se montrer un peu plus gentil avec elle... Jusqu'à ce qu'elle remarque.

Des tombes. Des tombes encore et encore ! Il y en avait partout ! Un cimetière ! C'était donc ça que le hasard lui avait accordé ? Elle se mit à arpenter rapidement les allées, affolées par tous les noms qui s'étendaient devant elle. On lui refusait sa mort mais on lui étalait celle des autres devant les yeux ? Il ne manquerait plus qu'elle reconnaisse l'un des noms ! L'idée lui traversant tout juste l'esprit, elle plaqua ses mains sur ses yeux et partit en courant. Ajoutée à cela sa maladresse légendaire et vous devinerez qu'elle aura tôt fait de s'écrouler au sol. Seulement, ce ne fut pas la terre que son visage heurta de plein fouet mais un corps. Écartant un doigt, puis deux, elle releva la tête sur la pauvre homme qu'elle venait de percuter de plein fouet... Et faute d'être tombée en avant, s'écroula de peur en arrière.

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Timothy DennakerUntouchable
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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Lun 11 Avr - 1:43


Elle levait les yeux, voulut s'excuser, mais comment prononcer le moindre mot quand le visage qui la hante depuis des mois lui apparait tout à coup plus proche et haineux que jamais. Elle le sent, il est prêt à la frapper, n'est-ce pas ce dont elle rêve ? Être battue à mort et qu'enfin le cauchemar prenne fin ? Non, elle a beau dire, elle tient trop à la vie, alors la terre s'écroule et elle tombe à la renverse, juste le temps d'être aveuglée un instant par le reflet du soleil sur un couteau. Tout va prendre fin ici, maintenant, ses paupières se ferment, de soulagement, de terreur, elle ne veut voir la lame s'approcher, elle risquerait de crier, elle ne lui fera pas se plaisir, pas de peur... Mais elle ne peut non plus juste fermer les yeux et se laisser porter par la fatalité de son destin. Ce n'est pas elle. Ce n'est pas Crystal ! Aujourd'hui, elle a décidé que tout serait différent, alors quoi qu'il en coûte, ce sera le cas.

Elle rouvrit ses yeux, une nouvelle lueur de détermination y dansant, mais ce qu'elle vit alors fut bien différent de ce à quoi elle s'était attendue. Il souriait, et bien qu'elle eut du mal à détacher son regard de ces lèvres que jamais elle n'aurait cru voir ainsi sourire en cet instant, elle parvint à le couler vers sa main dans lequel toute trace de couteau avec disparu. Mais elle se souvint alors, ses rires froids, ses sautes d'humeur, il aura tôt fait de reparaître alors autant rester prudente... Et pourtant. Il est là, à lui sourire, à lui parler presque comme à une amie. A leur tour, ses lèvres s'entrouvrent de surprise. Ainsi donc son heure ne serait pas venu ? Elle se serait laissé dépérir tous ces mois dans la crainte d'une rencontre qui finalement n'avait pas l'air de lui apporter tous les "désagréments" auxquels elle se serait attendue ? Elle se sentait plus stupide que jamais... Mais voilà qu'il se baisse, tend la main, la faisant sursauter. Se serait-elle réjouie trop vite ? Elle se sentit plus idiote encore, il l'aidait à se relever... Se serait-elle finalement endormie dans sa chambre ? Se pouvait-il que pour une fois, le cauchemar tarde simplement à arriver ?

Surprise, sans le quitter des yeux tout de même pour tenter d'y déceler la lueur qui lui signalera la fin, elle attrape sa main, noue ses doigts aux siens, et se relève rapidement. Elle jette un regard rapide à leurs mains, troublée, ne croyant pas que telle chose ait pu un jour arriver, puis la récupère et la cache dans son dos, étirant ses doigts une fois, puis une deuxième, comme pour effacer cette étrange sensation qui perdure. Elle fixa de nouveaux ses yeux, ceux-là même qui hantaient ses rêves depuis tant de mois. Ils étaient toujours aussi vides, aussi inexpressif, contrastant plus que jamais avec le sourire qu'il lui offrait et qu'elle se trouvait bien incapable de lui rendre. Elle tenta de lui répondre, referma rapidement la bouche. Que lui dire alors qu'elle se rendait compte à quel point elle avait laissé sa vie s'échapper dernièrement pour rien ? Il lui avait bien dit qu'il ne la tuerait pas, pourquoi s'en faire à ce point ? Sans compter que depuis qu'elle avait quitté Meryton, plus personne ne savait où elle avait bien pu disparaître, lui compris surement.

Elle détourna le regard, gênée de constater qu'elle l'avait dévisagé un certain moment sans lui répondre. Que faisait-il ici ? Que faisait-elle ici ? Pourquoi avait-il fallu qu'elle le revoit un jour ? En un tel lieu en plus. L'isolement semblait être de mise à chaque fois qu'elle l'apercevait, à son plus grand malheur. Elle essuya ses mains moites sur ses jupons et ignorant le battement irrégulier de son coeur qui semblait vouloir s'échapper elle décida de reprendre les choses en mains. Elle ne pouvait rester là à ne rien dire, craignant un passé qui n'avait de toute évidence nul raison de l'être. S'il avait voulu lui faire du mal il l'aurait déjà fait, dans la grotte, à Meryton, lorsqu'elle l'avait percuté. Elle déglutit difficilement, chassa de son esprit les images sanglantes que des mois de cauchemars avaient rendu omniprésentes même lorsqu'elle était réveillée et se décida enfin à parler.

- J... Je suis désolée, je ne regardais pas où j'allais. Le cimetière m'a un peu effrayé. Lui avouer qu'être ici la terrifiait, très bonne idée oui. En fait je me suis perdue je n'imaginais pas arriver ici... Encore mieux, maintenant il savait que personne n'était au courant du lieu où elle se trouvait et surtout qu'elle ne pourrait s'enfuir, ne sachant quelle direction prendre. Une chose à ajouter ? Je n'aurais cru vous revoir un jour...

Passe encore, mais il allait falloir relever le niveau après lui avoir révélé que s'il avait décidé de commettre le meurtre parfait, tous les éléments étaient réunis en cet instant. Alors, décrochant son regard de ses pieds, elle releva la tête et tenta de lui sourire. Le mélange avec son regard apeuré était des plus étranges mais pourquoi pas... Aujourd'hui, elle était courageuse, aujourd'hui, elle ne se contentait plus de regarder sa vie passée, aujourd'hui, tout changeait. Déterminée, elle redressa la tête elle lui offrit un sourire un peu plus large. Bon pas tellement, c'était finalement plus difficile qu'elle ne l'aurait cru. Mais au moins, elle avait un peu moins peur. Après tout, et si tout ce qu'elle avait cru l'autre fois n'était pas si fou que ça ? Et si elle n'avait pas eu si tort en pensant qu'il y avait vraiment quelqu'un derrière tout ça ? Et si le sourire qu'il lui offrait était sincère ? Ces derniers mois, tout n'avait été que cauchemar, peut-être que finalement, la réalité était moins moche ?

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Dim 1 Mai - 23:00


Son coeur battait à tout rompre, ses jambes tremblaient, la tête lui tournait, elle perdait pied. Qu'est-ce qui l'avait mené ici, dans ce cimetière, avec lui. Comment en était-elle arriver là ? Alors qu'elle avait perdu le sommeil par sa faute depuis des jours, des semaines, des mois, si ce n'était une année peut-être, voilà qu'elle se retrouvait seule en sa compagnie, à tenter de lui sourire plutôt que fuir, à essayer de s'expliquer l'origine de cette boule au ventre. Elle l'aurait nommée peur ce matin même, mais tout était différent en sa présence, et pire, tout était amplifiée. Ce courant qui avait traversé ses mains lorsqu'il l'avait relevée, cette nervosité à sentir son regard la scruter sans fin et cette chaleur sur ses joues, cette boule au ventre... Elle refusait la peur, lui tournait le dos, il ne la tuerait pas, elle en était certaine. Alors qu'était-ce ? Elle n'aurait sur le dire, ne savait plus rien en fait. Ou plutôt si, elle était convaincue d'une chose : il la troublait. Il la troublait plus que jamais, plus que quiconque. C'était pour cela qu'elle ne pouvait partir finalement... Elle pourrait tenter de convaincre n'importe qui que c'était parce que jamais il ne l'aurait laissé prendre la fuite, elle ne pouvait se mentir ainsi à elle même. Cette étrange fascination qu'elle avait développé à son sujet et qui avait tendance à se muter en une profonde terreur lorsqu'elle ne l'avait pas près d'elle était l'unique origine de l'étirement craintif de ses lèvres, de ses mains moites, du fait qu'elle ne bougea pas lorsqu'il tendit sa main...

Elle l'observait, tentait de soutenir son regard, sans le défier pour autant. Elle continuait simplement de chercher, de fouiller son âme au travers de ces yeux qui la transperçaient avec plus d'intensité que jamais. Elle le soutint autant que possible, mais lorsqu'il leva sa main vers son visage elle ne le put plus longtemps. Son sourire disparut alors que ses lèvres se muaient en une petite moue craintive. Non c'était impossible, tout comme elle ne pouvait se mentir sur le fait qu'elle ne fuyait pas parce qu'elle ne le pouvait, elle ne le pouvait sur la disparition de sa peur, car elle était toujours là, l'oppressant, lui bouffant les tripes, la faisant trembler comme une feuille à chacun de ses mouvements. Elle suivit le parcours de ses doigts jusqu'à son visage, imaginant au fur et à mesure mille possibilités, mille sortes de brutalités, de la gifle à l'étranglement en passant par une poussée violente au sol ou un nouveau baiser arraché contre lequel elle ne pourrait luter des causes d'une étreinte trop puissante.

Ce qu'il fit en revanche... Elle s'était pétrifiée, l'expression seule de son visage ayant évoluée peu à peu de la peur à... la surprise. Ce n'est pas la brutalité d'un choc qui vint percuter sa joue, mais la douceur d'une caresse inattendue, la chaleur de ses doigts sur ses pommettes fraîches. Ses lèvres s'entrouvrirent alors que son regard cherchait de nouveau le sien. Il recommençait, comme la dernière fois, il était doux avec elle, plus que bien des hommes qu'elle avait rencontré qui pourtant eux se disaient gentlemen. Il la sermonnait, comme s'il s'inquiétait pour elle, la fixait plus intensément que jamais. Désirerait-il voir directement son âme qui ne l'aurait observé autrement... Alors elle ne le repoussa pas, goûta même à cette douce sensation, la plus agréable depuis qu'elle avait quitté Meryton lui sembla-t-il.

- J'ai été assez préoccupée dernièrement... Mais ça va mieux maintenant, je crois.

Il n'était plus un tueur sans pitié, quelqu'un capable de l'agresser à tout moment. Il n'était plus qu'un pauvre homme dont plus personne ne s'était réellement soucié depuis trop longtemps. Quelqu'un que tout le monde avait trop craint ou réprimander sans jamais chercher à comprendre "pourquoi" il en était arrivé là. Il n'était plus qu'un homme malheureux, et finalement le seul à vraiment la voir.
Mais de nouveau tout changea. La brusquerie revint, il l'attira à lui et... Et rien. Elle retint presque un sourire alors qu'elle sentait ses bras l'enlacer. Il voulait juste... Un câlin ? Elle était d'abord restée immobile, incapable de bouger sur le coup de la surprise et puis elle sentit ses bras trembler autour d'elle, elle capta une fragilité que jamais encore elle n'avait deviné dans son murmure, dans les paroles qu'il lui dit. Alors, lentement, comme pour ne pas l'effrayer autant que pour qu'elle même réalise l'ampleur du geste qu'elle s'apprêtait à faire, elle s'avança plus contre lui et vint poser la tête sur le haut de son torse.

- C'est humain, d'avoir peur, mais je suis là maintenant... alors je t'en prie, pour toi, ne me repousse pas...

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Mar 3 Mai - 2:12


"Tic tac". Une fois de plus elle laissait le temps passer, lentement, rapidement, elle n'en avait la moindre idée, mais de nouveau, elle le laissait s'échapper sans plus s'en soucier. Mais les choses avaient changé ! Cette fois, elle le choisissait plutôt que de le subir. En fait, pour la première fois depuis des mois, elle se sentait bien. La chaleur de son corps sur sa joue, ce sentiment de protection au creux de ses bras... Le temps filait, sans qu'elle n'ait pourtant plus envie de le retenir. Ses pensées défilaient, l'alertaient du danger qu'elle encourait à rester là, avec lui. Elle n'était pas en sécurité dans ses bras, c'était même tout le contraire ! Quelle importance ? Si son esprit était dérangé, son coeur n'avait pas été si calme depuis des mois. Il ne l'avait pas rejeté, c'était la seule chose qui l'importait. Elle ferma les yeux, l'entoura de ses bras, et rejeta dans un coin de son esprit toutes ses pensées négatives.

Il avait fini par se calmer, s'arrêter de trembler, alors elle sut qu'elle avait raison de ne plus le craindre, qu'elle ne regretterait pas son geste. Tout ce dont il avait besoin, c'était d'un câlin ! Une étreinte, une seule, pour toutes les blessures qu'il avait subi. Quelques minutes d'amour pour toutes les fois où il s'était senti seul et incompris. Elle avait été stupide et égoïste, et ce traumatisme qu'elle s'était efforcée d'entretenir depuis des mois n'était que la preuve d'un égocentrisme démesuré qu'il l'avait poussé à ignorer les raisons qui pouvaient pousser un homme à commettre l'irréparable. S'il n'avait toujours connu que haine et violence, comment aurait-il pu en être autrement ? Mais cette fois elle était là, et leur enlacement qu'il ne se décidait à rompre alors que finalement ils ne se connaissaient même pas était la plus évidente des preuves qu'il était un besoin commun à tous que jamais encore personne ne s'était décidé à combler chez lui. Ce... meurtre, aussi effroyable et terrifiant fut-il pour elle, résonnait à présent comme un appel à l'aide désespéré. Ce n'était pas un homme qu'il avait tué, mais son reste d'humanité qu'il avait tenté d'exterminer.

Mais il avait échoué, car en cet instant il était plus humain que n'importe qui d'autre. Elle pouvait le sentir jouer avec ses cheveux. Elle pouvait imaginer ses yeux brillants qu'il tentait de cacher au monde. Elle pouvait deviner qu'il nierait toute trace d'humanité en lui, car finalement, cela l'effrayait tout simplement. Mais le monde entier n'a-t-il pas peur ? Sa voix, son souffle chaud agréable, la ramena à la réalité. Oublier quoi ? Il l'écarta de lui, retour plus brutal sur terre, la fraîcheur moins douce que ses bras l'entourant, mais elle retint un regard de reproche, plutôt intriguée par ce qu'il disait.

Alors elle sourit, intérieurement du moins. Elle l'avait deviné. Son regard ne lui faisait plus peur, mais elle n'en dit rien et retient l'étirement de ses lèvres de toutes ses forces. La terreur qu'il infligeait aux autres était sa seule protection, elle ne voulait pas la lui retirer, plus tard peut-être, mais il s'était déjà tellement ouvert... Elle fixa ce regard qui lui avait valu tant de cauchemar, l'oublia en sentant ses mains sur ses épaules la retenir, ne pas s'approcher à nouveau peut-être, de ne pas fuir certainement. Elle ne répondit en revanche, pas cette fois. Elle avait déjà bravé les limites avec lui, les avait sans doute dépassées plus d'une fois même, mais il était trop à découvert... Si elle le lui avoué, si une fois de plus elle mettait le point sur cette touche de faiblesse qu'elle devinait chez lui, peut-être qu'il ne s'ouvrirait jamais plus ! Peut-être qu'il laisserait la violence reprendre le dessus... Elle scella ses lèvres et attendit, n'acquiesça ni ne nia ce qu'il lui dit, il savait déjà ce qu'elle en pensait... Et ne le regretta pas.

Il vint de nouveau contre elle et sa vulnérabilité la toucha une fois de plus. En sentant son front sur une partie de son épaule dénudée, elle pouvait sentir sa peau brûlante, peut-être trop même. Avait-il de la fièvre ou était-elle plus fraîche qu'elle ne l'aurait cru ? La première possibilité lui apparût clairement la bonne quand il lui dit avoir froid, et elle le regretta en un sens. Si c'était bien cela, peut-être ne s'était-il donc pas "confié" à elle pour les bonnes raisons, peut-être que seule sa température était à l'origine de tout ça ? Elle préféra ne pas y penser, et prit sa tête dans ses mains, pour la redresser face à elle. Il était comme... un enfant. Un enfant seul, perdu, et malade. Elle lui sourit tendrement et l'amena à s'asseoir sur une pierre tombale juste à côté d'eux.

- Vous êtes brûlant... Je peux faire quelque chose ? Peut-être désirez-vous que je vous raccompagne ?

Elle le regarda, aimablement, pour la première fois certainement. Elle s'inquiétait sincèrement pour lui en fait. D'un geste tendre, elle retira les quelques cheveux qui s'étaient collés à son front, reporta son regard sur le sien... Il avait les yeux rouges, les pupilles dilatées, elle le voyait mieux maintenant qu'elle était si près. Et puis tout à coup... Elle repensa aux tremblements, à son comportement inhabituel... Et ses yeux. Quelle idiote ! C'était un meurtrier, toujours le même que dans cette grotte il y avait des mois. Elle s'était laissée toucher, avait eu de la peine pour lui ! Alors qu'il n'avait peut-être plus conscience de rien mis à part du fait qu'il manquait de... Elle retira sa main et se releva vivement. Sa voix n'eut plus rien de tendre et de compatissant. Elle fut distante, vexée, et de nouveau effrayée, mais d'elle cette fois. Elle s'en voulait mais avait surtout peur d'elle. L'espace d'un instant, s'était-elle réellement attaché à lui ?

- Vous n'êtes pas malade n'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Ven 6 Mai - 1:12


Il la repoussa, forcément, comme si tout allait être tout de suite simple avec lui... Mais non, ce n'était pas que cela. Il ne se contentait pas de la rejeter, en fait, il ne l'avait jamais accepté. Cette belle illusion qui l'avait bercée le temps d'une étreinte n'était plus qu'un nouveau souvenir dont elle pourrait avoir honte, une nouvelle chose à regretter quand elle serait seule dans sa chambre à attendre que le temps passe. Tout ce qu'il veut, c'est se droguer. Il planait, il planait tellement haut qu'il l'a emporté avec elle, voilà tout, mais c'est fini. Il est redescendu, il tremble, et de nouveau, il la rejette. Alors Crystal aussi redescendit sur terre. Un retour brutal à la réalité, trop brutal, qui la poussa à s'éloigner. Elle ne s'en rendit pas compte, c'était le choc, le fait de réaliser... Comment supporter sa présence si près d'elle après ça ? Si ça se trouve il ne planait même pas il se moquait simplement ! D'une minute à l'autre il va rigoler ! Oui, dans un instant...

Mais il ne rigola pas. Il était simplement là, assis face à elle. Il ne bougeait pas, et pire encore, il semblait plus vulnérable que jamais. Et alors ? Tout ça n'était qu'un mensonge ! Un mensonge qui n'a duré qu'une minute ! La vérité elle la connait, elle lui donne la migraine depuis des mois, l'empêche de dormir ! Lui n'est qu'un foutu drogué meurtrier qui l'effraye et lui fait faire des choses idiotes ! William Shatterney. Oui, voilà un homme avec qui elle serait vraiment bien, qui pourrait la serrer dans ses bras sans qu'elle ne craigne que ce soit l'effet de quelque drogue. Sauf qu'il n'est pas là, il n'est plus là ! Lui est là. Et Lui ne la fuit pas. Il ne rigole toujours pas, mais une minute a bien dû passer ? Bien au contraire, il semble réellement mal. Chaque seconde qui passe semble le tuer un peu plus, et elle, elle ne peut partir. Elle voudrait crier, courir, n'importe quoi, mais elle reste simplement sur place, figée, à le fixer. Il ne prétendit pas être malade, il ne lui mentit pas... Pourquoi s'acharnait-elle à le penser menteur à chaque seconde ? Lui avait-il seulement déjà menti ? Oui ! Non...

Et puis... Enfin il s'agite, autrement que par ces tremblements qui la pétrifient. Il saisit sa main, il... Ses yeux s'embuèrent un instant, elle était perdue, foutrement perdue. Pas seulement dans ce cimetière, mais ici, face à lui, dans sa tête. Elle regarda leurs mains, nouées à nouveau, et ses lèvres s'entrouvrirent de surprise. Elle ne serrait pas la sienne, mais lui tenait la sienne comme si elle était la dernière chose qui comptait. Elle comptait... Elle releva la tête vers lui, lentement. Il était pâle, transpirait, autant que ses doigts étaient moites d'ailleurs. Il semblait prêt à s'effondrer mais la seule chose qui l'importait était de ne pas lâcher sa main ? Elle sentit une larme s'échapper, puis une seconde... Que faisait-elle encore ici ? Il était faible ! Elle pourrait bien en finir de ce cauchemar ici et tout de suite ! L'achever, enfin ! Mais elle n'est pas une meurtrière... Alors fuir ! Trouillarde, ça elle l'est ! Mais ses jambes ne réagissait toujours pas...

Combien de temps qu'elle le fixait ainsi ? Il tremblait, il semblait frigorifié, et sa main toujours dans la sienne. Alors sans qu'elle ne s'en rende compte, sans qu'elle ne réalise son geste elle tourna sa main, et serra la sienne en retour. Lentement, le sang se remit à circuler, son cerveau se remit en marche, mais à l'envers semblait-il. Elle faisait tout l'inverse de ce que sa conscience lui dictait. Elle fonçait dans la gueule du loup, et le faisait car elle en avait envie. Ses pieds reprirent vie à leur tour, mais pas pour courir car elle revint s'asseoir près de lui. Et puis tout commença à s'accélérer car alors elle réalisait qu'il était vraiment mal, mais que rester signifiait l'aider. Elle ne lâcha pas sa main, ne voulait lui donner l'impression de l'abandonner ni n'aurait pu s'y résoudre mais de l'autre se mit à le fouiller tant bien que mal. Elle même ne comprenait pas bien ce qui lui prenait, simplement elle suivait son instinct jusqu'à... Elle La trouva, La sortit de sa poche... C'était bien cela donc... Elle continuait de pleurer, en silence, mais elle avait décidé de rester, c'était sa faute ! A qui d'autre s'en prendre sinon à elle d'être une aussi parfaite idiote ! Elle La regarda un instant, puis son regard se posa sur leurs mains toujours nouées, puis sur son visage, d'une blancheur effrayante... Elle aussi tremblait, mais elle avait fait son choix en revenant s'asseoir...

- Qu'est-c... Comment...

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Mar 10 Mai - 0:47


Crystal le sentait, près d'elle, tout à côté. Elle sentait ses tremblements aussi bien que si cela venait d'elle... Mais peut-être est-ce le cas après tout ? Elle ne sait pas, elle ne sait plus. Tout se mélange, sa vue se brouille, elle doit avoir l'air aussi perdu que lui... A la différence que le seul manque qu'elle ressent en ce moment est celui du réconfort de ses bras. Était-ce réellement il y a quelques minutes à peine ? Pourquoi tout avait dû changer si vite ? Comme la vie était cruelle avec elle ! Des mois de malheur pour une minute de réconfort, une seule ridicule foutue minute avant une nouvelle descente aux enfers ? La crise de panique la guettait, ou peut-être était-elle déjà là ? Elle ne sait pas. Était-elle réellement encore assise à ses côtés ? A-t-elle abandonné, pour la première fois de sa vie, la facilité, pour un homme qui se fiche peut-être totalement d'elle ? Elle ne sait plus.

Et puis son regard divagua vers la seringue, alors tout revint, tout devint plus clair. Comme une chute, violente, brutale. Finis ces quelques secondes bénites où elle s'était trouvée comme anesthésiée... Elle sut que sa vue brouillée n'était due qu'à ses larmes, qui coulaient, sans fin, depuis combien de temps déjà ? Ces tremblements, siens malheureusement. Mais depuis quand tremblait-elle, et pourquoi ? De peur ? De tristesse ? Les deux... Essayait-elle de se donner des airs en jouant la courageuse en aidant un meurtrier qui avait toutes les raisons du monde d'en vouloir à sa vie ? Fuir, fuir, elle n'était bonne qu'à ça ! Alors pourquoi était-elle assise et incapable de se relever ?

Ses yeux se détachèrent de l'aiguille pour se poser sur son visage. Il était pâle, livide même, des gouttes de transpiration perlaient partout sur son front, sa mâchoire était crispée, il tremblait, et pourtant semblait tout faire pour se retenir ! Dans quel état était-il là ! Encore hébétée, effrayée, ne réalisant qu'à moitié ce qu'elle tenait en main, elle se mit à le détailler. Leurs mains, toujours nouées, plus que jamais. Cette sensation, cette chaleur... C'était comme une ancre qui la retenait sur terre, une raison de ne pas fuir, un rappel à cette étreinte qui lui manquait déjà. Elle comptait pour lui, c'est pour cela qu'elle était courageuse... Et puis son regard coula sur son autre main, ce poing qu'il serrait avec tant de force ! Elle s'en étonna car il ne lui semblait pas qu'il serrait sa main si fort... Alors elle prit l'ampleur des choses, et du contrôle qu'il devait s'efforcer d'exercer pour ne pas craquer face à elle. Aucun mot plus haut que l'autre, aucune violence, aucune hâte... Tout cela, était-ce réellement pour elle ? Pourquoi ?

Et puis de nouveau tout bouge, elle perd la notion du temps. Combien de temps à le fixer ? Une minute, deux peut-être, ou tout juste quelques secondes ? Mais son poing n'est plus là, il est juste sous ses yeux, s'affairant sur son autre bras. Elle ne peut le quitter des yeux alors que les tremblements ne semblent plus un problème. En une seconde, il a déchiré sa chemise et entouré son bras. Ca non plus, elle ne peut le comprendre, mais que comprend-elle vraiment à tout ça après tout ? Et puis de nouveau la douceur, une caresse... Un instant elle est de nouveau Crystal, cette jeune demoiselle désirée à qui on ne refuse la tendresse ! Mais son ancre la ramène ici bas, car il est trop tard pour fuir à présent... Est-ce pour cela, les larmes ?

Tout est dur, incompréhensible, et sa deuxième main, sa deuxième main... Il la tient aussi, la guide, lentement, mais si rapidement à la fois ! Elle veut hurler, tout lâcher, courir, vit et revit le scénario dans son imagination, et pourtant rien ne change. A chaque fois qu'elle cligne des yeux, c'est toujours leurs mains enlacées autour de cette seringue qu'elle voit. Magnifique ? Terrifiant ? Les deux, et tendre aussi lorsqu'elle sent ses lèvres se rapprocher et se poser sur une de ses larmes... Si seulement il n'y en avait qu'une ! Il lui parle de courage, mais elle est si lâche ! S'il savait pourquoi elle pleurait ! Elle a été intime avec bien des hommes, mais jamais à ce point lui semble-t-il... Et c'est affreux, car de cette proximité, elle ne ressent que sa vulnérabilité ! Comment peut-il parler de courage alors même qu'elle n'a jamais eu si peur de sa vie ? La seringue dans sa paume, ses mains autour des siennes, ses lèvres près de son oreille, et tout le reste !

C'en est trop, c'est assez, elle veut fuir, elle doit fuir ! Son coeur et sa respiration s'accélère, la crise de panique est là. Elle ne peut rester une seconde de plus, c'est impossible ! Elle ne le peut simplement pas ! Comment le pourrait-elle alors que jamais elle ne s'est sentie aussi mal de sa vie ! Comment le pourrait-elle alors qu'elle vient d'enfin planter cette foutue aiguille dans son bras, que pour qu'il se sente bien, elle vient de tuer la dernière part d'innocence qu'il lui restait ?

Et puis enfin, ses muscles se relâchent, les larmes cessent, et l'obscurité vient s'emparer d'elle alors que lentement, elle glisse au sol. Finalement, elle a réussi à fuir...

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Sam 14 Mai - 20:33


Tout est plus calme dans cette obscurité. Derrière ces paupières closes, il n'y a pour une fois plus une pensée sombre, plus de souvenirs désagréables. Depuis combien de temps cela n'était plus arrivé ? Ce n'est même pas tant que les visions y sont plus belles, en réalité, tout à un goût de néant... Mais c'est tellement plus agréable que tout ce qu'elle a pu voir ces derniers mois ! Est-ce dont là la libération tant attendue ? Non certainement pas, tout serait alors trop facile, mais ce silence n'est pas déplaisant... Elle ne dort plus totalement, ne se souvient plus avoir dormi... En cela aussi elle est apaisée. D'habitude, elle se relève d'un coup, hurle, ou reste blottie pendant des heures sous ses couvertures, terrifiée. Ne plus se rappeler de rien vaut mieux que le souvenir de cauchemars ou d'une sombre nuit interminable sans trouver le repos.

Et puis cette douce béatitude commence à s'estomper, comme à chaque réveil. Lentement, elle redescend de son petit nuage paisible et laisse ses pensées s'éveiller. Alors forcément les questions finissent par arriver, s'imposer d'elles-mêmes. Elle s'agite, fronce les sourcils, que s'était-il passé ? Par bride, la mémoire lui revint. Sa chambre d'hôtel, le son insupportable de cette horloge... Et puis la rue, le cimetière... Lui ? Oui, elle l'avait vu ! Une étrange sensation au creux du ventre, l'impossibilité de dire si c'est agréable ou pas; les deux en fait. Il y a la peur, et il y a ce réconfort... Dans ces bras. L'a-t-elle réellement enlacé ? Comment se fait-il qu'elle y ait pris un quelconque plaisir ? Et puis... La rage, la peur, beaucoup de peur surtout, mais pas la même que d'habitude. Ce n'est pas la peur de mourir, pas dans le sens où on l'entend du moins, car au fond il y a bien un peu de cela. C'est simplement que cette fois, sa mort ne la transperce pas d'une larme, ne vient pas de la main d'un inconnu... Celle-là, elle se l'inflige elle-même en enfonçant la pointe de cette seringue dans son bras.

Tout était revenu à la normale. Son sourire paisible avait disparu pour laisser place à ses affreux tourments quotidiens. Elle se rappelait tout, jusqu'à cet instant, qui lui manquait déjà tant, où un trop-plein d'émotion avait fini par avoir raison d'elle et l'avait plongé dans ce sommeil si profond que rien n'avait pu l'en déloger avant plusieurs heures. Elle y avait été si bien... Mais quelque chose manquait. Où était-elle ? Cette fois elle était parfaitement réveillée, mais n'osait pas rouvrir les yeux. Elle s'était évanouie à côté de lui, dans le cimetière... Se pouvait-il qu'il l'ait abandonné là, après qu'elle lui soit pourtant venue en aide ? Ou l'aurait-il ramené ? Au fond, elle ne savait trop ce qu'elle aurait préféré, au fond il restait... Lui. Ce tueur, d'homme, et d'âme maintenant. Mais il était aussi cet homme qui avait su la prendre dans les bras, lui faire sentir qu'elle était importante. Qui était-il ? Oui le réveil était bien là, et toutes les questions qui arrivent avec aussi...

Mais il y avait trop de questions et bien peu de réponses. N'avait-elle pas décidé de se reprendre en main ? Oui, elle n'arrêtait pas d'essayer de s'en convaincre, et ne faisait finalement rien pour. Elle pourrait bien se trouver toutes les excuses au monde, le fait était qu'elle était là, plus tourmentée que jamais, et qu'elle ne faisait rien pour y changer quelque chose. Pourquoi n'ouvrait-elle pas les paupières? Elle avait peur, peur de découvrir l'endroit où elle était... Elle savait bien que ce n'était pas le cimetière, elle ne sentait pas le sol sous elle, pas de vent sur son visage. Mais où alors ? Couchée sur le côté, elle ouvrit enfin les yeux, lentement, timidement. Au fond, elle espérait ne voir qu'un mur ou une pièce vide, mieux encore, sa propre chambre... Mais elle devrait bien savoir que la chance ne lui sourit jamais depuis le temps n'est-ce pas ?

Alors la première vision qu'elle eut, ce fut lui, immobile, la fixant. Aurait-elle ouvert les yeux dès son réveil qu'elle aurait sursauté, crié peut-être... Mais elle savait déjà qu'il était là, l'avait senti. Après avoir pris le temps de tout remettre en place, elle avait fini par s'y attendre... Et puis son regard pesait tant sur elle. Elle ne bougea pas, lui renvoya son regard. Il n'exprimait ni peur, ni colère, ni tristesse... Simplement elle le regardait. Il ne lui avait rien fait pendant son sommeil, elle en avait la certitude. Elle ne l'avouerait certainement jamais mais inconsciemment, elle commençait à avoir confiance en lui. Il ne lui avait jamais menti, jamais fait de mal, pas directement du moins, alors pourquoi en serait-il autrement ? C'est pour cela que pour une fois, elle n'eut pas envie de le supplier de l'épargner. Elle se ficha de savoir où elle était car de toute façon ça ne changerait rien. Non, il n'y avait qu'une chose qui importait...

- Qui êtes-vous?

Qui était cet homme capable d'à la fois ôter la vie devant ses yeux et lui donner le courage de tuer les restes de son innocence de sa propre volonté, le tout en lui donnant l'impression d'aller bien au creux de ses bras l'espace d'un instant ? Pour la première fois depuis des mois, elle ne voulait plus le voir comme « le meurtrier », « le drogué » ou encore « son cauchemar » ; pour la première fois depuis des mois, elle mettait de côté son ressenti et ses préjugés et voulait savoir qui elle avait réellement en face d’elle.

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Mar 17 Mai - 1:25


Sa réponse tomba comme un poids, lourde, et installa le silence. L'ambiance était pesante, cette fumée, son regard sur elle, elle suffoquait. Elle aurait voulu fuir, loin, tout oublier. Oui, se débarrasser une bonne fois pour toute de toutes ces pensées lugubres, de cette peur, de cette impression d'étouffement, de lui. Mais non... Non, c'est ce qu'elle aurait du vouloir, s'il lui restait un brin de jugeote, mais apparemment non car ce qu'elle désirait vraiment, c'était rester ici, continuer à sonder son regard, entendre sa réponse, sa vraie réponse. Elle en avait la certitude, il n'était pas personne, il y avait quelqu'un, là-dessous, et elle avait creusé assez profond pour qu'enfin il se découvre. Elle continuerait à suffoquer au milieu de cette fumée et ne fuirait pas. Alors elle continua, ne fuit pas, et lui, parla enfin.

Son murmure, à peine perceptible, la berça agréablement. A présent c'était lui qui fuyait, qui détournait le regard alors qu'elle souriait, heureuse de voir qu'il avait poursuivi. Il n'y avait rien de moqueur dans ce sourire, de méchant, elle était simplement attendrie,... touchée. Touchée qu'au milieu de l'enfer, il ait pu voir en elle un ange. Touchée qu'il laisse transparaître un doute devant elle. Touchée de le voir si... Vulnérable. Il ne la regardait plus, ferma les yeux et sembla s'échapper pour de bon. Elle, elle ramena simplement ses mains sous sa joue et ses genoux contre sa poitrine. Toujours sur le côté, elle attendit, en l'observant. Elle attendit patiemment ce qui arriva bien plus vite qu'elle ne l'aurait espéré.

Mais en avait-elle espéré tant ? Il ne fallut pas plus d'une seconde pour que son sourire laisse place à un air stupéfait. Il lui parlait et pourtant semblait si loin à la fois ! Inconsciemment, elle se redressa pour s'asseoir sur le lit. Lui prêtait-il seulement encore attention ? Que ressentit-elle alors ? Tant de choses ! Comment le décrire correctement ? Il était au moins une chose dont elle pouvait être certaine de ne pas avoir envie : prendre ses jambes à son cou. Cette pensée ne lui effleura d'ailleurs même pas l'esprit, alors que c'était le moment rêvé. Mais comment seulement l'imaginer alors qu'il lui disait là tout ce qu'elle avait tant cherché au fond de ses pupilles si noires ? Ce qu'elle ressentait hum ? Le trouble de le voir ainsi tout étaler, la peur de se retrouver face à un tel flot de sentiments, de l'admiration pour cet homme qui osait tout dire, et puis de la colère, de la tristesse, et tant de choses qu'elle n'aurait pas su nommer plus qu'elle n'aurait été capable de les expliquer ! De toute façon, comprenait-elle seulement la moitié de ce qu'il venait de lui dire ?

Et puis plus rien. Son corps se figea alors que ses yeux revinrent se planter dans les siens. Elle lui était tombé dessus. Elle. Elle ? Tout ça, c'était donc elle ? Tout ça c'était à cause d'elle ? Grâce à elle ? Son coeur manqua un battement, puis un second, et peut-être encore un autre. Elle ne bougeait plus, était incapable de réagir. Se pouvait-il qu'elle compte à ce point ? Au point qu'elle, la petite fille, ait réussi à le sortir de sa cachette ? Avait-elle pu creuser profond à ce point ?

Une seconde, dix secondes, une minute... Elle ne le regardait plus, ne regardait plus rien. Ils sont deux dans cette pièce mais elle a soudain refermé le cocon juste devant elle. Il lui faut le temps, qu'elle assimile, comprenne, prenne du recul... Elle fixe le vide, stupéfaite, et puis... Et puis le vide disparaît et de nouveau ses beaux yeux sombres. Il est de nouveau là, face à elle, paralysé lui aussi semble-t-il. C'est à elle de bouger, de réagir ! Il a répondu à sa question n'est-ce pas ? Il faut juste qu'elle revoit sa réponse elle aussi. Le sarcasme, elle s'y attendait, mais ça... Alors elle aussi va se lancer, improviser et se ficher de tout. La tête penchée, résignée, elle ouvrit sa bulle, et l'y accueillit.

- Je crois vous avoir donné chacun de ces surnoms.

La tête relevée, elle envoya valser ses craintes.

- Mais vous avez oublié mes préférés, voleur d'âme et cauchemar.

Debout, elle oublia le reste du monde et s'approcha de lui avec pour la première fois des frissons dont la crainte n'était pas l'origine.

- Mais jamais, ô grand jamais, vous n'avez été personne.

Elle se laissa tomber à genoux à ses pieds, et après une petite seconde d'hésitation, posa ses mains sur ses joues et planta son regard dans le sien. Elle avait déjà osé une fois, dans une autre vie... Il avait fini par la repousser violemment au sol lui semblait-il... Mais aujourd'hui tout était différent. Une vague de courage venue de nulle part et la portait à présent jusqu'à lui sans qu'elle ne cherche plus à lutter à contre-courant. Il était si perdu... Il était temps que quelqu'un lui prouve qu'il avait de la valeur, que quelqu'un essaye réellement de le sortir du cauchemar dans lequel il s'était plongé. Elle le ramènerait à la surface.

- Je vois quelqu'un derrière ces fenêtres sombres. Et cette personne là ne m'effraie pas. Cette personne là m'a serrée dans ses bras avec plus de tendresse qu'on ne m'en a jamais démontrée. Elle m'a retenue de m'enfuir alors que j'étais la dernière chose à laquelle elle aurait du penser. Elle a accepté la souffrance pour ne pas me brusquer. Elle a refusé de m'abandonner seule au milieu d'un cimetière et s'est tenue éloignée de moi alors que j'étais plus vulnérable que jamais. Cette personne là est belle. Cette personne là, c'est votre âme.

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Mar 24 Mai - 19:39


Son esprit s'était lentement vidé pour que n'y résonne plus que le tambourinement régulier de son coeur. Toute peur l'avait désertée alors que les mots s'échappaient lentement, tendrement, honnêtement. Il ne lui ferait pas de mal. Il ne lui ferait plus de mal. Il ne le pourrait plus, car elle avait dépassé la carapace de violence en lui, elle avait trouvé l'homme. Il était là, entre ses mains, beau, perdu. Il ne la toucherait pas, c'était certain, et quelle meilleure preuve de sa confiance que la vulnérabilité qu'elle lui montrait, ainsi à genoux à ses pieds ?

Mais quelle importance ! Car au fond rien de tout cela ne l'importait en cet instant, absolument rien ne l'importait en fait... Rien d'autre que sa réaction. Rien d'autre que ces petites perles aux creux de ses yeux. Elle voulut lever les mains, les sécher délicatement, mais ne risquait-il pas de se perdre pour de bon si elle le lâchait ? Elle le lisait dans ses yeux car ses yeux... Ils reprenaient vie. Elle les sentait, se poser sur son regard, ses lèvres, son cou, partout sur elle. Il était partout. Là, proche, si proche. Leurs souffles s'entremêlaient, doucement, agréablement. Puis ses mains sur les siennes et ses paupières qui se fermaient. Il s'abandonnait, elle en fit de même au son de sa voix.

Et tout changea. Ses yeux se rouvrirent alors que ses mains abandonnaient les siennes pour glisser sur ses bras. De nouveau son coeur s'accéléra. Il remontait, doucement... Ses épaules, ses cheveux, sa nuque. Où était-elle ? Non... Où en était-elle ? Que faisait-elle ? Cela aussi elle le trouvait agréable ? Appréciait-elle réellement cette nouvelle étincelle dans son regard ou la peur était-elle de retour ? Des frissons qui parcouraient son échine, redressaient les poils de ses bras et accéléraient son souffle... Et ses lèvres qui s'entrouvraient légèrement à sentir les siennes si près. Le désir ou la crainte ? Elle était perdue, dominée par l'adrénaline qui l'envahissait à chacune de ses caresses. Elle voulut lutter un instant, et s'il avait raison après tout ? Il était mal pour elle, n'avait toujours été que le mal ! Que lui avait-il apporté d'autre que haine et désespoir ? Elle s'était laissé mourir des mois entiers par sa faute ! Oui ce n'était que sa faute ! Depuis sa rencontre avec lui il y avait ces... Ces images, abominables dans son esprit ! Ces images affreuses, sanglantes, terrifiantes ! Mais elle ne se limitaient pas au meurtre ! Dans ses cauchemars, il y avait aussi ce regard.. Ce regard...

Ce regard qu'elle chercha et ne trouva pas. Il n'y avait plus que l'homme qui l'avait serrée dans ses bras. Il n'y avait plus que ses larmes sur ses mains. Non... Non elle ne le repousserait pas, car ce qu'elle voyait, ce n'était pas un monstre. Sa seule faiblesse avait été de vouloir fuir ce que tous détestaient sans se l'avouer... Ce qu'elle même aurait voulu fuir ! Mais aujourd'hui il était là, il ne fuyait plus, il n'était plus faible. Ne pas l'effrayer pour qu'elle s'enfuit, c'était bien là la preuve qu'il ne tournait plus le dos à ce qu'il ressentait, à la vérité. Il avait accepté tout ce qu'elle lui avait dit et était toujours là, sans crier ou protester ! Il acceptait qu'elle remette en cause tout ce qu'il était sûr d'être sans protester une seconde ! Si c'était cela être faible, elle aimerait l'être autant que lui...

Alors finalement, elle s'abandonna de nouveau. Rejeté le lointain souvenir de son détachement froid, il n'était plus que... Que qui ? Loin d'elle tous les surnoms péjoratifs qu'elle avait pu lui trouver au cours des mois et plus loin encore d'elle l'idée de le nommer inconnu, car s'il y avait bien une chose qu'il n'était pas, c'était cela. Il lui sembla le connaître mieux que la majorité des personnes qu'elle avait rencontré dans des bals, salons, ou autres réunions du genre ridicules qu'elle avait tant affectionné dans le passé. Il n'était plus que... Lui. Il était Lui, et il était exactement là où elle le désirait, près d'elle, contre elle. Il n'y avait plus de chaise, de hauteur, de distance... Juste leur deux corps, de plus en plus proches, et son coeur qui tambourinait au creux de sa poitrine. Ses mains dans son dos alors que lentement et délicatement il l'entraîna au sol... Ses lèvres, si proches que le désir de les effleurer enfin lui donnait le vertige... Une larme.

- Jamais...

Et ses lèvres. Ses lèvres qu'elle colla contre les siennes, sa promesse scellée en un baiser. Un baiser doux, tendre, sincère... En avait-il déjà reçu un de semblable ? Et elle, l'avait-on finalement déjà embrassé ainsi ? Jamais...

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Lun 30 Mai - 2:53


Cette tendresse, c'est tout ce qui avait manqué à sa vie ces derniers temps, et il la lui offrait avec une candeur qui donnait une intensité nouvelle à tout ce qu'elle ressentait. Il était là, contre ses lèvres, là, contre elle, là, en elle. Son visage, derrière ses paupières closes, avait pour la première fois quelque chose de rassurant. Pour la première fois, ce n'était pas désagréable, au contraire... C'était doux comme une brise en été, chaud comme les premiers rayons de soleil du printemps. Elle s'abandonnait à ses caresses comme jamais elle ne l'avait fait avec un autre, goûtait à ses baisers comme s'ils étaient les premiers.

Que lui arrivait-il ? Sur quelle planète s'était-elle donc envolée ? Elle était en train de l'embrasser ! Lui ! Oui, et alors ? Sa main dans ses cheveux, ses courbes épousant les siennes, avait-elle déjà frissonné autant au contact d'un homme ? Il l'avait changé, il y avait plusieurs mois, définitivement. Oui, et si ce n'était pas lui qui était différent après tout, mais elle ? A son contact, elle n'était plus cette garce vaniteuse, cette fille pourrie gâtée qu'elle avait été à Londres, à Meryton. Il l'avait changé, et aussi inexplicable que cela puisse paraître, elle aimait celle qu'elle était avec lui. Il était tout ce qu'elle avait toujours redouté, elle avait détesté chacune de leur rencontre, elle avait craint chacun de ses gestes... Elle avait tremblé, pleuré, prié intérieurement ! Et pourtant, c'était autant de choses qui l'avaient conduite à cet instant, qui les avaient conduits à ce baiser dont elle tirait tant de plaisir.

Ne s'était-elle pas évanouie un peu plus tôt pourtant ? A bout de force, de peur, de tristesse, de... De quoi finalement ? Elle était dans ses bras là, mais ressentait-elle la moindre chose qui pourrait la pousser à fuir en cet instant comme elle l'avait voulu tout à l'heure ? Peut-être bien, comment chasser toutes ses pensées négatives alors qu'elles la hantaient depuis des mois, mais le reste était tellement plus puissant ! Des papillons voletaient dans son ventre, son esprit s'était envolé à mille lieux d'ici et tout ça pour un simple baiser ! Alors qu'elle importance pouvait bien avoir une piqûre après ça ? La seule chose à en retenir, c'est qu'il avait préféré qu'elle reste plutôt que stopper la douleur tout de suite...

Oui, quelle importance ce vide qu'elle avait ressenti en appuyant quand celui qu'elle ressentit lorsqu'il se recula fut tellement plus puissant ? Elle rouvrit ses yeux aussi vite qu'il s'était dégagé de son étreinte et ses bras retombèrent mollement au sol. Il paraissait furieux, comme si elle avait fait quelque chose d'affreux ! Mais ce n'était pas le cas n'est-ce pas ? C'est lui qui l'avait amené ici, qui l'avait attiré au sol, qui lui avait rendu son baiser ! Tout cela, il l'avait cherché autant qu'elle ! Il en avait eu envie autant qu'elle ! Non... Non il ne lui reprochait rien...

Il avait peur. Elle voulut d'abord sourire mais le fait qu'il se redresse totalement lui en coupa l'envie... Pour une seconde du moins. Qui pourrait croire qu'il avait un jour poignardé un homme ? Qu'il l'avait terrorisé au point qu'elle s'arrête de vivre ? Les doigts sur les lèvres, l'air ainsi perdu, elle n'avait qu'une envie, le prendre à nouveau dans ses bras, comme elle l'aurait fait avec un enfant ! ... Enfin comme n'importe qui l'aurait fait avec un enfant parce que dans son cas, ces petits extraterrestres sales et bruyants n'avaient leur place que dans les zoos, mais c'était une autre histoire.

- Et bien... Vous ne le faites pas...

Elle attrapa doucement ses doigts qu'il gardait contre ses lèvres pour y déposer un baiser en fermant les yeux avant de le regarder à nouveau. En souriant, elle se rapprocha légèrement de lui...

- Et vous me laissez essayer de vous sauver, vous.

... Avant de l'embrasser délicatement sur la joue. Elle aimait ce qu'il faisait d'elle...

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Ven 3 Juin - 18:25


Quelle douce ironie que tout cela... Il avait était celui qui l'avait terrorisé plus que n'importe qui d'autre, que n'importe quoi d'autre dans sa vie, mais il se trouvait aussi être celui à côté duquel elle se sentait le mieux depuis... Si longtemps qu'elle n'aurait su définir clairement depuis combien de temps tout cela durait. Là, dans cette pièce vide, si près de lui, ses mains au creux des siennes, elle se sentait comme dans un cocon, à l'abri du monde. Elle ne l'aurait quitté sous aucun prétexte... Désespoir, tristesse, peur... Lentement, tous ces sentiments la quittait pour laisser place à de nouveaux, plus doux, plus agréables, qu'elle n'oserait définir vraiment mais qui lui redonnait cette force qui depuis tant de temps l'avait désertée. Son regard sur elle, son regard... Oui, la voilà l'origine de sa force. Elle avait perdu le courage d'avancer en perdant l'espoir d'y voir quelque chose, mais aujourd'hui elle le savait, le sentait, il n'était pas qu'une carapace que la drogue et le sang avait lentement vidée.

Il y avait un homme là-dessous. Un homme aussi doux que les sentiments qu'il commençait à lui inspirer. Un homme qui l'avait obsédée durant des mois entiers, car c'était bien lui finalement qu'elle avait toujours gardé en tête. Derrière ces cauchemars, ces pleurs, avait toujours plané le fantôme de cette humanité qu'elle avait un jour espéré trouvé en lui, et aujourd'hui il était là. Était-ce cela l'espoir ? Ce qu'elle avait pris pour de la lâcheté à s'ôter la vie, se pouvait-il que ce ne fut que l'espoir de croire que cet homme existait vraiment et donc qu'il était inutile d'en finir ? L'espoir de croire que cette lueur qu'elle avait un jour vu au fond de ses yeux dans cette caverne n'avait pas été qu'une illusion ? Qu'importait ces questions, puisqu'au fond elle n'avait plus qu'une certitude : enfin elle était bien, alors rien d'autre ne comptait.

Mais lui aussi avait ses questions... Des questions face auxquelles elle était aussi désemparée que lui au final ! Pouvait-elle finalement prétendre connaître mieux que lui... tout ça ? L'avait-on jamais réellement aimé tendrement ? S'était-on déjà montré doux avec elle ? Il y avait eu William... Mais la dernière fois qu'ils s'étaient vu ! La manière avec laquelle il l'avait rejetée ! Non, ce n'était pas cela la tendresse. Elle avait eu peur d'éprouver des sentiments pour lui et avait bien eu raison ! Car où avait-il été durant toutes ces journées de malheur interminable ? Ces nuits d'insomnies ? Ou était-il maintenant qu'Il serrait doucement ses mains et s'abandonnait lentement à elle ? Elle tourna la tête et enfouit son visage dans ses cheveux en fermant les yeux. Doucement, elle se libéra aussi une main qu'elle vint poser sur sa nuque pour le serrer un peu plus contre elle.

- Et bien... Je...

Sa voix n'est qu'un murmure, faible, indécis... Je ne sais pas. Je ne sais plus rien. Je veux juste rester là, encore un peu, rien qu'un peu, contre toi, s'il te plaît... Comment le lui dire ? Comment reconnaître qu'après l'avoir laissé faire tomber les murailles, elle ne savait pas quoi faire ? En avait-elle seulement demandé autant ? Elle l'a perdu mais elle s'est perdue avec lui. Si elle sent qu'il n'est plus vraiment le même, sait-il seulement comme il l'a changée aussi ? Comme elle est différente depuis leur première rencontre ?

Et puis... Se rendait-il seulement compte de... Il bougea, lentement, jusqu'à se retrouver juste face à elle, ses lèvres de nouveau si près des siennes. Mais... Elle ferma les yeux en se pinçant les lèvres. Ce qu'il lui demandait... Ce qui allait se passer ? Il venait d'y répondre seul. A présent, il allait découvrir la seule chose qu'il ne devait pas encore savoir d'elle. Après avoir complètement envahi son monde, chamboulé sa vie à jamais, il s'apprêtait à apprendre la dernière petite chose qu'elle avait pu garder pour elle. Crystal. Crystal. Crystal... S'il savait déjà tout, pourquoi pas son prénom ? Peut-être parce que c'était la dernière chose qui la protégeait ? Qui lui donnait l'impression de ne pas être totalement à découvert devant lui ? Crystal. N'allait-elle pas justement lui dire qu'elle voulait rester plus ? Alors pourquoi pas son prénom ? Tout le monde connaissait son prénom ! Pourquoi pas la seule personne qui comptait vraiment ? Crystal. Qu'est-ce que cela changerait si elle lui disait ? Rien ! Elle serait simplement Crystal au lieu de la petite fille. Crystal. Elle déglutit, difficilement. Qu'est-ce qui lui clouait la bouche ainsi ? Crystal. Crystal. Crystal.

- Je n'peux pas !

Elle s'était reculé aussi vivement qu'elle avait rouvert les yeux. Loin de lui, ses mains lui semblaient plus fraîches, inutiles... Venait-elle réellement de... ? Pourquoi ? Elle l'observa un instant, choquée, comme si c'était lui qui l'avait repoussée... Puis elle réalisa. C'était elle qui était debout, à un mètre de lui, qui méritait les gifles qu'elle rêvait de donner au responsable de cette violente séparation ! C'est elle qui fuyait, qui se protégeait cette fois. C'était encore elle qui avait peur...

- Je... Je dois partir.

Il était celui qui avait fui et s'était protégé toute sa vie et pourtant c'est elle qui partait ? Cette douceur, cette chaleur... Si c'était si agréable, pourquoi en avoir peur ? Était-elle stupide au point de vouloir retourner à cette stupide vie... vide de sens ? De toute évidence, car déjà elle saisissait la poignée de la porte malgré son coeur qui lui hurlait de rester... Retiens-moi. Laisse-moi fuir. Retiens-moi. Laisse-moi fuir. Retiens-moi, je t'en supplie...

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Dim 10 Juil - 16:52

Spoiler:
 



C'était trop tard, il ne la retiendrait pas. Déjà, sa main s'approchait de la poignée sans qu'il n'ait esquissé le moindre mouvement. Elle avait donc mieux fait de choisir de partir n'est-ce pas ? S'il n'était capable, ne serait-ce que d'essayer de la retenir un instant, alors à quoi bon se donner la peine de lutter contre cette petite voix dans la tête qui lui hurlait de fuir ? Il n'avait fait que se servir d'elle, comme tous les autres, mais c'était pire encore avec lui. Un instant, elle y avait cru. Elle l'avait cru quand il lui avait laissé croire qu'elle n'était pas n'importe qui. Elle avait eu la prétention de se croire plus importante lorsque pour la première fois elle avait capté une étincelle dans son regard alors qu'il se posait justement sur elle. Elle avait cru à ses baisers. Elle était idiote. Une fois de plus, elle ne s'était pas attachée au bon...

Deux mains passèrent près de son visage et bloquèrent la porte alors que déjà, elle abaissait la poignée. Il était là, dans son dos, tout contre elle. Elle pouvait sentir son souffle, saccadé, remuer ses cheveux dans sa nuque. Elle n'osait bouger, frissonnait de le sentir si près. Il était venu finalement. Son coeur s'affolait, sa respiration s'accélérait. Elle voulut se retourner, voir ce que lui disaient ces yeux qu'elle n'avait d'abord osé affronter en prenant la fuite, mais elle ne bougeait pas. Elle se laissait envahir par cette douce chaleur qui parcourait ses membres sans qu'elle ne puisse l'expliquer. Il était revenu à elle. Elle ne s'était pas fourvoyée, bercée de ridicules illusions. C'était vrai, elle comptait... Immobile, elle attendait, qu'il bouge, lui parle, peu importe, qu'il fasse quelque chose. Il ne voulait pas qu'elle parte, entendu, mais alors quoi ?

Mais sa voix... Comment faisait-il donc cela ? A chaque fois... Elle s'oubliait. Chacune de ses paroles provoquait en elle un tourbillon de sentiments, forts, contradictoires. Il l'effrayait, plus que quiconque, et chacune de ses paroles laissait planer sur elle comme une nouvelle menace. Mais une menace de quoi ? Que craignait-elle donc si fort lorsqu'il lui demandait simplement de rester par exemple ? Ce qu'elle redoutait tant, n'était-ce pas plutôt cette affection qu'elle commençait à sentir grandir en elle à son égard, qu'il attisait inconsciemment avec chacune de ses paroles, avec cette vulnérabilité qu'elle devinait ? Et ô combien elle était forte en cet instant ! Il la retenait et la repoussait à la fois, l'effrayait, par les mots, les gestes, mais lui bloquait aussi la seule issue ! A quel jeu jouait-il donc ? Finalement, il était juste aussi perdu qu'elle. Elle fuyait en attendant qu'il la retienne, il la repoussait puis venait l'enlacer.

Son étreinte, douce, la fit en oublier un instant le monde autour, la raison même qui l'avait poussée à se lever. Que craindre alors qu'il était évident que l'homme de la grotte n'était plus celui qui la serrait dans ses bras ? Il n'y avait plus de violence, de haine en cet homme ! Il était juste... Perdu. Mais qui ne l'était pas ? Il l'était peut-être plus que quiconque, mais tout ce dont il avait besoin, n'était-ce pas juste d'une personne qui enfin croirait en lui, lui tendrait une main pour l'aider à émerger après tout ce temps ? Elle ne parla pas, ne bougea non plus. La main toujours sur la poignée, elle était à vrai dire, pétrifiée. Seul ses yeux se fermèrent alors qu'elle essayait d'y voir enfin clair ! L'éternel combat du coeur et de la raison...

Mais elle ne fuit pas. Il lui laissait les armes. Il venait de lui accorder ce qui peut-être, il devait en être conscient, était la chose qui l'avait retenue jusqu'à présent. S'il n'était plus en position de force, elle n'avait donc plus de raison de le craindre aucune... Il ne lui ferait plus de mal à présent, elle pouvait enfin partir le coeur serein ! Non... Avec quelle innocence il s'ouvrait aujourd'hui à elle... Tant de temps à le craindre, à attendre une mort qu'elle voyait arriver avec son visage, et pourtant aujourd'hui... Il s'était passé tant de chose qu'elle ne parvenait à tout réaliser, la situation lui échappait. Position de force ou pas, elle s'en fichait bien. Il s'était ouvert à elle comme personne jusqu'ici. Ses bras, autour d'elle, c'est tout ce qui lui importait. Elle bascula doucement la tête contre la sienne, qu'il avait niché dans son cou.

Et puis le temps reprit son cours, violent, rapide. Ses bras la relâchèrent, l'abandonnèrent. Ses yeux se rouvrirent et elle se redressa, suivant du regard cette main qui, posée sur la sienne, lui avait envoyée cette petite décharge en ouvrant la porte. Pourquoi la retenait-il si c'était pour la jeter à la rue finalement ? Mais... Elle inspira un peu plus d'air que nécessaire alors que, surprise, elle se figeait de nouveau. Il... Elle... Son coeur s'affolait, comme surpris après un réveil trop violent. Il venait de... Mais ce n'était rien ! Juste un prénom ! Mais ? Sa main sur la poignée glissa lentement le long de son corps, quittant la douce chaleur que lui procurait celle de la sienne posée dessus. Elle inspira de nouveau, tenta de reprendre ses esprits... En vain ? Elle ne savait plus. Oui, dès qu'il parlait, elle s'oubliait...


Tim. Ca ne sonnait pas comme le prénom d'un meurtrier, d'un drogué. C'était juste... Tim. Qu'avait-elle imaginé ? Y avait-il un prénom particulier pour les hommes profondément méchant ? Peut-être imaginait-elle une sorte de pseudonyme qui pourrait laisser deviner le genre d'horreur qu'il avait pu faire au cours de sa vie ! C'était ridicule. Tim. Juste Tim... Ce n'était qu'un prénom, comme le sien après tout. Il ne définissait pas qui elle était, ce qu'elle était. Il ne racontait pas l'histoire de sa vie, les erreurs qu'elle avait pu commettre pas plus que les bonnes actions. Crystal. Qu'est-ce que ça changerait vraiment finalement ? Elle serait toujours la même, il n'aurait qu'un prénom en plus à mettre sur son visage. Oui mais... Et si elle ne devenait plus que ce prénom ? Le problème avec les prénoms, c'est qu'on se protège derrière eux. Tim. On ne songe soudain plus à ce qui nous fait tant aimer ou détester une personne lorsque l'on connait son nom, on se contente de l'appeler... Mais la petite fille ou Crystal, qu'est-ce que cela changerait ? Tout ? Rien ?

- Crystal...

Elle avait du garder le silence deux longues et interminables minutes, sans esquisser le moindre mouvement, et enfin elle s'était retournée vers lui. Il n'était pas question de qui détenait les armes ou pas. Ils seraient simplement égaux, et tout serait bien plus facile ainsi, pour tout le monde... Délicatement, elle avait déposé un baiser sur ses lèvres et enfin, se hissant sur la pointe des pieds, avait fini par lui susurrer son prénom au creux de l'oreille, en un souffle, avant de franchir la porte sans un mot de plus. Ce qu'elle venait de faire valait de toute façon tous les discours du monde...

FIN

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