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Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy

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MessageSujet: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Mer 30 Mar - 2:27

Les heures passaient, longues, sans fin. Elle avait arrêté de les compter : y penser ne faisait que les rallonger. A la place elle soupirait, encore et encore, presque aussi régulièrement que le "tac tac" de cette horloge qu'elle maudissait à chaque foutu heure qui sonnait. Le temps s'écoulait, ralentissant toujours plus, et lorsqu'enfin elle parvenait à l'oublier et qu'il reprenait un rythme normal, ce carillon de malheur venait percer ses oreilles sensibilisées par le silence de la chambre dans laquelle elle se terrait pour lui rappeler qu'il continuait de filer sans qu'elle n'ait aucune emprise dessus, comme elle n'en avait plus sur rien du tout. Alors les secondes ralentissaient de nouveau et elle se remettait à broyer du noir.

Dormir aurait pu être une solution ! La plus parfaite même car c'était évidemment l'idéal pour laisser filer le temps sans même s'en rendre compte ! Bien sûr que cela l'effrayait car alors elle voyait sa jeunesse s'enfuir avec sa beauté sans qu'elle n'ait la force de rien y faire... Simplement savoir qu'elle laissait tout filer était toujours préférable au fait d'y assister. Mais la facilité lui était refusée... Elle était piégée dans un cercle vicieux qui lui refusait tout simplement le bonheur. Tout avait commencé par un meurtre... Elle avait crut à un moment que les choses s'arrangeraient et puis... Tout avait empiré. Un affreux crescendo qui avait détruit sa vie. Elle l'avait rencontré à nouveau, plus intriguant que jamais, l'effrayant parfois par l'imprévisibilité de ses actions, la laissant d'abord pantoise par la rapidité de son départ puis la terreur refaisant surface en comprenant que peut-être qu'au final elle ne l'avait pas si bien compris que cela, qu'elle l'avait simplement énervé... Mais s'il n'y avait eu que ça ! Oui, un homme capable de tuer de sang froid la sachant témoin de l'un de ses meurtres (car avec un regard si vide, comment ne pourrait-il n'y en avoir qu'un ?), cela passe encore n'est-ce pas ? Non, il fallait qu'en plus de cela, elle perde le seul être jamais réellement aimé ! Il fallait qu'il la pense violée, déflorée (c'était le cas mais le fait qu'il puisse l'imaginer alors qu'elle n'avait rien fait cette fois-là... !), sa réputation ruinée à jamais ! Un tueur à ses trousses et l'espoir d'un futur heureux envolé n'était pourtant pas encore suffisant pour ce cruel destin ! Il a fallu que la maladie ravage le pays, la précipitation, la peur, la nervosité... Âpre mélange qui emporta cette fois la beauté de son corps dévêtu en lui laissant une affreuse brûlure sur le ventre et le bras droit, ses regrettés parents trop lâchement abandonnés sans un au revoir il y avait de cela tout juste un an et surtout, son seul, son dernier rempart face au monde... Sa fierté et sa dignité.

Elle essuya du revers de sa main les quelques larmes qui s'échappèrent lorsque dix-huit heures sonnèrent. Bientôt elle allait devoir rejoindre son lit, affronter la nuit, les cauchemars, ou le sommeil si elle en avait le courage. Mais au fond, ces souvenirs douloureux qui ne la quittaient pas étaient-ils vraiment moins insupportables que ces cauchemars qu'elle ne cessait de faire ? Les deux étaient aussi invivables... Mais ce qui l'était encore plus était sa lâcheté face au suicide. Aussi se retrouvait-elle là, à souffrir, sans rien parvenir à y faire pour y remédier. Non ! Elle devait se ressaisir ! Ce n'était pas elle ça ! Son reflet dans le miroir n'aurait jamais dû ressembler un jour à ça. Et dire qu'elle s'était crue mal en point à Meryton, elle était encore bien loin du compte ! Elle ressemblait à une pauvre vieille fille, le teint terne et le regard vide, les joues creusées et les lèvres pincées !

Plus décidée que jamais depuis des mois, depuis son arrivée à Bath peut-être même, elle ouvrit son armoire et choisit une de ses si jolies toilettes (bien que rare tant elle avait pu emporter peu d'affaires) qu'elle avait arrêté de porter lorsque tout autour d'elle s'était écroulé. Elle la posa délicatement sur le lit et fit une longue toilette plus que méritée. Elle se coiffa soigneusement et se vêtit seule pour la première fois depuis un moment, ne regarda même pas ses brûlures pour la première fois depuis toujours. Dix-neuf heures sonnaient lorsqu'elle descendit les escaliers de l'auberge et en franchit le seuil, sans le moindre regard à toutes les têtes des habitués qui s'étaient tournées vers elle, surprit de la voit ainsi habillée.

La première chose qu'elle remarqua fut que le soleil lui brûlait les yeux et qu'elle n'était pas mécontente qu'il se couche. La seconde fut que le brouhaha de la rue lui perçait les tympans et résonnait dans sa tête comme des coups de massue. La troisième, non plus agréable, fut qu'elle réalisa qu'elle était si peu sortie qu'elle ne connaissait absolument rien de Bath. Aucune importance, cela aurait au moins le mérite de laisser un peu jouer le hasard. Peut-être que pour une fois, il se montrerait clément ! Elle avança donc d'un pas fier et décidé, le plus à l'ombre possible, et s'éloigna autant que faire se pouvait des plus grosses foules. Elle voulait bien faire un effort mais de là à en oublier sa paranoïa et sa migraine toute fraîche, il ne fallait pas abuser. Elle arriva rapidement à un petit parc qui lui semblait plutôt mal éclairé et très peu fréquenté. Ce serait parfait ! Elle poussa le portail, non pas le sourire aux lèvres car elle en était encore loin mais au moins satisfaite que le destin ait fini par se montrer un peu plus gentil avec elle... Jusqu'à ce qu'elle remarque.

Des tombes. Des tombes encore et encore ! Il y en avait partout ! Un cimetière ! C'était donc ça que le hasard lui avait accordé ? Elle se mit à arpenter rapidement les allées, affolées par tous les noms qui s'étendaient devant elle. On lui refusait sa mort mais on lui étalait celle des autres devant les yeux ? Il ne manquerait plus qu'elle reconnaisse l'un des noms ! L'idée lui traversant tout juste l'esprit, elle plaqua ses mains sur ses yeux et partit en courant. Ajoutée à cela sa maladresse légendaire et vous devinerez qu'elle aura tôt fait de s'écrouler au sol. Seulement, ce ne fut pas la terre que son visage heurta de plein fouet mais un corps. Écartant un doigt, puis deux, elle releva la tête sur la pauvre homme qu'elle venait de percuter de plein fouet... Et faute d'être tombée en avant, s'écroula de peur en arrière.

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Lun 11 Avr - 1:43



Quelques jours, quelques mois, quelques heures, qu'importe. Je n'ai plus notion du temps. Je n'ai jamais été friand de cette manie qu'ont les Hommes de toujours tout calculer, quantifier, programmer. J'aime l'imprévu, j'aime les découvertes, j'aime être déstabilisé, être surpris. J'aime ouvrir les yeux pour voir la Lune, les fermer et tout de suite sentir les rayons du Soleil me réchauffer la peau, sans jamais avoir conscience que des heures entières se sont écoulées entre ces deux instants.

Chaque jour je vois bleu, je vois rouge, puis rose, puis vert et jaune. Je ne vois plus, puis je vois blond. Chaque nuance de doré est là, à danser sous mes pupilles dilatées. Cette lumière me brûle les yeux, et pourtant j'y retourne sans cesse. J'en redemande, encore et encore, jamais pleinement satisfait. J'en souffre et j'en ris, comme un condamné à mort pourrait rire si le noeud de la corde se défaisait par miracle au moment fatidique.

En chemin, je l'ai cherchée. Je me suis cherché. Je nous ai aussi beaucoup perdus. Ce blond, ces yeux, ce regard, cette peur, cet attrait répulsif, cette fascination étrange. Le fléau qui s'est abattu sur ce pays ne m'a pas affecté. Au contraire, il m'a libéré de son emprise. Je n'avais plus jamais à la revoir, à la craindre, à la haïr, à la supporter, à la vouloir. Je n'avais plus jamais à être emprisonné par ses barreaux dorés.

Et pourtant, chaque jour, j'y revenais. Chaque jour... En chemin, je l'ai cherchée. Ma prison d'or et de terreur. Ma pauvre petite fille. Et j'ai trouvé Ingrid. J'ai trouvé Rosemary, Vivian, Elena, Beth... J'en ai trouvé tellement. Des nuances diverses d'or, mais jamais la bonne. Jamais pleinement satisfait. Aucune... Ne produisait le même effet qu'elle sur moi. Aucune ne me regardait avec les mêmes yeux. Avec la même crainte et la même témérité. Je courais après quelque chose d'inatteignable. Une sorte de perfection que je ne retrouvais pas. L'effet qu'elle me produisait... Elle était devenue la meilleure des drogues en juste quelques secondes. Et je n'avais plus eu ma dose depuis huit mois. Je haïssais la mesure du temps. Je haïssais cette petite fille. Je haïssais ce blond, ces yeux, cette crainte, ce tout. Mais j'y revenais toujours...

Le Soleil quitte lentement le ciel. L'air est frais ; la fumée dans ma gorge, brûlante. Je laisse s'échouer au sol la fin de ma cigarette, et lève les yeux vers les nuages.
Je ne vois pas ce qui m'arrive dessus. Mais ça me percute à toute allure. Je baisse le visage, prêt à frapper la chose qui me dérange. Mon couteau, fidèle compagnon, fera très bien l'affaire. Je l'ai en main lorsque d'un coup, tout s'arrête.

Je sens mon visage se décomposer. Mes yeux flottent dans le vide, ma bouche s'ouvre dans une lenteur extrême. Le vent soulève un peu ses cheveux. Elle me dévisage comme son pire cauchemar. Je suis son pire cauchemar.

Une forte douleur dans la poitrine, la haine s'envole, et elle revient en force. Autour de moi, les barreaux se dressent à nouveau... Je ne suis plus libre. Et je souris.

- On ne sait plus marcher correctement, petite fille ? Je range mon couteau.

Pas une minute ne s'est passée depuis que je l'ai laissée dans cette grotte, dans cette autre vie. Je me penche vers elle, lui tend la main. Je plonge mes yeux dans les siens, savoure la stupeur et l'effroi que j'y perçois. Le sang me vrille aux tempes, mon coeur s'agite. Ma petite drogue est là.

- Je savais bien que tu me tomberai dessus à nouveau. J'imaginais juste cela moins... Brutal. Je souris.


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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Lun 11 Avr - 3:12


Elle levait les yeux, voulut s'excuser, mais comment prononcer le moindre mot quand le visage qui la hante depuis des mois lui apparait tout à coup plus proche et haineux que jamais. Elle le sent, il est prêt à la frapper, n'est-ce pas ce dont elle rêve ? Être battue à mort et qu'enfin le cauchemar prenne fin ? Non, elle a beau dire, elle tient trop à la vie, alors la terre s'écroule et elle tombe à la renverse, juste le temps d'être aveuglée un instant par le reflet du soleil sur un couteau. Tout va prendre fin ici, maintenant, ses paupières se ferment, de soulagement, de terreur, elle ne veut voir la lame s'approcher, elle risquerait de crier, elle ne lui fera pas se plaisir, pas de peur... Mais elle ne peut non plus juste fermer les yeux et se laisser porter par la fatalité de son destin. Ce n'est pas elle. Ce n'est pas Crystal ! Aujourd'hui, elle a décidé que tout serait différent, alors quoi qu'il en coûte, ce sera le cas.

Elle rouvrit ses yeux, une nouvelle lueur de détermination y dansant, mais ce qu'elle vit alors fut bien différent de ce à quoi elle s'était attendue. Il souriait, et bien qu'elle eut du mal à détacher son regard de ces lèvres que jamais elle n'aurait cru voir ainsi sourire en cet instant, elle parvint à le couler vers sa main dans lequel toute trace de couteau avec disparu. Mais elle se souvint alors, ses rires froids, ses sautes d'humeur, il aura tôt fait de reparaître alors autant rester prudente... Et pourtant. Il est là, à lui sourire, à lui parler presque comme à une amie. A leur tour, ses lèvres s'entrouvrent de surprise. Ainsi donc son heure ne serait pas venu ? Elle se serait laissé dépérir tous ces mois dans la crainte d'une rencontre qui finalement n'avait pas l'air de lui apporter tous les "désagréments" auxquels elle se serait attendue ? Elle se sentait plus stupide que jamais... Mais voilà qu'il se baisse, tend la main, la faisant sursauter. Se serait-elle réjouie trop vite ? Elle se sentit plus idiote encore, il l'aidait à se relever... Se serait-elle finalement endormie dans sa chambre ? Se pouvait-il que pour une fois, le cauchemar tarde simplement à arriver ?

Surprise, sans le quitter des yeux tout de même pour tenter d'y déceler la lueur qui lui signalera la fin, elle attrape sa main, noue ses doigts aux siens, et se relève rapidement. Elle jette un regard rapide à leurs mains, troublée, ne croyant pas que telle chose ait pu un jour arriver, puis la récupère et la cache dans son dos, étirant ses doigts une fois, puis une deuxième, comme pour effacer cette étrange sensation qui perdure. Elle fixa de nouveaux ses yeux, ceux-là même qui hantaient ses rêves depuis tant de mois. Ils étaient toujours aussi vides, aussi inexpressif, contrastant plus que jamais avec le sourire qu'il lui offrait et qu'elle se trouvait bien incapable de lui rendre. Elle tenta de lui répondre, referma rapidement la bouche. Que lui dire alors qu'elle se rendait compte à quel point elle avait laissé sa vie s'échapper dernièrement pour rien ? Il lui avait bien dit qu'il ne la tuerait pas, pourquoi s'en faire à ce point ? Sans compter que depuis qu'elle avait quitté Meryton, plus personne ne savait où elle avait bien pu disparaître, lui compris surement.

Elle détourna le regard, gênée de constater qu'elle l'avait dévisagé un certain moment sans lui répondre. Que faisait-il ici ? Que faisait-elle ici ? Pourquoi avait-il fallu qu'elle le revoit un jour ? En un tel lieu en plus. L'isolement semblait être de mise à chaque fois qu'elle l'apercevait, à son plus grand malheur. Elle essuya ses mains moites sur ses jupons et ignorant le battement irrégulier de son coeur qui semblait vouloir s'échapper elle décida de reprendre les choses en mains. Elle ne pouvait rester là à ne rien dire, craignant un passé qui n'avait de toute évidence nul raison de l'être. S'il avait voulu lui faire du mal il l'aurait déjà fait, dans la grotte, à Meryton, lorsqu'elle l'avait percuté. Elle déglutit difficilement, chassa de son esprit les images sanglantes que des mois de cauchemars avaient rendu omniprésentes même lorsqu'elle était réveillée et se décida enfin à parler.

- J... Je suis désolée, je ne regardais pas où j'allais. Le cimetière m'a un peu effrayé. Lui avouer qu'être ici la terrifiait, très bonne idée oui. En fait je me suis perdue je n'imaginais pas arriver ici... Encore mieux, maintenant il savait que personne n'était au courant du lieu où elle se trouvait et surtout qu'elle ne pourrait s'enfuir, ne sachant quelle direction prendre. Une chose à ajouter ? Je n'aurais cru vous revoir un jour...

Passe encore, mais il allait falloir relever le niveau après lui avoir révélé que s'il avait décidé de commettre le meurtre parfait, tous les éléments étaient réunis en cet instant. Alors, décrochant son regard de ses pieds, elle releva la tête et tenta de lui sourire. Le mélange avec son regard apeuré était des plus étranges mais pourquoi pas... Aujourd'hui, elle était courageuse, aujourd'hui, elle ne se contentait plus de regarder sa vie passée, aujourd'hui, tout changeait. Déterminée, elle redressa la tête elle lui offrit un sourire un peu plus large. Bon pas tellement, c'était finalement plus difficile qu'elle ne l'aurait cru. Mais au moins, elle avait un peu moins peur. Après tout, et si tout ce qu'elle avait cru l'autre fois n'était pas si fou que ça ? Et si elle n'avait pas eu si tort en pensant qu'il y avait vraiment quelqu'un derrière tout ça ? Et si le sourire qu'il lui offrait était sincère ? Ces derniers mois, tout n'avait été que cauchemar, peut-être que finalement, la réalité était moins moche ?

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Dim 1 Mai - 23:00




Son corps est comme enveloppé par la lumière chaude du soleil couchant. Sa silhouette, couronnée d'un halo doré, se détache des ombres du cimetière dans un mouvement étrange, presque féérique. Le léger vent, ni trop froid, ni trop chaud, ajoute un côté voluptueux à l'impression singulière que me donne sa vue en ce moment. Mes pupilles dilatées restent fixées sur elle. L'idée me traverse que ceci pourrait être une hallucination. La création de mon cerveau baigné d'un mélange de diverses substances... Trop pour que je m'en rappelle le nom ou le nombre. Beaucoup. J'aurais très bien pu l'imaginer. Inventer sa présence en ces lieux. Inventer sa fragrance, portée jusqu'à moi par le vent, par notre proximité. J'aurais pu inventer son visage, sa peau tiède, sa voix, ses gestes. J'aurais pu le faire, parce qu'après tout... Je l'avais tellement cherchée, tellement attendue. J'avais tellement souhaité qu'elle n'ait pas disparu. Qu'elle soit restée à portée de main, à portée de regard... Et j'avais été si déçu, si déçu. Si déçu par celles que j'avais choisies pour faire semblant. Semblant d'être avec elle. Semblant d'être avec celle qui, étrange créature, m'avait craint et défié du regard à la fois. Cette pauvre petite fille qui avait cru voir quelqu'un en moi. Cette pauvre petite fille, que j'avais voulu, un moment, faire entrer dans mon monde. Cette... fille... insupportable, agaçante, horripilante... Cette fille que je n'avais voulu plus que pour moi. Et j'étais son cauchemar. Et elle était ma prison, mon néant, mon absolu.

Je baissais en même temps qu'elle mes yeux sur nos mains. Je vis qu'elle éloignait les siennes avant de le sentir : la chaleur de sa paume irradiait toujours mes doigts. Mais je regardais mes mains une seconde de plus : je crus déceler de petits tremblements. Des tremblements qui remontaient le long de mon bras, puis se poursuivaient dans mon dos. Un frisson ?...

D'un coup, je la regardais à nouveau, dans les yeux. Je n'aurais pas imaginé un frisson. Ni les hésitations dans sa voix. Mais, par dessus tout, je n'aurais pas pu rendre aussi bien son regard. Ce mélange d'émotions. Cette crainte et cette témérité. Ce mélange était d'une telle perfection... C'était bien elle. Et ce sourire, figé par la peur, hésitant, porté par une sorte d'espoir inexplicable. Mon coeur s'arrêta dans un tremblement.

En silence, je portai ma main à sa joue. Je me moquais qu'elle ait peur et qu'elle recule, même si ce n'était pas mon intention première. Si elle tentait de se dérober, je la rattraperais quoiqu'il en soit. Mais j'avais besoin de ça. Besoin d'effleurer lentement sa peau, le léger creux dans sa joue pâle et rose, de laisser mon pouce glisser sur la cerne violette sous ses yeux vibrants de peur et de courage.

- Tu as maigri, et tu as l'air fatiguée. Je fronçai les sourcils. On aurait dit que je sermonnais ma soeur, ma fille ou quelque chose comme ça. Cela me donna envie de rire. Mais son air me donnait envie de pleurer. Je la regardais avec une intensité folle. Je ne pouvais pas faire autrement. Ma main glissa d'un coup sur sa nuque, et je me servis de cette emprise pour l'approcher de moi.

Et mes bras, tremblants, l'enlacèrent.

- Est-ce que maintenant que nous sommes ensemble, tu as encore plus peur ? Lui murmurai-je à l'oreille, en penchant mon visage vers le sien car j'étais plus grand qu'elle.

Mes yeux étaient écarquillés. J'avais du mal à respirer. D'habitude, j'aurais souri, j'aurais joué, j'aurais fait ça juste pour manipuler et m'amuser... Mais là, je... Je me sentais étrange. Etait-ce à cause des drogues ? J'avais comme une sorte de douleur.

- Moi, j'ai peur.

J'ai peur de ce que tu me fais, petite fille.

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Mar 3 Mai - 1:24


Son coeur battait à tout rompre, ses jambes tremblaient, la tête lui tournait, elle perdait pied. Qu'est-ce qui l'avait mené ici, dans ce cimetière, avec lui. Comment en était-elle arriver là ? Alors qu'elle avait perdu le sommeil par sa faute depuis des jours, des semaines, des mois, si ce n'était une année peut-être, voilà qu'elle se retrouvait seule en sa compagnie, à tenter de lui sourire plutôt que fuir, à essayer de s'expliquer l'origine de cette boule au ventre. Elle l'aurait nommée peur ce matin même, mais tout était différent en sa présence, et pire, tout était amplifiée. Ce courant qui avait traversé ses mains lorsqu'il l'avait relevée, cette nervosité à sentir son regard la scruter sans fin et cette chaleur sur ses joues, cette boule au ventre... Elle refusait la peur, lui tournait le dos, il ne la tuerait pas, elle en était certaine. Alors qu'était-ce ? Elle n'aurait sur le dire, ne savait plus rien en fait. Ou plutôt si, elle était convaincue d'une chose : il la troublait. Il la troublait plus que jamais, plus que quiconque. C'était pour cela qu'elle ne pouvait partir finalement... Elle pourrait tenter de convaincre n'importe qui que c'était parce que jamais il ne l'aurait laissé prendre la fuite, elle ne pouvait se mentir ainsi à elle même. Cette étrange fascination qu'elle avait développé à son sujet et qui avait tendance à se muter en une profonde terreur lorsqu'elle ne l'avait pas près d'elle était l'unique origine de l'étirement craintif de ses lèvres, de ses mains moites, du fait qu'elle ne bougea pas lorsqu'il tendit sa main...

Elle l'observait, tentait de soutenir son regard, sans le défier pour autant. Elle continuait simplement de chercher, de fouiller son âme au travers de ces yeux qui la transperçaient avec plus d'intensité que jamais. Elle le soutint autant que possible, mais lorsqu'il leva sa main vers son visage elle ne le put plus longtemps. Son sourire disparut alors que ses lèvres se muaient en une petite moue craintive. Non c'était impossible, tout comme elle ne pouvait se mentir sur le fait qu'elle ne fuyait pas parce qu'elle ne le pouvait, elle ne le pouvait sur la disparition de sa peur, car elle était toujours là, l'oppressant, lui bouffant les tripes, la faisant trembler comme une feuille à chacun de ses mouvements. Elle suivit le parcours de ses doigts jusqu'à son visage, imaginant au fur et à mesure mille possibilités, mille sortes de brutalités, de la gifle à l'étranglement en passant par une poussée violente au sol ou un nouveau baiser arraché contre lequel elle ne pourrait luter des causes d'une étreinte trop puissante.

Ce qu'il fit en revanche... Elle s'était pétrifiée, l'expression seule de son visage ayant évoluée peu à peu de la peur à... la surprise. Ce n'est pas la brutalité d'un choc qui vint percuter sa joue, mais la douceur d'une caresse inattendue, la chaleur de ses doigts sur ses pommettes fraîches. Ses lèvres s'entrouvrirent alors que son regard cherchait de nouveau le sien. Il recommençait, comme la dernière fois, il était doux avec elle, plus que bien des hommes qu'elle avait rencontré qui pourtant eux se disaient gentlemen. Il la sermonnait, comme s'il s'inquiétait pour elle, la fixait plus intensément que jamais. Désirerait-il voir directement son âme qui ne l'aurait observé autrement... Alors elle ne le repoussa pas, goûta même à cette douce sensation, la plus agréable depuis qu'elle avait quitté Meryton lui sembla-t-il.

- J'ai été assez préoccupée dernièrement... Mais ça va mieux maintenant, je crois.

Il n'était plus un tueur sans pitié, quelqu'un capable de l'agresser à tout moment. Il n'était plus qu'un pauvre homme dont plus personne ne s'était réellement soucié depuis trop longtemps. Quelqu'un que tout le monde avait trop craint ou réprimander sans jamais chercher à comprendre "pourquoi" il en était arrivé là. Il n'était plus qu'un homme malheureux, et finalement le seul à vraiment la voir.
Mais de nouveau tout changea. La brusquerie revint, il l'attira à lui et... Et rien. Elle retint presque un sourire alors qu'elle sentait ses bras l'enlacer. Il voulait juste... Un câlin ? Elle était d'abord restée immobile, incapable de bouger sur le coup de la surprise et puis elle sentit ses bras trembler autour d'elle, elle capta une fragilité que jamais encore elle n'avait deviné dans son murmure, dans les paroles qu'il lui dit. Alors, lentement, comme pour ne pas l'effrayer autant que pour qu'elle même réalise l'ampleur du geste qu'elle s'apprêtait à faire, elle s'avança plus contre lui et vint poser la tête sur le haut de son torse.

- C'est humain, d'avoir peur, mais je suis là maintenant... alors je t'en prie, pour toi, ne me repousse pas...

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Mar 3 Mai - 2:12




Sensation étrange. Mon sang s'écoule trop vite dans mon corps, mon souffle est court, mon coeur hystérique et à l'étroit. Mes mains tremblent toujours. C'est léger, c'est anormal. Je n'ai pas froid. Je suis bien. Et mal à l'aise. Je ne sais pas ce que je fais. Je fais, et je réalise ensuite. Ou je ne réalise pas. Je ne comprends pas ce qui se passe. Je ne connais plus le lieu, ni l'heure. Je ne connais plus mon prénom. Mais je connais son odeur. Je plane comme jamais, au creux de ses bras. Je pénètre dans un univers anormalement terrestre. Je redescends sur terre après des années d'envol. Et ce n'est pas douloureux. Ce n'est pas déplaisant. C'est libérateur, et étrange. C'est inattendu. C'est illogique. Ça... Ça me terrorise. Je suis paralysé de peur. Je ne connais plus ce monde. Je l'ai renié, il m'a renié. Nous sommes deux étrangers qui se méprisent. Comment suis-je revenu ? Je ne l'ai pas souhaité. Je le refuse, le rejète. Pas question... Pas question de retomber là-dedans.

Mais je suis happé par le fond. Cloué sur place. Impossible de m'envoler à nouveau. Je suis extrasensoriel. Sa peau comme un soleil me brûle les ailes. Elle me retient prisonnier, prisonnier pour toujours. Je ne lui ai rien demandé. Rien... Sa voix calme ma fureur, l'empêche de poindre à l'horizon. Je ne suis plus rien... Rien d'autre qu'une enveloppe charnelle, que j'ai soigneusement vidée d'émotions au fil des ans. A quoi bon me ramener à présent ? Mais c'est moi qui l'enlace. C'est moi qui lui avoue ma crainte. Si je pouvais, si je n'étais pas si engourdi par ce flots étrange de sensations inconnues, je lui en dirais sans doute les raisons. J'avais peur de ce monde qui était le sien, et dans lequel elle semblait parvenir à briller malgré tout. Je ne le comprenais pas. Je n'en faisais plus partie. J'avais l'habitude d'un autre univers, un univers de possibilités infinies, chaud ou froid selon mes désirs. Ici, je me sentais écrasé, oppressé par des forces qui s'opposaient à ce que j'étais. A ce que je n'étais pas. Je me sentais seul.

Pourquoi me faisait-elle ça ? Pourquoi maintenant, pourquoi elle ? Comment avait-elle fait ? Je ne la connaissais pas, mais je la reconnaissais déjà entre mille ! Je ne la connaissais pas, mais une fois mes paupières closes, je ne ressentais plus qu'elle. Et j'entendais son souffle à mon oreille, et son coeur battre contre le mien. Comment faisait-elle ? Comment arrivait-elle à me manipuler ? Pourquoi n'étais-je pas plus fort ? Pourquoi étais-je incapable de la contrer ? Pourquoi m'empêchait-elle d'essayer ? Je la voulais loin et proche à la fois. Je la voulais à moi seule et hors de ma vue, hors de mon monde, celui dont je lui avais moi-même ouvert les portes. Comment faisait-elle ? Par quelle magie, quel procédé ? Je manipulais les gens. Ils étaient mes pantins, mes expériences favorites, mes distractions. Mais un sourire d'elle et j'étais à sa merci.

Je sentis mon coeur se serrer, puis des fourmis dans mon bras gauche. Une sueur froide me parcourut le dos. Je souris. Combien de temps était passé ? Je ne savais pas. J'avais le tournis. Il me fallait quelque chose. N'importe quoi. Quelque chose qui me retourne les idées, qui me détruise pour de bon, peut-être. Quelque chose de fort pour oublier cette impression étrange que j'avais avec elle. Pas qu'elle soit déplaisante. Au contraire parce qu'elle l'était trop. Quelque chose qui me fasse oublier le plaisir que j'avais d'avoir sa tête tout contre moi.

Une drogue humaine... je n'aurais jamais cru que cela me ferait tant d'effet.

- Tu as oublié, n'est-ce pas ? Je murmure dans un souffle doux, calme et chaud. Je joue avec une mèche de ses cheveux entre mes doigts.

Puis je me recule d'elle. Je la tiens fermement par les épaules. Mes yeux noirs sont dans les siens. Je sais mon souffle de plus en plus court, je sais mon regard terrifiant et fou, je le sais injecté de sang. J'ai besoin de ma dose. Maintenant.

- Je ne suis pas humain.

Elle me déstabilise. Elle m'horripile. Elle m'attire, me tue, me transcende. Je ne sais pas quoi faire. Pour la première fois depuis le début de mon existence, je me sens à court d'idées. A court de mots. Je me perds dans ses yeux. Et j'ai horriblement mal. La douleur ne m'avait-elle pas abandonné, comme tout le reste ? Je ne sais plus... Je ne sais plus...

Mon front s'échoue sur son épaule. Il est brûlant, comme le reste de mon corps. Je perds mes forces. Je n'arrive plus à respirer.

- J'ai froid... suis-je encore capable de dire d'une voix faible.

Je n'avais plus eu froid depuis l'enfance.

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Mer 4 Mai - 2:51


"Tic tac". Une fois de plus elle laissait le temps passer, lentement, rapidement, elle n'en avait la moindre idée, mais de nouveau, elle le laissait s'échapper sans plus s'en soucier. Mais les choses avaient changé ! Cette fois, elle le choisissait plutôt que de le subir. En fait, pour la première fois depuis des mois, elle se sentait bien. La chaleur de son corps sur sa joue, ce sentiment de protection au creux de ses bras... Le temps filait, sans qu'elle n'ait pourtant plus envie de le retenir. Ses pensées défilaient, l'alertaient du danger qu'elle encourait à rester là, avec lui. Elle n'était pas en sécurité dans ses bras, c'était même tout le contraire ! Quelle importance ? Si son esprit était dérangé, son coeur n'avait pas été si calme depuis des mois. Il ne l'avait pas rejeté, c'était la seule chose qui l'importait. Elle ferma les yeux, l'entoura de ses bras, et rejeta dans un coin de son esprit toutes ses pensées négatives.

Il avait fini par se calmer, s'arrêter de trembler, alors elle sut qu'elle avait raison de ne plus le craindre, qu'elle ne regretterait pas son geste. Tout ce dont il avait besoin, c'était d'un câlin ! Une étreinte, une seule, pour toutes les blessures qu'il avait subi. Quelques minutes d'amour pour toutes les fois où il s'était senti seul et incompris. Elle avait été stupide et égoïste, et ce traumatisme qu'elle s'était efforcée d'entretenir depuis des mois n'était que la preuve d'un égocentrisme démesuré qu'il l'avait poussé à ignorer les raisons qui pouvaient pousser un homme à commettre l'irréparable. S'il n'avait toujours connu que haine et violence, comment aurait-il pu en être autrement ? Mais cette fois elle était là, et leur enlacement qu'il ne se décidait à rompre alors que finalement ils ne se connaissaient même pas était la plus évidente des preuves qu'il était un besoin commun à tous que jamais encore personne ne s'était décidé à combler chez lui. Ce... meurtre, aussi effroyable et terrifiant fut-il pour elle, résonnait à présent comme un appel à l'aide désespéré. Ce n'était pas un homme qu'il avait tué, mais son reste d'humanité qu'il avait tenté d'exterminer.

Mais il avait échoué, car en cet instant il était plus humain que n'importe qui d'autre. Elle pouvait le sentir jouer avec ses cheveux. Elle pouvait imaginer ses yeux brillants qu'il tentait de cacher au monde. Elle pouvait deviner qu'il nierait toute trace d'humanité en lui, car finalement, cela l'effrayait tout simplement. Mais le monde entier n'a-t-il pas peur ? Sa voix, son souffle chaud agréable, la ramena à la réalité. Oublier quoi ? Il l'écarta de lui, retour plus brutal sur terre, la fraîcheur moins douce que ses bras l'entourant, mais elle retint un regard de reproche, plutôt intriguée par ce qu'il disait.

Alors elle sourit, intérieurement du moins. Elle l'avait deviné. Son regard ne lui faisait plus peur, mais elle n'en dit rien et retient l'étirement de ses lèvres de toutes ses forces. La terreur qu'il infligeait aux autres était sa seule protection, elle ne voulait pas la lui retirer, plus tard peut-être, mais il s'était déjà tellement ouvert... Elle fixa ce regard qui lui avait valu tant de cauchemar, l'oublia en sentant ses mains sur ses épaules la retenir, ne pas s'approcher à nouveau peut-être, de ne pas fuir certainement. Elle ne répondit en revanche, pas cette fois. Elle avait déjà bravé les limites avec lui, les avait sans doute dépassées plus d'une fois même, mais il était trop à découvert... Si elle le lui avoué, si une fois de plus elle mettait le point sur cette touche de faiblesse qu'elle devinait chez lui, peut-être qu'il ne s'ouvrirait jamais plus ! Peut-être qu'il laisserait la violence reprendre le dessus... Elle scella ses lèvres et attendit, n'acquiesça ni ne nia ce qu'il lui dit, il savait déjà ce qu'elle en pensait... Et ne le regretta pas.

Il vint de nouveau contre elle et sa vulnérabilité la toucha une fois de plus. En sentant son front sur une partie de son épaule dénudée, elle pouvait sentir sa peau brûlante, peut-être trop même. Avait-il de la fièvre ou était-elle plus fraîche qu'elle ne l'aurait cru ? La première possibilité lui apparût clairement la bonne quand il lui dit avoir froid, et elle le regretta en un sens. Si c'était bien cela, peut-être ne s'était-il donc pas "confié" à elle pour les bonnes raisons, peut-être que seule sa température était à l'origine de tout ça ? Elle préféra ne pas y penser, et prit sa tête dans ses mains, pour la redresser face à elle. Il était comme... un enfant. Un enfant seul, perdu, et malade. Elle lui sourit tendrement et l'amena à s'asseoir sur une pierre tombale juste à côté d'eux.

- Vous êtes brûlant... Je peux faire quelque chose ? Peut-être désirez-vous que je vous raccompagne ?

Elle le regarda, aimablement, pour la première fois certainement. Elle s'inquiétait sincèrement pour lui en fait. D'un geste tendre, elle retira les quelques cheveux qui s'étaient collés à son front, reporta son regard sur le sien... Il avait les yeux rouges, les pupilles dilatées, elle le voyait mieux maintenant qu'elle était si près. Et puis tout à coup... Elle repensa aux tremblements, à son comportement inhabituel... Et ses yeux. Quelle idiote ! C'était un meurtrier, toujours le même que dans cette grotte il y avait des mois. Elle s'était laissée toucher, avait eu de la peine pour lui ! Alors qu'il n'avait peut-être plus conscience de rien mis à part du fait qu'il manquait de... Elle retira sa main et se releva vivement. Sa voix n'eut plus rien de tendre et de compatissant. Elle fut distante, vexée, et de nouveau effrayée, mais d'elle cette fois. Elle s'en voulait mais avait surtout peur d'elle. L'espace d'un instant, s'était-elle réellement attaché à lui ?

- Vous n'êtes pas malade n'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Ven 6 Mai - 1:12



J'ai senti un flux de chaleur nouveau, inconnu. Un torrent de petits picotements irradier chaque partie de mon corps qu'elle touchait. J'aurais même pu, en fermant les yeux, visualiser ce flot de lumière entre nous. J'avais toujours été engouffré dans l'ombre, jusqu'à présent. Terré dans mes retranchements apocalyptiques et ténébreux. Mais voilà que cette fille, cette inconnue, me transposait dans un champ de lumière. Douce, dorée, chaleureuse. Je n'arrivais pas à décrire mes impressions autrement que par des images, des couleurs. Gravées sur la rétine, celles-ci avaient une signification. Elles avaient un sens, on pouvait les nommer, les toucher, presque. C'était une bonne alternative aux noms... d'émotions. Je les ai tellement évitées, tellement éradiquées... Je me suis voué à les éliminer, une à une. Comment prétendre aujourd'hui pouvoir en ressentir ? Pouvoir les distinguer, les nommer, les différencier ? Les expliquer ? J'en étais incapable. Trop d'années, trop de substances avaient fait de moi une carcasse vide, propice aux hallucinations sensitives.

Mais aujourd'hui, je n'hallucinais pas. Elle était bien là, nous étions bien en train de nous enlacer. Je le sentais d'une manière physique, simple et douce. Mes bras entouraient un corps humain, un corps plein de chaleur, un corps qui m'enlaçait en retour. Et cela n'avait rien de vide. Cela n'était pas un divertissement quelconque pour combler une nuit trop ennuyante et solitaire avec une femme dont je me rappellerais à peine le visage quelques heures plus tard. Au contraire, j'avais très clairement ses traits en mémoire. J'avais même été capable de percevoir, après des mois sans l'avoir vue, un creux dans sa joue qui n'existait pas auparavant. Une légère nuance dans le blond de ses cheveux.

Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Je n'avais jamais perçu quoique ce soit de ressemblant auparavant. Tout n'avait toujours été qu'un vaste jeu. Et aujourd'hui, j'avais l'impression d'être devenu le pion de quelqu'un d'autre. Le sien. Elle aurait pu adopter un comportement similaire au mien, dans ce cas-là. Faire ce que bon lui semblait, sans s'intéresser aux conséquences, juste pour pouvoir observer et jouir du résultat. Me considérer comme un phénomène de foire, comme une expérience scientifique, presque. Mais elle n'en faisait rien. Je ne comprenais pas. Elle me regardait toujours de la même manière, elle restait cette fille, si lointaine et proche à la fois. Distante et fascinante.

Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Je ne comprenais pas les fourmillements dans mes bras, mes jambes, mon ventre. J'avais comme le tournis. Qu'est-ce que c'était que ça ? Je ne voulais pas qu'elle me lâche. Et c'est moi qui rompt notre étreinte.

Si je ne savais pas ce qui se passait dans ma tête, je commençais à capter les signaux que m'envoyaient mon corps. certains des signaux, en tout cas. La chaleur, la douceur, tout cela n'avait rien à voir avec d'habitude. Mais cela fut bientôt dépassé par le reste. Mon front se mit à perler de sueur. Je serrais les poings pour empêcher les tremblements de me reprendre, mais cela fut inefficace.

Avec les années, avec l'augmentation des doses, cet état est devenu de plus en plus violent, et arrive à une vitesse fulgurante. C'est la raison pour laquelle je ne le laisse normalement pas survenir. Jamais. Parce que cette douleur lancinante, qui remonte dans mon coeur, me brûle les veines, m'atrophie les poumons... Cette douleur est insupportable. Planer en permanence est plus facile. Cela rend l'existence plus acceptable, plus douce et légère.

Mais, par dessus tout...

"Peut-être désirez-vous que je vous raccompagne ?"

- Et pour aller où ? Comme si j'avais quelque part ! fais-je dans une voix ironique.

Cela permet d'oublier. Oublier à quel point cela peut faire souffrir. D'être seul. De ne pas réussir. De ressentir.

Je suis assis, la tête dans les mains. Je fronce les sourcils et grimace avec violence : le mal de tête commence. Ma respiration est toujours floue. Je dois avoir l'air fou. C'est ce que je suis, n'est-ce pas ?

Je sens cette colère monter. Je hais cet état. Je hais ce manque. J'en ai besoin ! TOUT DE SUITE !

Je fixe le sol. Bientôt je verrais flou. Ma poche... Une seringue, ce liquide meurtrier et libérateur, ce flot dans mes veines. Maintenant ! Que la douleur... QU'ELLE S'ARRÊTE !

Mais je me retiens. Pourquoi ? Je ne peux pas, comme ça... Je suis... Je ne peux pas. Elle est là... Je ne veux pas étouffer la lumière.

" Vous n'êtes pas malade n'est-ce pas ?"

Un regard. Une seconde. Un souffle. En un laps de temps très court, elle est passée du tout au rien. Elle s'est mise à me regarder comme tout le monde l'a toujours fait. Déçue. Irritée. Ecoeurée.

Je secoue la tête négativement, relâche mes bras tremblants. Je suis prêt à m'éffondrer. Qu'est-ce que je croyais ? La lumière n'est pas pour moi... Je pars... je pénètre dans mon gouffre à nouveau. C'est drôle, c'était ce que je voulais au départ, n'est-ce pas ? Y rester abandonné pour toujours... Toujours...

Un battement de cils. Ma main tremblante attrape la sienne. Mon coeur explose. C'est plus de douleur que je n'en ai jamais supporté. Pourquoi ? Pourquoi n'ai-je toujours pas eu cette putain de dose ? Pourquoi la libération ne vient pas ? Je tremble de peur face à elle. Je me retiens de ne pas hurler.

- Reste avec moi...

Ma main souffre, s'agite dans d'atroces convulsions. Mais je refuse qu'elle se défasse de ses doigts.

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Dim 8 Mai - 4:12


Il la repoussa, forcément, comme si tout allait être tout de suite simple avec lui... Mais non, ce n'était pas que cela. Il ne se contentait pas de la rejeter, en fait, il ne l'avait jamais accepté. Cette belle illusion qui l'avait bercée le temps d'une étreinte n'était plus qu'un nouveau souvenir dont elle pourrait avoir honte, une nouvelle chose à regretter quand elle serait seule dans sa chambre à attendre que le temps passe. Tout ce qu'il veut, c'est se droguer. Il planait, il planait tellement haut qu'il l'a emporté avec elle, voilà tout, mais c'est fini. Il est redescendu, il tremble, et de nouveau, il la rejette. Alors Crystal aussi redescendit sur terre. Un retour brutal à la réalité, trop brutal, qui la poussa à s'éloigner. Elle ne s'en rendit pas compte, c'était le choc, le fait de réaliser... Comment supporter sa présence si près d'elle après ça ? Si ça se trouve il ne planait même pas il se moquait simplement ! D'une minute à l'autre il va rigoler ! Oui, dans un instant...

Mais il ne rigola pas. Il était simplement là, assis face à elle. Il ne bougeait pas, et pire encore, il semblait plus vulnérable que jamais. Et alors ? Tout ça n'était qu'un mensonge ! Un mensonge qui n'a duré qu'une minute ! La vérité elle la connait, elle lui donne la migraine depuis des mois, l'empêche de dormir ! Lui n'est qu'un foutu drogué meurtrier qui l'effraye et lui fait faire des choses idiotes ! William Shatterney. Oui, voilà un homme avec qui elle serait vraiment bien, qui pourrait la serrer dans ses bras sans qu'elle ne craigne que ce soit l'effet de quelque drogue. Sauf qu'il n'est pas là, il n'est plus là ! Lui est là. Et Lui ne la fuit pas. Il ne rigole toujours pas, mais une minute a bien dû passer ? Bien au contraire, il semble réellement mal. Chaque seconde qui passe semble le tuer un peu plus, et elle, elle ne peut partir. Elle voudrait crier, courir, n'importe quoi, mais elle reste simplement sur place, figée, à le fixer. Il ne prétendit pas être malade, il ne lui mentit pas... Pourquoi s'acharnait-elle à le penser menteur à chaque seconde ? Lui avait-il seulement déjà menti ? Oui ! Non...

Et puis... Enfin il s'agite, autrement que par ces tremblements qui la pétrifient. Il saisit sa main, il... Ses yeux s'embuèrent un instant, elle était perdue, foutrement perdue. Pas seulement dans ce cimetière, mais ici, face à lui, dans sa tête. Elle regarda leurs mains, nouées à nouveau, et ses lèvres s'entrouvrirent de surprise. Elle ne serrait pas la sienne, mais lui tenait la sienne comme si elle était la dernière chose qui comptait. Elle comptait... Elle releva la tête vers lui, lentement. Il était pâle, transpirait, autant que ses doigts étaient moites d'ailleurs. Il semblait prêt à s'effondrer mais la seule chose qui l'importait était de ne pas lâcher sa main ? Elle sentit une larme s'échapper, puis une seconde... Que faisait-elle encore ici ? Il était faible ! Elle pourrait bien en finir de ce cauchemar ici et tout de suite ! L'achever, enfin ! Mais elle n'est pas une meurtrière... Alors fuir ! Trouillarde, ça elle l'est ! Mais ses jambes ne réagissait toujours pas...

Combien de temps qu'elle le fixait ainsi ? Il tremblait, il semblait frigorifié, et sa main toujours dans la sienne. Alors sans qu'elle ne s'en rende compte, sans qu'elle ne réalise son geste elle tourna sa main, et serra la sienne en retour. Lentement, le sang se remit à circuler, son cerveau se remit en marche, mais à l'envers semblait-il. Elle faisait tout l'inverse de ce que sa conscience lui dictait. Elle fonçait dans la gueule du loup, et le faisait car elle en avait envie. Ses pieds reprirent vie à leur tour, mais pas pour courir car elle revint s'asseoir près de lui. Et puis tout commença à s'accélérer car alors elle réalisait qu'il était vraiment mal, mais que rester signifiait l'aider. Elle ne lâcha pas sa main, ne voulait lui donner l'impression de l'abandonner ni n'aurait pu s'y résoudre mais de l'autre se mit à le fouiller tant bien que mal. Elle même ne comprenait pas bien ce qui lui prenait, simplement elle suivait son instinct jusqu'à... Elle La trouva, La sortit de sa poche... C'était bien cela donc... Elle continuait de pleurer, en silence, mais elle avait décidé de rester, c'était sa faute ! A qui d'autre s'en prendre sinon à elle d'être une aussi parfaite idiote ! Elle La regarda un instant, puis son regard se posa sur leurs mains toujours nouées, puis sur son visage, d'une blancheur effrayante... Elle aussi tremblait, mais elle avait fait son choix en revenant s'asseoir...

- Qu'est-c... Comment...

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Mar 10 Mai - 0:47




Je dois contenir la douleur, la colère, le manque. Je ne sais pas pourquoi. Ou plutôt si, je le sais. C'est la première fois. Pour la première fois je subis le manque aussi violemment. Mais par dessus tout, pour la première fois, j'essaie de le faire reculer, de le faire taire. Il faut qu'il m'accorde quelques secondes de plus. Quelques petites secondes infimes... Juste le temps de garder la lumière près de moi.

Juste le temps de ne pas être seul.

J'ai mal. Je serre les dents, je serre le poing qui ne tient pas sa main contre ma jambe, pour l'empêcher de trembler à son tour. Je me retiens de ne pas serrer sa main trop fort, et pourtant je me sens capable de la broyer. Pourquoi tant de précautions ? J'ai mal, finissons-en !... J'ai besoin de quelque chose pour oublier, immédiatement. Je me fous de savoir qui est là, je me fous d'être seul, je... Je m'en fous. N'est-ce pas ?...

Je déteste ce sentiment d'incertitude. J'en ai la nausée. Voilà pourquoi je préfère mon monde d'hallucinations et d'imagination. Une douce folie, un putain d'asile pour les oubliés des sentiments. Tout est plus simple. Tout y est moins fort. Et à la fois tout est décuplé. C'est paradoxal... Je ne sais plus ce que je dis. Mais je sens la chaleur tremblante de sa main me répondre. Je sens mon coeur se serrer, une impression renforcée de chaleur m'envahir. Ma peau frissonne toujours, mon corps est toujours fiévreux et faible. Pourtant, quelque chose semble s'être détaché en moi, et flotter dans mon ventre et ma poitrine, comme adouci et apaisé.

A vrai dire, j'ai eu... J'ai eu tellement... Peur, putain. Qu'elle s'en aille alors que j'essayais de la retenir. Elle aurait pu. J'ai tellement peur de ce qu'elle me fait faire, de ce qu'elle fait de moi. Je ne me reconnais pas, mais je ne sais pas si cela est bon ou non. Et je me sais capable d'atrocités... Surtout dans un tel état. Ce sifflement aux oreilles, ce sang qui vrille douloureusement aux tempes, ce coeur qui bat à toute allure, pompant de plus en plus vite les substances se faisant de plus en plus rares dans mon corps. Et un seul moyen de tout arrêter. Cela rendrait violent n'importe qui, n'est-ce pas ? Mais moi, moi qui ait l'habitude de la violence, moi qui m'en joue, moi qui la manipule avec le sourire ? De quoi suis-je capable, dans ces conditions ? J'ai peur de ce que je suis, de ce que je pourrais lui faire. Je ne suis pas quelqu'un de bon, j'entache sa lumière avec mon ombre. Je la salis. Le manque me prive de mon assurance, il me prive de mon contrôle sur ce que je suis, ou ce que j'essaie de ne pas être. Humain. Faible. Seul... J'ai besoin d'air. Non, ce n'est pas ce dont j'ai besoin. La seule chose à laquelle mon cerveau pense c'est cette seringue.

Elle s'est assise à mes côtés, n'a toujours pas lâché ma main. Je refuserais de lui rendre la sienne quoiqu'il arrive. Si mon cerveau a besoin de drogue, le reste de mon esprit semble l'avoir choisie pour combler ce vide. Je ne sais pas si c'est cohérent. Sans doute non. Pourtant, je crois distinguer son pouls à la surface de sa peau lisse. Et cela me suffit. Je réalise que je ne suis pas seul. Je pourrais pleurer, sourire et mourir à la fois. Serait-ce une forme d'émotion ? Je crois que j'aime ce que tu me fais. Mais tu me terrorises.

Je ne l'empêche pas de me fouiller à la recherche de ce que mon corps réclame. Une larme coule depuis sa joue et échoue sur ma peau. Je la regarde en tremblant, je ne quitte pas son visage des yeux. Je voudrais les fermer, me concentrer pour ne pas voir trouble est douloureux. Mais j'ai besoin de voir sa réaction, son visage. Après avoir vu la déception animer ses traits, après qu'elle est restée... Je veux connaître ce qui l'anime. Et je retrouve cette fille si spéciale, si unique, si terrifiée et téméraire à la fois. Bien sûr, elle ne sait pas comment s'y prendre, elle est perdue. Mais a-t-elle conscience qu'elle me perd encore plus ? A-t-elle conscience qu'en ce moment, j'explore un état qui m'est inconnu, entre le désir de résister à ma faiblesse, la souffrance et la douceur ?

Ma main libre tremble en se saisissant du cordon de ma chemise, que j'arrache d'un coup. J'en ai besoin pour faire le garrot du bras duquel elle tient toujours la main. Je le serre avec les dents. Même si je tremble, même si je suis mal, certains gestes semblent être devenus automatiques. Puis... Puis, je la regarde. Et ma main libre tremble jusqu'à sa joue humide. J'efface maladroitement une larme.

- Ne sois pas effrayée... Ma main glisse le long de sa joue, suit légèrement la courbe de son cou. Je me saisis de sa main qui tient la seringue, déjà prête. Faiblement, je guide le geste. L'aiguille frôle ma peau, ne la pénètre pas encore. C'est un supplice. La délivrance est là, juste à portée, mais je refuse de me l'accorder. Elle... Elle me rend fou.

Mon corps penche vers elle, ma main ne la force pas à me piquer. Je m'en remets à elle, alors que mes lèvres glissent vers sa joue. J'embrasse une nouvelle larme.

- Je sais que tu as le courage de le faire.

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Mer 11 Mai - 2:25


Crystal le sentait, près d'elle, tout à côté. Elle sentait ses tremblements aussi bien que si cela venait d'elle... Mais peut-être est-ce le cas après tout ? Elle ne sait pas, elle ne sait plus. Tout se mélange, sa vue se brouille, elle doit avoir l'air aussi perdu que lui... A la différence que le seul manque qu'elle ressent en ce moment est celui du réconfort de ses bras. Était-ce réellement il y a quelques minutes à peine ? Pourquoi tout avait dû changer si vite ? Comme la vie était cruelle avec elle ! Des mois de malheur pour une minute de réconfort, une seule ridicule foutue minute avant une nouvelle descente aux enfers ? La crise de panique la guettait, ou peut-être était-elle déjà là ? Elle ne sait pas. Était-elle réellement encore assise à ses côtés ? A-t-elle abandonné, pour la première fois de sa vie, la facilité, pour un homme qui se fiche peut-être totalement d'elle ? Elle ne sait plus.

Et puis son regard divagua vers la seringue, alors tout revint, tout devint plus clair. Comme une chute, violente, brutale. Finis ces quelques secondes bénites où elle s'était trouvée comme anesthésiée... Elle sut que sa vue brouillée n'était due qu'à ses larmes, qui coulaient, sans fin, depuis combien de temps déjà ? Ces tremblements, siens malheureusement. Mais depuis quand tremblait-elle, et pourquoi ? De peur ? De tristesse ? Les deux... Essayait-elle de se donner des airs en jouant la courageuse en aidant un meurtrier qui avait toutes les raisons du monde d'en vouloir à sa vie ? Fuir, fuir, elle n'était bonne qu'à ça ! Alors pourquoi était-elle assise et incapable de se relever ?

Ses yeux se détachèrent de l'aiguille pour se poser sur son visage. Il était pâle, livide même, des gouttes de transpiration perlaient partout sur son front, sa mâchoire était crispée, il tremblait, et pourtant semblait tout faire pour se retenir ! Dans quel état était-il là ! Encore hébétée, effrayée, ne réalisant qu'à moitié ce qu'elle tenait en main, elle se mit à le détailler. Leurs mains, toujours nouées, plus que jamais. Cette sensation, cette chaleur... C'était comme une ancre qui la retenait sur terre, une raison de ne pas fuir, un rappel à cette étreinte qui lui manquait déjà. Elle comptait pour lui, c'est pour cela qu'elle était courageuse... Et puis son regard coula sur son autre main, ce poing qu'il serrait avec tant de force ! Elle s'en étonna car il ne lui semblait pas qu'il serrait sa main si fort... Alors elle prit l'ampleur des choses, et du contrôle qu'il devait s'efforcer d'exercer pour ne pas craquer face à elle. Aucun mot plus haut que l'autre, aucune violence, aucune hâte... Tout cela, était-ce réellement pour elle ? Pourquoi ?

Et puis de nouveau tout bouge, elle perd la notion du temps. Combien de temps à le fixer ? Une minute, deux peut-être, ou tout juste quelques secondes ? Mais son poing n'est plus là, il est juste sous ses yeux, s'affairant sur son autre bras. Elle ne peut le quitter des yeux alors que les tremblements ne semblent plus un problème. En une seconde, il a déchiré sa chemise et entouré son bras. Ca non plus, elle ne peut le comprendre, mais que comprend-elle vraiment à tout ça après tout ? Et puis de nouveau la douceur, une caresse... Un instant elle est de nouveau Crystal, cette jeune demoiselle désirée à qui on ne refuse la tendresse ! Mais son ancre la ramène ici bas, car il est trop tard pour fuir à présent... Est-ce pour cela, les larmes ?

Tout est dur, incompréhensible, et sa deuxième main, sa deuxième main... Il la tient aussi, la guide, lentement, mais si rapidement à la fois ! Elle veut hurler, tout lâcher, courir, vit et revit le scénario dans son imagination, et pourtant rien ne change. A chaque fois qu'elle cligne des yeux, c'est toujours leurs mains enlacées autour de cette seringue qu'elle voit. Magnifique ? Terrifiant ? Les deux, et tendre aussi lorsqu'elle sent ses lèvres se rapprocher et se poser sur une de ses larmes... Si seulement il n'y en avait qu'une ! Il lui parle de courage, mais elle est si lâche ! S'il savait pourquoi elle pleurait ! Elle a été intime avec bien des hommes, mais jamais à ce point lui semble-t-il... Et c'est affreux, car de cette proximité, elle ne ressent que sa vulnérabilité ! Comment peut-il parler de courage alors même qu'elle n'a jamais eu si peur de sa vie ? La seringue dans sa paume, ses mains autour des siennes, ses lèvres près de son oreille, et tout le reste !

C'en est trop, c'est assez, elle veut fuir, elle doit fuir ! Son coeur et sa respiration s'accélère, la crise de panique est là. Elle ne peut rester une seconde de plus, c'est impossible ! Elle ne le peut simplement pas ! Comment le pourrait-elle alors que jamais elle ne s'est sentie aussi mal de sa vie ! Comment le pourrait-elle alors qu'elle vient d'enfin planter cette foutue aiguille dans son bras, que pour qu'il se sente bien, elle vient de tuer la dernière part d'innocence qu'il lui restait ?

Et puis enfin, ses muscles se relâchent, les larmes cessent, et l'obscurité vient s'emparer d'elle alors que lentement, elle glisse au sol. Finalement, elle a réussi à fuir...

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Sam 14 Mai - 20:33



La douleur me prend, comme des spasmes, elle s'enfonce en moi. Traitresse, elle se venge pour tous les tours, toutes les impostures que je lui ai jouées. Me droguer, c'est l'éloigner, l'anéantir, l'écraser. C'est me jouer d'elle et de sa force. Pourtant, c'est aussi la promesse qu'elle reviendra plus violente, plus acharnée que jamais ensuite. Mes escapades ne sont que les prémices de chutes plus douloureuses et fatales. A chaque fois, je m'éloigne un peu plus. A chaque fois, elle me poursuit. Je ne suis pas libre. Je ne suis que son pantin. Je ne suis que l'insecte pris dans sa toile d'atrocités. Car dans ces moments, même mon esprit ne peut plus s'évader. Plus rien ne suffit à me délivrer de la torture physique. Mis à part ce qui m'y précipite un peu plus chaque heure et chaque jour. Je suis pris au piège. Je ne fais que retarder l'échéance. J'ai commencé un jeu sans solution, parce que j'étais lasse de l'existence que je menais. Je l'ai fait par ennui, par défi. Je l'ai fait pour prouver au monde que j'étais plus fort, que je pouvais tout endurer, tout supporter. Mais le monde n'en a rien à foutre. Je l'ai fait pour faire du mal aux autres. Et le prix à payer était de me blesser moi-même. Je l'ai fait pour être capable de tout, pour être une sorte d'entité suprême, que rien ne pourrait contraindre à souffrir... Erreur. Je l'ai fait pour arrêter de penser, arrêter de ressentir. Mais on n'arrête pas la nature humaine. On la renie. On la détruit lentement, on l'enterre en soi, on s'enfonce pour ça dans un gouffre sans fond. Un gouffre aux couleurs étranges et subtiles, Un gouffre de solitude. On devient effrayant.

Et un jour tout est bousculé. Le gouffre s'inverse, aveuglé par une lumière puissante, on s'aperçoit que ce qu'on pensait couleurs n'était qu'obscurité, que ce qu'on croyait liberté n'était que prison. On voudrait tout inverser, sans comprendre, sans même le formuler clairement dans son esprit : le corps agit, viennent ensuite les pensées, les paroles, et parfois le mouvement s'inverse. On ne comprend plus... On ressent comme jamais. On souffre comme jamais. On s'attache à tout ce qu'on s'est efforcé de rejeter. On a peur alors que précisément la peur nous avait abandonné... On a peur.

Un souffle de vie m'envahit. La chaleur liquide se répand dans mes veines. Je la sens pénétrer ma chair, s'emparer de moi, terrasser la douleur. Mon amie et rivale de toujours. Ce ne sera pas pour cette fois non plus, la partie n'est pas terminée. Bientôt, sans doute. Nous nous recroiserons, il est impossible d'en douter. J'aurais souri en temps normal. Comme on sourit à une vieille connaissance que l'on sait revoir bientôt. Tout n'est qu'une question de temps, de circonstances. la vraie délivrance, c'était mourir. Mais lutter aussi longtemps que possible, voilà qui rendait la chose plus attrayante, voilà qui lui donnait tout son intérêt. Mourir sans avoir personne, sans avoir aucune attache. Mourir en étant déjà à moitié-mort, c'était facile.
Maintenant, j'avais peur. L'anxiété ne voulait pas me quitter. Contrairement à ma douleur, elle n'était pas balayée de mon corps par la drogue. Et c'était atroce. Maintenant, j'avais une chaleur, une présence... J'avais des regrets. Je ne sais plus où je vais.

Mes yeux s'ouvrent soudain, mes pupilles sont dilatées. L'air s'insinue dans mes poumons, puis en ressort. Tout rentre dans l'ordre. Tout s'effondre. Et une pensée m'envahit : j'ai refusé d'être seul. Je suis allé à l'encontre de tout ce que j'ai pris pour acquis pendant des lustres. Et on m'a répondu... Elle m'a répondu. Cette petite fille. Cette femme m'a tendu la main. Illogique, inattendu... Dangereux.

Je reviens à moi, je reprends le contrôle. La drogue fait effet. Mes yeux dérivent depuis des contrées perdues dans mon imaginaire à la réalité étendue sous mes yeux : au sol, la seringue est dévidée. Et la Belle s'est évanouie. Je sers si fort mes poings que les articulations en craquent. Mais je ne tremble plus : je me redresse, me déplace vers elle, me penche vers son corps. Son visage entre mes mains, je la regarde. Je suis anéanti. Le comprends-tu ? Pourras-tu le comprendre un jour ? Je t'ai appelée, tu as répondu. Le méritais-je ? Etait-ce réellement la bonne solution ?

- Qui es-tu pour sauver celui qui te terrorise ? Un Ange ? Je souris.

J'ai encore quelques vertiges, mais j'ai suffisamment l'habitude pour savoir que cela ne durera pas. Le soulagement physique que cela m'apporte est incomparable... Je suis détestable, n'est-ce pas ? Le monde a raison : je suis un monstre.

- Quelle idée de s'évanouir dans un cimetière, petite fille.

Je te parle comme d'habitude. Je veux t'effrayer comme d'habitude, te faire fuir comme d'habitude. Il le faut, comprends-tu ? Je suis un monstre. Je ne suis pas humain, je ne ressens pas, je ne suis pas capable de compassion, je n'ai pas peur. Jamais. Jamais. Jamais !

Il le faut, petite fille... Il faut que je te sauve de ce que je suis. Je suis... Tellement, tellement seul, sans toi.

Mes bras l'enserrent, la portent. Lentement, je commence à marcher. Je la sors de ce cimetière, pour emprunter de sombres chemins... Je ne sais pas ce que je fais. Je veux te sauver, comprends-tu ? Mais moi, je n'ai rien d'un Ange. Alors je t'amène chez moi, dans mon gouffre d'obscurité. Je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à me défaire de toi.

Allongée sur un lit de fortune, tu sommeilles. Pour combien de temps encore ? Je ne peux te quitter des yeux. J'ai peur de ce que je suis en train de devenir... Tellement peur.

- Pardonne-moi, mon Ange.

Quelques doses de plus feront sans doute l'affaire...

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Dim 15 Mai - 6:28


Tout est plus calme dans cette obscurité. Derrière ces paupières closes, il n'y a pour une fois plus une pensée sombre, plus de souvenirs désagréables. Depuis combien de temps cela n'était plus arrivé ? Ce n'est même pas tant que les visions y sont plus belles, en réalité, tout à un goût de néant... Mais c'est tellement plus agréable que tout ce qu'elle a pu voir ces derniers mois ! Est-ce dont là la libération tant attendue ? Non certainement pas, tout serait alors trop facile, mais ce silence n'est pas déplaisant... Elle ne dort plus totalement, ne se souvient plus avoir dormi... En cela aussi elle est apaisée. D'habitude, elle se relève d'un coup, hurle, ou reste blottie pendant des heures sous ses couvertures, terrifiée. Ne plus se rappeler de rien vaut mieux que le souvenir de cauchemars ou d'une sombre nuit interminable sans trouver le repos.

Et puis cette douce béatitude commence à s'estomper, comme à chaque réveil. Lentement, elle redescend de son petit nuage paisible et laisse ses pensées s'éveiller. Alors forcément les questions finissent par arriver, s'imposer d'elles-mêmes. Elle s'agite, fronce les sourcils, que s'était-il passé ? Par bride, la mémoire lui revint. Sa chambre d'hôtel, le son insupportable de cette horloge... Et puis la rue, le cimetière... Lui ? Oui, elle l'avait vu ! Une étrange sensation au creux du ventre, l'impossibilité de dire si c'est agréable ou pas; les deux en fait. Il y a la peur, et il y a ce réconfort... Dans ces bras. L'a-t-elle réellement enlacé ? Comment se fait-il qu'elle y ait pris un quelconque plaisir ? Et puis... La rage, la peur, beaucoup de peur surtout, mais pas la même que d'habitude. Ce n'est pas la peur de mourir, pas dans le sens où on l'entend du moins, car au fond il y a bien un peu de cela. C'est simplement que cette fois, sa mort ne la transperce pas d'une larme, ne vient pas de la main d'un inconnu... Celle-là, elle se l'inflige elle-même en enfonçant la pointe de cette seringue dans son bras.

Tout était revenu à la normale. Son sourire paisible avait disparu pour laisser place à ses affreux tourments quotidiens. Elle se rappelait tout, jusqu'à cet instant, qui lui manquait déjà tant, où un trop-plein d'émotion avait fini par avoir raison d'elle et l'avait plongé dans ce sommeil si profond que rien n'avait pu l'en déloger avant plusieurs heures. Elle y avait été si bien... Mais quelque chose manquait. Où était-elle ? Cette fois elle était parfaitement réveillée, mais n'osait pas rouvrir les yeux. Elle s'était évanouie à côté de lui, dans le cimetière... Se pouvait-il qu'il l'ait abandonné là, après qu'elle lui soit pourtant venue en aide ? Ou l'aurait-il ramené ? Au fond, elle ne savait trop ce qu'elle aurait préféré, au fond il restait... Lui. Ce tueur, d'homme, et d'âme maintenant. Mais il était aussi cet homme qui avait su la prendre dans les bras, lui faire sentir qu'elle était importante. Qui était-il ? Oui le réveil était bien là, et toutes les questions qui arrivent avec aussi...

Mais il y avait trop de questions et bien peu de réponses. N'avait-elle pas décidé de se reprendre en main ? Oui, elle n'arrêtait pas d'essayer de s'en convaincre, et ne faisait finalement rien pour. Elle pourrait bien se trouver toutes les excuses au monde, le fait était qu'elle était là, plus tourmentée que jamais, et qu'elle ne faisait rien pour y changer quelque chose. Pourquoi n'ouvrait-elle pas les paupières? Elle avait peur, peur de découvrir l'endroit où elle était... Elle savait bien que ce n'était pas le cimetière, elle ne sentait pas le sol sous elle, pas de vent sur son visage. Mais où alors ? Couchée sur le côté, elle ouvrit enfin les yeux, lentement, timidement. Au fond, elle espérait ne voir qu'un mur ou une pièce vide, mieux encore, sa propre chambre... Mais elle devrait bien savoir que la chance ne lui sourit jamais depuis le temps n'est-ce pas ?

Alors la première vision qu'elle eut, ce fut lui, immobile, la fixant. Aurait-elle ouvert les yeux dès son réveil qu'elle aurait sursauté, crié peut-être... Mais elle savait déjà qu'il était là, l'avait senti. Après avoir pris le temps de tout remettre en place, elle avait fini par s'y attendre... Et puis son regard pesait tant sur elle. Elle ne bougea pas, lui renvoya son regard. Il n'exprimait ni peur, ni colère, ni tristesse... Simplement elle le regardait. Il ne lui avait rien fait pendant son sommeil, elle en avait la certitude. Elle ne l'avouerait certainement jamais mais inconsciemment, elle commençait à avoir confiance en lui. Il ne lui avait jamais menti, jamais fait de mal, pas directement du moins, alors pourquoi en serait-il autrement ? C'est pour cela que pour une fois, elle n'eut pas envie de le supplier de l'épargner. Elle se ficha de savoir où elle était car de toute façon ça ne changerait rien. Non, il n'y avait qu'une chose qui importait...

- Qui êtes-vous?

Qui était cet homme capable d'à la fois ôter la vie devant ses yeux et lui donner le courage de tuer les restes de son innocence de sa propre volonté, le tout en lui donnant l'impression d'aller bien au creux de ses bras l'espace d'un instant ? Pour la première fois depuis des mois, elle ne voulait plus le voir comme « le meurtrier », « le drogué » ou encore « son cauchemar » ; pour la première fois depuis des mois, elle mettait de côté son ressenti et ses préjugés et voulait savoir qui elle avait réellement en face d’elle.

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Mar 17 Mai - 1:25




Sans véritablement la quitter des yeux, j'ai enchaîné dose sur dose, cigarette sur cigarette. Les volutes de fumée ne se dissipent plus dans l'air trop épais de cette petite chambre trop sombre. Mais j'ai toujours aussi froid. Mes bras me démangent. Je me sens devenir fou, je me sens perdre les pédales, partir en arrière. Je sens la pièce valser, les murs trembler, mes pupilles dilatées s'éclater contre une paroi de nouvelles couleurs incandescentes. Je revis, je renais. Mais je suis toujours aussi mort...

A l'horizon, une lumière. Faible, douce, qui ne lâche jamais prise. Qui persiste et résiste dans l'obscurité. Elle ne se laisse pas envelopper complètement par mon tapis d'ombre. Son scintillement, infime et merveilleux, m'écorche la rétine. Mais je continue de contempler, avec un sourire. Le spectacle est beau... Il est si beau. Cette fille est unique. Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi peu lâche. Je n'ai jamais vu quelqu'un se pousser autant à bout... Pour un inconnu. Pour quelque chose à laquelle elle ne sait même pas si elle peut vraiment se fier. Mais elle l'a fait. Pour quelque chose qui la terrorise... Elle l'a fait. Et elle reste persuadée de sa médiocrité. Qui est-elle ? Comment peut-elle exister ? Comment peut-elle me fasciner autant ? Rien n'est à même de combler cette attirance... Pourtant je résiste. Depuis quand ai-je une conscience ? Me l'a-t-elle rendue ? Pourquoi je ne m'énerve pas ? Je devrais détester ce sentiment d'impuissance. Et je le déteste. Mais je l'adore à la fois. Elle m'emplit d'une contradiction nouvelle, exacerbée à un point que je n'étais jamais parvenu à atteindre auparavant, peu importe les drogues, peu importe les hallucinations. Elle surpasse tout... Et elle demeure inatteignable.

C'est parfait ainsi. Cette frustration doit demeurer intacte. Jamais je ne dois approcher, je dois rester assis, là, face à ce lit où son corps est étendu dans la quiétude. Je dois la contempler de loin, sans jamais briser cette distance entre nous, de peur que la lumière faiblisse et s'étouffe... Car je ne serais pas capable de la toucher sans la briser. De la toucher sans la salir, de l'avoir sans la détruire, sans voler chaque once d'innocence, chaque souffle de vie, chaque parcelle d'âme. Car je suis un monstre. Je suis mauvais, et je n'aspire qu'à mes propres intérêts, et je suis seul, et je terrorise, et je manipule. Voilà qui je suis. Je suis cela depuis des années. Je n'ai plus de nom, je n'ai plus d'âme. Je suis un fantôme, une ombre aérienne. Je suis un sac de pensées dévidées, je suis une masse d'images apocalyptiques et bizarres, je suis une montagne d'idées irréelles et sournoises. Je suis ce qu'il ne faut pas être, je suis celui qui fait souffrir, celui qui n'est capable d'aucune émotion. Celui qui n'est capable de rien. Je suis le monstre qui détruit ce qui l'entoure et qui s'en fout. Je suis cette personne-là. Et c'est pour ça que pour rien au monde, je ne bougerais ma main pour caresser sa joue. C'est pour ça que je resterais là, seul.

C'est ce que je me répète depuis des heures, putain. Depuis des heures, et des heures, et des heures. J'entends le fourmillement des gens qui passent et qui crient au dehors. J'entends les murs de cet endroit vétuste craquer autour de nous. Chaque son est décuplé. Mais je ne vois qu'une seule chose : son visage, et ma main, crispée comme jamais pour ne pas, ne surtout pas aller la toucher. Je lutte comme un con pour rester seul parce que c'est ma volonté, et je souffre comme un con pour sortir de mon abîme parce que c'est ma volonté. Je ne me situe plus nul part. Je suis hors temps, hors champ, hors de tout. Je suis là sans y être, puis là seconde suivante, je suis extra-conscient de son souffle tiède qui s'échappe de ses lèvres entre-ouvertes pour se mêler à l'air que je respirerai plus tard. Je suis fou, et c'est sa faute. Cette idiote m'a sauvé. Cette idiote m'a tiré d'un endroit où elle aurait mieux fait de me laisser, où je dois retourner. Je le dois, putain ! Mais je n'y arrive pas... Je ne peux pas la quitter. Je ne veux pas qu'elle me quitte. Je ne veux pas redevenir seul. Je... je ne sais pas ce que je veux. Je ne sais plus ce que je suis.

Cette fille a vidé une enveloppe vide.

Ses yeux s'ouvrent, j'expire la fumée d'une énième cigarette. Je dois t'éloigner, et je te dévore des yeux. Tu le sens, fillette, n'est-ce pas ? Tu le sens que je suis fou ? Alors qu'est-ce que tu attends ? Sauve ta peau. Pars... Pars... Pars...

Sa question eut l'effet surprenant et particulier de me rompre de l'intérieur et de recoller les morceaux dans le même temps. Je ne comprenais plus rien à mon fil de pensée, mais j'avais la très nette impression que je tombais vers quelque chose d'inattendu, une nouvelle fois. Quelque chose que, en des années de vie, seule elle avait semblé capable de soulever. Et je n'étais même plus capable de sourire.

- Je te l'ai déjà dit, je ne suis personne.

Le silence s'installe. Je porte ma cigarette à mes lèvres une nouvelle fois, puis inspira longuement. Je la regarde. Ses yeux me brûlent. Qui suis-je ? Qui... Si seulement je le savais, putain ! Qu'es-tu en train de faire de moi ? J'expire, je baisse les yeux pour regarder les ronds délicats de fumée épaisse que je viens de tracer.

- Je ne sais pas... Je ne sais pas qui je suis, fais-je dans un murmure. Mais certainement pas quelqu'un de bon pour un Ange.

Mes yeux se fermèrent, et je me laissai bercer par un je ne sais quoi lié au plaisir étrange de la savoir éveillée à nouveau. Il n'y avait plus aucun risque que je la blesse, à présent... je pouvais... je pouvais me laisser aller, enfin. Enfin un peu de repos...

- On m'a appelé meurtrier, ou fou. Drogué, inconscient, dérangé, sans-âme... Et puis, on a fini par arrêter de m'appeler. J'ai compris que derrière tout ça, je n'étais personne. Je n'étais rien... Juste le bruit suffisant pour prononcer quelques paroles, mais seulement pour un temps, seulement jusqu'à ce qu'elles s'évanouissent dans l'oubli et qu'elles m'enveloppent à jamais. Lequel préfères-tu ?... Je crois avoir une préférence pour sans-âme. Je l'ai abandonnée il y a un moment, celle-là. Troquée contre un monde instable, mais qui sait m'offrir ce dont j'ai besoin. La chute est la partie la plus douloureuse, comme tu l'as vu. Mais je suis tranquille, là-bas. Ou je l'étais. je ne sais plus. Je pense que c'était bien. Mais j'ai un goût désagréable dans la bouche. Une sorte d'amertume. Comme un regret. Ou quelque chose qui voudrait me ramener à la surface et que je ne peux pas repousser. Je ne comprends pas. Je crois que c'est parce que...

J'ouvris soudainement les yeux, me rendant compte que je parlais trop, que je divaguais. Choqué, je la contemplai à nouveau. Comment ?...

- ... Tu m'es tombée dessus.

A cet instant précis, je ressentis une immense vague de chaleur qui me paralysa sur place et qui me fit penser à un sentiment oublié... proche de l'affection.

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Mer 18 Mai - 3:42


Sa réponse tomba comme un poids, lourde, et installa le silence. L'ambiance était pesante, cette fumée, son regard sur elle, elle suffoquait. Elle aurait voulu fuir, loin, tout oublier. Oui, se débarrasser une bonne fois pour toute de toutes ces pensées lugubres, de cette peur, de cette impression d'étouffement, de lui. Mais non... Non, c'est ce qu'elle aurait du vouloir, s'il lui restait un brin de jugeote, mais apparemment non car ce qu'elle désirait vraiment, c'était rester ici, continuer à sonder son regard, entendre sa réponse, sa vraie réponse. Elle en avait la certitude, il n'était pas personne, il y avait quelqu'un, là-dessous, et elle avait creusé assez profond pour qu'enfin il se découvre. Elle continuerait à suffoquer au milieu de cette fumée et ne fuirait pas. Alors elle continua, ne fuit pas, et lui, parla enfin.

Son murmure, à peine perceptible, la berça agréablement. A présent c'était lui qui fuyait, qui détournait le regard alors qu'elle souriait, heureuse de voir qu'il avait poursuivi. Il n'y avait rien de moqueur dans ce sourire, de méchant, elle était simplement attendrie,... touchée. Touchée qu'au milieu de l'enfer, il ait pu voir en elle un ange. Touchée qu'il laisse transparaître un doute devant elle. Touchée de le voir si... Vulnérable. Il ne la regardait plus, ferma les yeux et sembla s'échapper pour de bon. Elle, elle ramena simplement ses mains sous sa joue et ses genoux contre sa poitrine. Toujours sur le côté, elle attendit, en l'observant. Elle attendit patiemment ce qui arriva bien plus vite qu'elle ne l'aurait espéré.

Mais en avait-elle espéré tant ? Il ne fallut pas plus d'une seconde pour que son sourire laisse place à un air stupéfait. Il lui parlait et pourtant semblait si loin à la fois ! Inconsciemment, elle se redressa pour s'asseoir sur le lit. Lui prêtait-il seulement encore attention ? Que ressentit-elle alors ? Tant de choses ! Comment le décrire correctement ? Il était au moins une chose dont elle pouvait être certaine de ne pas avoir envie : prendre ses jambes à son cou. Cette pensée ne lui effleura d'ailleurs même pas l'esprit, alors que c'était le moment rêvé. Mais comment seulement l'imaginer alors qu'il lui disait là tout ce qu'elle avait tant cherché au fond de ses pupilles si noires ? Ce qu'elle ressentait hum ? Le trouble de le voir ainsi tout étaler, la peur de se retrouver face à un tel flot de sentiments, de l'admiration pour cet homme qui osait tout dire, et puis de la colère, de la tristesse, et tant de choses qu'elle n'aurait pas su nommer plus qu'elle n'aurait été capable de les expliquer ! De toute façon, comprenait-elle seulement la moitié de ce qu'il venait de lui dire ?

Et puis plus rien. Son corps se figea alors que ses yeux revinrent se planter dans les siens. Elle lui était tombé dessus. Elle. Elle ? Tout ça, c'était donc elle ? Tout ça c'était à cause d'elle ? Grâce à elle ? Son coeur manqua un battement, puis un second, et peut-être encore un autre. Elle ne bougeait plus, était incapable de réagir. Se pouvait-il qu'elle compte à ce point ? Au point qu'elle, la petite fille, ait réussi à le sortir de sa cachette ? Avait-elle pu creuser profond à ce point ?

Une seconde, dix secondes, une minute... Elle ne le regardait plus, ne regardait plus rien. Ils sont deux dans cette pièce mais elle a soudain refermé le cocon juste devant elle. Il lui faut le temps, qu'elle assimile, comprenne, prenne du recul... Elle fixe le vide, stupéfaite, et puis... Et puis le vide disparaît et de nouveau ses beaux yeux sombres. Il est de nouveau là, face à elle, paralysé lui aussi semble-t-il. C'est à elle de bouger, de réagir ! Il a répondu à sa question n'est-ce pas ? Il faut juste qu'elle revoit sa réponse elle aussi. Le sarcasme, elle s'y attendait, mais ça... Alors elle aussi va se lancer, improviser et se ficher de tout. La tête penchée, résignée, elle ouvrit sa bulle, et l'y accueillit.

- Je crois vous avoir donné chacun de ces surnoms.

La tête relevée, elle envoya valser ses craintes.

- Mais vous avez oublié mes préférés, voleur d'âme et cauchemar.

Debout, elle oublia le reste du monde et s'approcha de lui avec pour la première fois des frissons dont la crainte n'était pas l'origine.

- Mais jamais, ô grand jamais, vous n'avez été personne.

Elle se laissa tomber à genoux à ses pieds, et après une petite seconde d'hésitation, posa ses mains sur ses joues et planta son regard dans le sien. Elle avait déjà osé une fois, dans une autre vie... Il avait fini par la repousser violemment au sol lui semblait-il... Mais aujourd'hui tout était différent. Une vague de courage venue de nulle part et la portait à présent jusqu'à lui sans qu'elle ne cherche plus à lutter à contre-courant. Il était si perdu... Il était temps que quelqu'un lui prouve qu'il avait de la valeur, que quelqu'un essaye réellement de le sortir du cauchemar dans lequel il s'était plongé. Elle le ramènerait à la surface.

- Je vois quelqu'un derrière ces fenêtres sombres. Et cette personne là ne m'effraie pas. Cette personne là m'a serrée dans ses bras avec plus de tendresse qu'on ne m'en a jamais démontrée. Elle m'a retenue de m'enfuir alors que j'étais la dernière chose à laquelle elle aurait du penser. Elle a accepté la souffrance pour ne pas me brusquer. Elle a refusé de m'abandonner seule au milieu d'un cimetière et s'est tenue éloignée de moi alors que j'étais plus vulnérable que jamais. Cette personne là est belle. Cette personne là, c'est votre âme.

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Mar 24 Mai - 19:39





Complètement abasourdi par ce que je venais de faire, par la tournure des choses... Je ne réalisais pas bien ce qui se passait. Avais-je vraiment formulé à voix haute tout ce que je pensais être ? Etait-ce réellement ce que je pensais ? J'avais eu l'impression que quelqu'un d'autre s'exprimait à ma place. Quelqu'un avec la même voix que moi. Pourtant, tout paraissait trop familier, trop viscéral pour avoir été prononcé par une autre personne. C'était donc ça, je lui avais dit ? Je ne soupçonnais même pas renfermer un tel malêtre. Je n'y avais jamais vraiment songé. Je suis toujours dans un autre monde. Un univers où ces pensées n'ont pas leur place. Et c'est précisément pour ça que j'ai choisi ce monde-là. Que je l'ai créé, façonné à ma manière. Pour tomber dans l'oubli à jamais. Mieux vaut l'oubli que la souffrance... C'était ce que je m'étais dit, au départ. Sans doute. Je ne sais plus... Aurais-je si bien travaillé à ma propre perte que j'en aurais même oublié l'origine ? Ces mots que j'avais prononcés me donnèrent l'impression d'un être malheureux et seul, esclave de sa propre souffrance. Etait-ce donc ce que j'étais ? Pourtant je m'étais toujours vu comme libéré de mes fardeaux passés grâce à ce que je prenais quotidiennement. Je n'avais jamais regardé la drogue comme autre chose qu'un jeu avec le temps, avec la mort. Comme autre chose que mon jeu favori.

Mon regard restait prisonnier du sien. J'étais terrorisé. On m'avait ramené dans un monde auquel je n'appartenais plus depuis des années. Je ne comprenais rien à ce qui m'arrivait. Mon corps avait réclamé de plus en plus de drogues, comme s'il avait senti ce danger arriver, et qu'il avait pris les devants pour me permettre de m'échapper. Mais j'étais cloué sur place. Mon corps engourdi refusait de laisser s'échapper mon esprit. Je restais sur Terre, immobile, et voyait les portes de mon propre monde se fermer devant moi. J'avais froid. Puis chaud. Je me sentais trembler de l'intérieur, pourtant aucune partie de moi ne bougeait réellement. Je crus même, un instant, avoir arrêté de respirer pendant plusieurs minutes. Je ne comprenais rien à ce qui m'arrivait. Je n'expliquais pas ce retour brutal aux sensations que j'avais laissées de côté. J'étais complètement désorienté.

Alors je la fixais. Comme mon seul repère, comme ma dernière chance. Un peu comme... Comme je l'avais fait dans le cimetière, quand j'avais cru sombrer... Je l'avais retenue. Et elle était restée... Qu'est-ce qui m'arrivait ? Avais-je provoqué tout ça ? Où cela avait-il toujours été inévitable ? Qu'un jour, mes efforts pour m'effacer de la surface de ce monde se retournent contre moi... Non... C'était elle. Elle était apparue sans que je ne demande rien à personne, elle s'était imposée à moi comme une ultime lueur dans l'obscurité de ma nuit éternelle. Je ne l'avais pas choisie, pourtant aujourd'hui je la chérissais d'une manière étrange. Elle me paralysait, me transformait. Elle me faisait évoluer d'une façon incroyable, elle me baladait d'un monde à l'autre. Et les substances qui coulaient dans mes veines semblaient trop faibles pour la soustraire à mes sens. Je la percevais. Depuis des mois et des mois. Cela avait été faible au départ, cela avait juste été intrigant, comme beaucoup de choses le sont chaque jour. Et puis cela avait été fascinant. De plus en plus. Cela avait pris le pas sur tout le reste... Jusqu'à atteindre l'apocalypse. Le paroxysme de ma perdition : je l'avais retenue quand mes habitudes me dictaient de la laisser partir. J'avais fait d'elle mon intérêt principal quand tout mon corps se tournait vers autre chose.

Le son de sa voix me réveillait chaque seconde un peu plus. Ce qu'elle disait me heurtait de plein fouet, remuait tout en moi avec violence et déchaînement. Pourtant je sentais mon visage apaisé. Mes yeux suivaient les lignes fines de son visage, la courbe délicate de ses épaules. J'étais transcendé par ce qu'elle me disait. Je buvais ses paroles comme le meilleur breuvage qu'il m'ait été donné de goûter. Pourtant chaque gorgée était un peu plus douloureuse. Cette femme s'insinuait en moi comme le plus doux des poisons. Sa lumière m'englobait, me tuait, et j'accueillais cette mort avec crainte et délectation. Elle achevait chaque once de ce que j'étais, chaque parcelle de douleur, chaque morceau de ma monstruosité. Je sentais son corps s'approcher, je sentais sa douceur, je percevais sa tendresse du bout des doigts. Etais-je vraiment tel qu'elle me décrivait ? Je ne me reconnaissais pas dans ses paroles. Mais qui étais-je ? Je ne me reconnaissais dans rien du tout. J'étais tellement perdu... Tellement vide... Qui étais-je ? Si seulement je le savais... J'étais mort. Elle m'arracha mon dernier souffle de vie en me rendant mon âme.

Mon corps s'était penché dans sa direction. Mon visage était tourné vers le sien. Je sentais son souffle contre ma peau. J'étais incapable de parler. Incapable de lui répondre, incapable de penser. Puis, je sentis quelque chose d'humide déferler de mes yeux. Je ne me sentis jamais plus vivant. Mes mains se posèrent sur les siennes, restées sur mes joues. Je fermai les yeux.

- Tes mains sont douces. Je rouvris les yeux. Mes mains glissèrent sur ses bras, puis sur ses épaules. Avec lenteur, elles se rapprochèrent de ses cheveux dorés, s'entremêlèrent dans ses mèches de soleil, caressèrent sa nuque fine. Mon souffle se mêlait au sien. Ma voix ne fut plus qu'un murmure. Je ne peux pas être bon pour toi... Je suis trop faible pour ne pas te faire de mal. Je ne peux pas m'en empêcher... Je devrais faire en sorte de t'effrayer, je devrais te demander de partir, mais je ne peux pas... Tu comprends ce que je fais ? Je te garde pour moi, et c'est mal... Je suis un monstre, tu comprends ? Je ne peux que te faire du mal... Mes larmes roulaient sur ses mains, mes lèvres flirtaient avec sa bouche. Repousse-moi.

La chaise sur laquelle j'étais assis fut bientôt inutile. Je me trouvai à genoux à terre, face à elle, mon corps presque collé au sien. Je la fis lentement basculer en arrière, en la retenant avec mes mains, et me plaçait doucement au-dessus d'elle, comme si tout était naturel. Mes lèvres restaient toujours attirées par les siennes, mais elles ne se rencontrèrent pas encore. Je vis une de mes larmes tomber de ma joue pour s'échouer sur la sienne. Mon murmure reprit.

- Repousse-moi...


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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Jeu 26 Mai - 3:02


Son esprit s'était lentement vidé pour que n'y résonne plus que le tambourinement régulier de son coeur. Toute peur l'avait désertée alors que les mots s'échappaient lentement, tendrement, honnêtement. Il ne lui ferait pas de mal. Il ne lui ferait plus de mal. Il ne le pourrait plus, car elle avait dépassé la carapace de violence en lui, elle avait trouvé l'homme. Il était là, entre ses mains, beau, perdu. Il ne la toucherait pas, c'était certain, et quelle meilleure preuve de sa confiance que la vulnérabilité qu'elle lui montrait, ainsi à genoux à ses pieds ?

Mais quelle importance ! Car au fond rien de tout cela ne l'importait en cet instant, absolument rien ne l'importait en fait... Rien d'autre que sa réaction. Rien d'autre que ces petites perles aux creux de ses yeux. Elle voulut lever les mains, les sécher délicatement, mais ne risquait-il pas de se perdre pour de bon si elle le lâchait ? Elle le lisait dans ses yeux car ses yeux... Ils reprenaient vie. Elle les sentait, se poser sur son regard, ses lèvres, son cou, partout sur elle. Il était partout. Là, proche, si proche. Leurs souffles s'entremêlaient, doucement, agréablement. Puis ses mains sur les siennes et ses paupières qui se fermaient. Il s'abandonnait, elle en fit de même au son de sa voix.

Et tout changea. Ses yeux se rouvrirent alors que ses mains abandonnaient les siennes pour glisser sur ses bras. De nouveau son coeur s'accéléra. Il remontait, doucement... Ses épaules, ses cheveux, sa nuque. Où était-elle ? Non... Où en était-elle ? Que faisait-elle ? Cela aussi elle le trouvait agréable ? Appréciait-elle réellement cette nouvelle étincelle dans son regard ou la peur était-elle de retour ? Des frissons qui parcouraient son échine, redressaient les poils de ses bras et accéléraient son souffle... Et ses lèvres qui s'entrouvraient légèrement à sentir les siennes si près. Le désir ou la crainte ? Elle était perdue, dominée par l'adrénaline qui l'envahissait à chacune de ses caresses. Elle voulut lutter un instant, et s'il avait raison après tout ? Il était mal pour elle, n'avait toujours été que le mal ! Que lui avait-il apporté d'autre que haine et désespoir ? Elle s'était laissé mourir des mois entiers par sa faute ! Oui ce n'était que sa faute ! Depuis sa rencontre avec lui il y avait ces... Ces images, abominables dans son esprit ! Ces images affreuses, sanglantes, terrifiantes ! Mais elle ne se limitaient pas au meurtre ! Dans ses cauchemars, il y avait aussi ce regard.. Ce regard...

Ce regard qu'elle chercha et ne trouva pas. Il n'y avait plus que l'homme qui l'avait serrée dans ses bras. Il n'y avait plus que ses larmes sur ses mains. Non... Non elle ne le repousserait pas, car ce qu'elle voyait, ce n'était pas un monstre. Sa seule faiblesse avait été de vouloir fuir ce que tous détestaient sans se l'avouer... Ce qu'elle même aurait voulu fuir ! Mais aujourd'hui il était là, il ne fuyait plus, il n'était plus faible. Ne pas l'effrayer pour qu'elle s'enfuit, c'était bien là la preuve qu'il ne tournait plus le dos à ce qu'il ressentait, à la vérité. Il avait accepté tout ce qu'elle lui avait dit et était toujours là, sans crier ou protester ! Il acceptait qu'elle remette en cause tout ce qu'il était sûr d'être sans protester une seconde ! Si c'était cela être faible, elle aimerait l'être autant que lui...

Alors finalement, elle s'abandonna de nouveau. Rejeté le lointain souvenir de son détachement froid, il n'était plus que... Que qui ? Loin d'elle tous les surnoms péjoratifs qu'elle avait pu lui trouver au cours des mois et plus loin encore d'elle l'idée de le nommer inconnu, car s'il y avait bien une chose qu'il n'était pas, c'était cela. Il lui sembla le connaître mieux que la majorité des personnes qu'elle avait rencontré dans des bals, salons, ou autres réunions du genre ridicules qu'elle avait tant affectionné dans le passé. Il n'était plus que... Lui. Il était Lui, et il était exactement là où elle le désirait, près d'elle, contre elle. Il n'y avait plus de chaise, de hauteur, de distance... Juste leur deux corps, de plus en plus proches, et son coeur qui tambourinait au creux de sa poitrine. Ses mains dans son dos alors que lentement et délicatement il l'entraîna au sol... Ses lèvres, si proches que le désir de les effleurer enfin lui donnait le vertige... Une larme.

- Jamais...

Et ses lèvres. Ses lèvres qu'elle colla contre les siennes, sa promesse scellée en un baiser. Un baiser doux, tendre, sincère... En avait-il déjà reçu un de semblable ? Et elle, l'avait-on finalement déjà embrassé ainsi ? Jamais...

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Lun 30 Mai - 2:53




Tu me rends fou. Il n'y a pas de simple réponse avec toi. Tu provoques systématiquement en moi deux choses distinctes et opposées, et à la fois indissociables. Je ne sais plus où je suis sensé aller. Je ne sais pas où tu veux me guider. Je ne sais pas quelle option choisir. Tu es là, à ma portée, à ma merci. Tu me tends la main. Pour me sauver ? Pour sombrer avec moi ? Je ne sais pas. Si je serre ta main dans la mienne, si je ne la laisse plus jamais partir, qu'est-ce qui arrivera ? Pour moi ?... Serai-je sauvé ? Retrouverai-je la paix ? Et pour toi ? J'ai peur, tu comprends. Si je mêle mes doigts aux tiens, et que tu me sauves, et que je te tue... Ce serait atroce, tu comprends ? Je voudrais pourtant te retenir, je voudrais pourtant partir avec toi, que tu me ramènes dans un monde meilleur. Je le voudrais car j'en ai marre, mon Ange. Marre d'être cette carcasse étrange, ce pantin désarticulé et vide. Marre de dépendre d'une seringue, de m'envoyer l'esprit en l'air pour espérer ressentir autre chose que cette putain de douleur dans laquelle je me suis moi même plongé. Je voudrais que tu fasses revivre mon grand coeur de grand con. Mais si c'était le contraire ? Si je te précipitais dans mon gouffre ? Si je te volais ton âme pour de bon ? Cela ne peut pas arriver. Cela ne doit pas arriver. Tu es la seule... La seule que j'ai trouvée qui ne mérite pas d'être salie. La seule que je veux préserver, la seule âme pure qui m'importe. La seule que je voudrais pénétrer. La seule que je ne dois pas toucher... Tu me perds tout en me rendant la vue.


Un murmure. Une impression de chaleur, une douceur sur les lèvres, un frisson qui me parcourt l'échine. Une main à plat sur le sol, mes ongles qui s'enfoncent dans le bois du plancher. Un mot : tendresse. Je n'ai jamais rien connu de comparable. Je frissonne encore. Mon autre main glisse sur sa joue, sur son cou, parcourt sa peau, effleure le bord de son décolleté, là où sa peau se courbe, là où palpite son coeur. Mes lèvres lui répondent. Mon coeur s'emballe. Je suis maladroit. Je ne connais pas, je ne sais pas comment faire. Mes yeux sont restés ouverts. Mais doucement, ils se ferment. Son parfum m'enivre. Il est doux, fruité, subtil. Il est aussi unique que la sensation que j'ai en ce moment. Mais je me sens étrange. Ma main serre un peu ses cheveux, caresse la courbe de sa nuque. Mes lèvres s'emparent toujours un peu plus des siennes. Et je ne sais pas ce qui m'arrive. C'est doux, c'est agréable, et c'est terrifiant. Je vois un million de couleurs dans mon esprit embrumé, mon coeur bat de plus en plus vite. Je la veux, avec moi, pour toujours. Toujours, toujours... Et mon corps me dit qu'il pourrait l'avoir, là, maintenant. On s'en fiche de l'issue, advienne que pourra. Je suis égoïste, non ? Je la veux, je la prends, non ? C'est comme ça que ça a toujours fonctionné. Pourquoi serait-ce différent aujourd'hui ? Pourquoi serait-ce différent avec Elle ?

- Non ! Je me redresse, les yeux grands ouverts, mes deux mains de part et d'autre de son visage pour me soulever. Mon regard est sévère, comme pour l'accuser de quelque chose... Comme pour tenter de dissimuler ma panique, ma faiblesse. Je... Je ne sais... Je me mords les lèvres. Je suis nerveux. Ensuite, tout s'enchaîne. Je ne sais pas qui parle : le drogué ? le sans-âme ? le violent ? Tu me perds, putain, tu me perds ! Je ne sais pas ce que tu me fais. Mais tu ne peux pas me faire confiance, tu ne peux pas savoir comment je vais réagir, tu ne peux pas savoir comment les drogues vont me manipuler, quel effet ça aura, tu ne peux rien savoir. Elle font de moi ce que je suis. Tu ne peux pas me faire confiance. Moi, je ne me fais pas confiance, d'accord ?

Je me redresse pour de bon, m'assois à côté d'elle. J'ai le souffle agité, le coeur pareil. Qu'est-ce qui m'arrive ? Je panique tout seul. Qu'est-ce qu'elle m'a fait ? Sans réfléchir, je porte deux doigts à ma bouche, là où ses lèvres étaient posées quelques secondes auparavant. Interrompre ce baiser n'avait pas été évident. J'aimais la sensation de l'embrasser. J'aimais la sensation qu'elle m'embrasse. Cela me terrorisait de l'admettre, mais je m'étais senti comme neuf, revitalisé... réveillé. J'avais embrassé d'autres femmes. Mais cela avait été différent. Et cette différence tenait à l'envie. À la tendresse. À toutes ces choses que je ne semblais capable de découvrir qu'avec elle. Mais il avait fallu interrompre ce contact nouveau... Il le fallait. Que faisait-elle de moi ? Je tourne la tête vers elle, la contemple, les doigts toujours posés sur les lèvres. Je ne m'en rends pas compte, mais j'ai l'air d'un adolescent qui vient de recevoir son premier baiser.

- Comment je fais pour te sauver de moi alors que je n'en ai pas envie, et que tu ne sembles même pas vouloir m'aider ?


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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Mer 1 Juin - 1:02


Cette tendresse, c'est tout ce qui avait manqué à sa vie ces derniers temps, et il la lui offrait avec une candeur qui donnait une intensité nouvelle à tout ce qu'elle ressentait. Il était là, contre ses lèvres, là, contre elle, là, en elle. Son visage, derrière ses paupières closes, avait pour la première fois quelque chose de rassurant. Pour la première fois, ce n'était pas désagréable, au contraire... C'était doux comme une brise en été, chaud comme les premiers rayons de soleil du printemps. Elle s'abandonnait à ses caresses comme jamais elle ne l'avait fait avec un autre, goûtait à ses baisers comme s'ils étaient les premiers.

Que lui arrivait-il ? Sur quelle planète s'était-elle donc envolée ? Elle était en train de l'embrasser ! Lui ! Oui, et alors ? Sa main dans ses cheveux, ses courbes épousant les siennes, avait-elle déjà frissonné autant au contact d'un homme ? Il l'avait changé, il y avait plusieurs mois, définitivement. Oui, et si ce n'était pas lui qui était différent après tout, mais elle ? A son contact, elle n'était plus cette garce vaniteuse, cette fille pourrie gâtée qu'elle avait été à Londres, à Meryton. Il l'avait changé, et aussi inexplicable que cela puisse paraître, elle aimait celle qu'elle était avec lui. Il était tout ce qu'elle avait toujours redouté, elle avait détesté chacune de leur rencontre, elle avait craint chacun de ses gestes... Elle avait tremblé, pleuré, prié intérieurement ! Et pourtant, c'était autant de choses qui l'avaient conduite à cet instant, qui les avaient conduits à ce baiser dont elle tirait tant de plaisir.

Ne s'était-elle pas évanouie un peu plus tôt pourtant ? A bout de force, de peur, de tristesse, de... De quoi finalement ? Elle était dans ses bras là, mais ressentait-elle la moindre chose qui pourrait la pousser à fuir en cet instant comme elle l'avait voulu tout à l'heure ? Peut-être bien, comment chasser toutes ses pensées négatives alors qu'elles la hantaient depuis des mois, mais le reste était tellement plus puissant ! Des papillons voletaient dans son ventre, son esprit s'était envolé à mille lieux d'ici et tout ça pour un simple baiser ! Alors qu'elle importance pouvait bien avoir une piqûre après ça ? La seule chose à en retenir, c'est qu'il avait préféré qu'elle reste plutôt que stopper la douleur tout de suite...

Oui, quelle importance ce vide qu'elle avait ressenti en appuyant quand celui qu'elle ressentit lorsqu'il se recula fut tellement plus puissant ? Elle rouvrit ses yeux aussi vite qu'il s'était dégagé de son étreinte et ses bras retombèrent mollement au sol. Il paraissait furieux, comme si elle avait fait quelque chose d'affreux ! Mais ce n'était pas le cas n'est-ce pas ? C'est lui qui l'avait amené ici, qui l'avait attiré au sol, qui lui avait rendu son baiser ! Tout cela, il l'avait cherché autant qu'elle ! Il en avait eu envie autant qu'elle ! Non... Non il ne lui reprochait rien...

Il avait peur. Elle voulut d'abord sourire mais le fait qu'il se redresse totalement lui en coupa l'envie... Pour une seconde du moins. Qui pourrait croire qu'il avait un jour poignardé un homme ? Qu'il l'avait terrorisé au point qu'elle s'arrête de vivre ? Les doigts sur les lèvres, l'air ainsi perdu, elle n'avait qu'une envie, le prendre à nouveau dans ses bras, comme elle l'aurait fait avec un enfant ! ... Enfin comme n'importe qui l'aurait fait avec un enfant parce que dans son cas, ces petits extraterrestres sales et bruyants n'avaient leur place que dans les zoos, mais c'était une autre histoire.

- Et bien... Vous ne le faites pas...

Elle attrapa doucement ses doigts qu'il gardait contre ses lèvres pour y déposer un baiser en fermant les yeux avant de le regarder à nouveau. En souriant, elle se rapprocha légèrement de lui...

- Et vous me laissez essayer de vous sauver, vous.

... Avant de l'embrasser délicatement sur la joue. Elle aimait ce qu'il faisait d'elle...

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Ven 3 Juin - 18:25





Je suis toujours assis prêt d'elle, et je réalise plus ou moins ce qu'il se passe. Tout s'embrouille dans ma tête. Je sens ce besoin de la protéger, de l'éloigner de ce que je suis, de l'influence que je pourrais avoir sur elle. Cette vérité tambourine dans mon esprit, dans ma poitrine, s'insinue dans ma chair, dans mon sang, mes muscles. Elle me donne la chair de poule, me fait frissonner d'angoisse. Je la regarde et je vois quelqu'un de fragile. Je la regarde et je vois tout ce que j'ai abandonné il y a des années, tout ce que j'ai laissé derrière moi. Je la regarde, je la regarde, je la regarde... Je vois de la subtilité, de la tendresse, je vois tout un tas de choses que je croyais ne plus jamais connaître. Je la regarde et je suis fasciné par ce qu'elle est, par l'aura fabuleuse qu'elle dégage, par la douceur qui l'anime. Je suis fasciné, et ce n'est pas malsain. Ce n'est pas obsessionnel, ce n'est pas mesquin. C'est doux et agréable, chaud et attirant, tendre et passionné. Je la regarde et je vois ce qu'au fond, j'ai toujours attendu, et jamais reçu. Je vois l'affection qui m'a toujours fait faux-bond. Je vois quelqu'un. Quelqu'un à qui je pourrais tenir. Quelqu'un qui pourrait me rendre ce que je n'ai jamais eu, quelqu'un que je pourrais vouloir près de moi. Quelqu'un à qui j'aimerais m'abandonner, que je voudrais ne jamais cesser de découvrir. Quelqu'un.



Elle me perturbe, elle chamboule ma vision des choses. Chacune de ses paroles résonne en moi comme pour l'éternité. Je voudrais qu'avec elle, tout s'arrange. Je voudrais qu'à ses côtés je ne sois plus le même. Que je ne sois plus que ce qu'elle fait de moi. Je voudrais revenir à l'instant où nous nous embrassions, et que cette seconde se prolonge à jamais. Pour la première fois, une personne parvient à m'atteindre, à me toucher, à me transformer.

Pourtant, je ne peux m'empêcher d'avoir peur. Je ne peux m'empêcher de partir défaitiste, de savoir à l'avance quelle issue auront les choses. Car je finirais forcément par lui faire du mal. Ce n'est pourtant pas ce que je veux, mais je le sens venir. Je sais être quelqu'un de mauvais. Je sais ne pas avoir un bon fond. J'ai conscience d'être le soldat des drogues que je m'injecte. Et j'ai conscience d'être leur esclave, d'être l'habitacle de la douleur et de la violence, d'être à la merci de mon propre corps. Par miracle j'ai pu me contrôler une fois, plus ou moins. Mais le pourrais-je encore ? Non, à l'évidence non. Combien de crises de manque ai-je traversé ? Combien de personnes ai-je blessé, volontairement ou pas, rien que pour me défouler ? Rien que pour déverser la douleur qui m'emplit chaque minute un peu plus ? Pour contaminer les autres avec ma peine ? Par pur égoïsme ? Et j'ai beau ne pas vouloir la même chose pour Elle, j'ai beau la regarder et voir quelque chose de différent, je ne me fais pas confiance... Je ne me ferai jamais suffisamment confiance pour la laisser entre mes mains, et risquer un jour l'étouffer, la faire souffrir, juste pour tenter en vain de m'apaiser. Je suis un monstre, et le monstre que je suis refuse qu'elle ait un tel destin. Le mieux à faire serait de l'éloigner de moi au plus vite.



Mais je ne comprends pas pourquoi, je n'y arrive pas. Elle m'affaiblit. Avec ses regards, avec ses caresses, ses approches, ses murmures. Je ne veux plus l'éloigner. Je passe d'un sentiment à l'autre en une fraction de seconde. Je veux la protéger, mais je veux aussi garder pour moi cette impression de chaleur qu'elle m'apporte. Je veux la sauver, mais je veux la garder pour moi. Ces deux forces s'affrontent dans mon corps avec violence, et je ne sais plus rien, au final. Elle me torture et me fait du bien. Elle... Elle est définitivement hors du commun. Et moi, je suis faible et minuscule une seconde ; froid et distant l'autre. Je sens mon coeur partir en fumée puis revivre, je sens mon ventre se tordre, mes mains s'agiter. Je plonge dans son regard doux et céleste, et mes angoisses s'envolent. Elle prend mes doigts, les embrasse. Je ne me défais pas de son visage. Mes lèvres tremblent. Me sauver ? Je ne suis pas celui qui en a besoin... Si ? Je me perds à nouveau. Mon regard erre jusqu'aux seringues éparpillées dans la pièce. Me sauver... Elle embrasse ma joue, son parfum me chatouille les narines, me transporte de douceur. Je ferme les yeux, tranquille et torturé. Puis je la regarde à nouveau. Mes yeux glissent sur son visage, et plongent jusqu'à ses mains fines, pour voir les miennes, plus imposantes, se rapprocher de ses doigts, les effleurer, s'entremêler avec eux. Mon corps fatigué se penche vers le sien. J'enfouis mon visage dans le creux de son cou, respire son parfum sucré sur sa peau. Mes mains serrent doucement les siennes.

- Et maintenant, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui m'arrive ? Et à toi ?


Je voulais qu'elle me donne des réponses. Elle qui me perdait, elle qui semblait me comprendre mieux que moi-même, elle qui faisait de moi ce qu'elle voulait... Je voulais entendre sa voix, pour toujours. Je relève mon visage, fait glisser ma joue contre la sienne et, lentement, laisse mon front épouser la forme du sien.

- Dis-moi ton prénom...


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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Lun 6 Juin - 4:18


Quelle douce ironie que tout cela... Il avait était celui qui l'avait terrorisé plus que n'importe qui d'autre, que n'importe quoi d'autre dans sa vie, mais il se trouvait aussi être celui à côté duquel elle se sentait le mieux depuis... Si longtemps qu'elle n'aurait su définir clairement depuis combien de temps tout cela durait. Là, dans cette pièce vide, si près de lui, ses mains au creux des siennes, elle se sentait comme dans un cocon, à l'abri du monde. Elle ne l'aurait quitté sous aucun prétexte... Désespoir, tristesse, peur... Lentement, tous ces sentiments la quittait pour laisser place à de nouveaux, plus doux, plus agréables, qu'elle n'oserait définir vraiment mais qui lui redonnait cette force qui depuis tant de temps l'avait désertée. Son regard sur elle, son regard... Oui, la voilà l'origine de sa force. Elle avait perdu le courage d'avancer en perdant l'espoir d'y voir quelque chose, mais aujourd'hui elle le savait, le sentait, il n'était pas qu'une carapace que la drogue et le sang avait lentement vidée.

Il y avait un homme là-dessous. Un homme aussi doux que les sentiments qu'il commençait à lui inspirer. Un homme qui l'avait obsédée durant des mois entiers, car c'était bien lui finalement qu'elle avait toujours gardé en tête. Derrière ces cauchemars, ces pleurs, avait toujours plané le fantôme de cette humanité qu'elle avait un jour espéré trouvé en lui, et aujourd'hui il était là. Était-ce cela l'espoir ? Ce qu'elle avait pris pour de la lâcheté à s'ôter la vie, se pouvait-il que ce ne fut que l'espoir de croire que cet homme existait vraiment et donc qu'il était inutile d'en finir ? L'espoir de croire que cette lueur qu'elle avait un jour vu au fond de ses yeux dans cette caverne n'avait pas été qu'une illusion ? Qu'importait ces questions, puisqu'au fond elle n'avait plus qu'une certitude : enfin elle était bien, alors rien d'autre ne comptait.

Mais lui aussi avait ses questions... Des questions face auxquelles elle était aussi désemparée que lui au final ! Pouvait-elle finalement prétendre connaître mieux que lui... tout ça ? L'avait-on jamais réellement aimé tendrement ? S'était-on déjà montré doux avec elle ? Il y avait eu William... Mais la dernière fois qu'ils s'étaient vu ! La manière avec laquelle il l'avait rejetée ! Non, ce n'était pas cela la tendresse. Elle avait eu peur d'éprouver des sentiments pour lui et avait bien eu raison ! Car où avait-il été durant toutes ces journées de malheur interminable ? Ces nuits d'insomnies ? Ou était-il maintenant qu'Il serrait doucement ses mains et s'abandonnait lentement à elle ? Elle tourna la tête et enfouit son visage dans ses cheveux en fermant les yeux. Doucement, elle se libéra aussi une main qu'elle vint poser sur sa nuque pour le serrer un peu plus contre elle.

- Et bien... Je...

Sa voix n'est qu'un murmure, faible, indécis... Je ne sais pas. Je ne sais plus rien. Je veux juste rester là, encore un peu, rien qu'un peu, contre toi, s'il te plaît... Comment le lui dire ? Comment reconnaître qu'après l'avoir laissé faire tomber les murailles, elle ne savait pas quoi faire ? En avait-elle seulement demandé autant ? Elle l'a perdu mais elle s'est perdue avec lui. Si elle sent qu'il n'est plus vraiment le même, sait-il seulement comme il l'a changée aussi ? Comme elle est différente depuis leur première rencontre ?

Et puis... Se rendait-il seulement compte de... Il bougea, lentement, jusqu'à se retrouver juste face à elle, ses lèvres de nouveau si près des siennes. Mais... Elle ferma les yeux en se pinçant les lèvres. Ce qu'il lui demandait... Ce qui allait se passer ? Il venait d'y répondre seul. A présent, il allait découvrir la seule chose qu'il ne devait pas encore savoir d'elle. Après avoir complètement envahi son monde, chamboulé sa vie à jamais, il s'apprêtait à apprendre la dernière petite chose qu'elle avait pu garder pour elle. Crystal. Crystal. Crystal... S'il savait déjà tout, pourquoi pas son prénom ? Peut-être parce que c'était la dernière chose qui la protégeait ? Qui lui donnait l'impression de ne pas être totalement à découvert devant lui ? Crystal. N'allait-elle pas justement lui dire qu'elle voulait rester plus ? Alors pourquoi pas son prénom ? Tout le monde connaissait son prénom ! Pourquoi pas la seule personne qui comptait vraiment ? Crystal. Qu'est-ce que cela changerait si elle lui disait ? Rien ! Elle serait simplement Crystal au lieu de la petite fille. Crystal. Elle déglutit, difficilement. Qu'est-ce qui lui clouait la bouche ainsi ? Crystal. Crystal. Crystal.

- Je n'peux pas !

Elle s'était reculé aussi vivement qu'elle avait rouvert les yeux. Loin de lui, ses mains lui semblaient plus fraîches, inutiles... Venait-elle réellement de... ? Pourquoi ? Elle l'observa un instant, choquée, comme si c'était lui qui l'avait repoussée... Puis elle réalisa. C'était elle qui était debout, à un mètre de lui, qui méritait les gifles qu'elle rêvait de donner au responsable de cette violente séparation ! C'est elle qui fuyait, qui se protégeait cette fois. C'était encore elle qui avait peur...

- Je... Je dois partir.

Il était celui qui avait fui et s'était protégé toute sa vie et pourtant c'est elle qui partait ? Cette douceur, cette chaleur... Si c'était si agréable, pourquoi en avoir peur ? Était-elle stupide au point de vouloir retourner à cette stupide vie... vide de sens ? De toute évidence, car déjà elle saisissait la poignée de la porte malgré son coeur qui lui hurlait de rester... Retiens-moi. Laisse-moi fuir. Retiens-moi. Laisse-moi fuir. Retiens-moi, je t'en supplie...

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Dim 10 Juil - 16:52

Spoiler:
 





Je ne crois pas me souvenir d'une fois comme celle-ci, où j'ai déjà été satisfait que la drogue ne me transporte pas trop. Qu'elle me laisse au contraire avoir conscience de tout ce qui m'entourait. Qu'elle me laisse entendre chaque son, sentir chaque touché, respirer chaque effluve de Son parfum. Je crois que c'est la première fois. J'aurais pu être fou de peur ou mort de rage... Mais je crois plutôt que je suis heureux. Je reste anxieux, de cette anxiété qui saisit un drogué lorsque les substances qu'il s'injecte le laissent presque inchangé. Mais je suis... heureux. Je peux la voir. Je peux garder en mémoire son regard, la douceur de sa peau, la légèreté de ses cheveux qui glissent entre mes doigts. Je peux le garder en mémoire comme un réel souvenir, et non pas comme une hallucination. Ce discernement entre réel et imaginaire, je ne l'ai quasiment plus. Les poisons dans mon sang ont annihilé mes sens de perception, les ont remplacé peu à peu. Ils ont bercé mon cerveau d'images inventées ; magnifiques mais abstraites. Ce que je vis ici, avec Elle, est totalement différent. Cette scène réveille mes sens, les électrise. Tout cela est concret. Pourtant... Cela demeure magnifique. Et je m'interroge : s'il y a dans ce Monde des choses aussi belles à voir que ce que je vois en ce moment... Qu'avais-je de si laid à fuir ? De quoi me suis-je protégé ? Ai-je eu tort ? Ai-je mis fin à ma vie pour rien ? Trop de questions m'assaillent, et mon anxiété redouble. Je veux rester sur Terre, avec Elle... Mais les choses dans mon univers sont tellement plus simples ! Qu'est-ce qui me pousse à rester ? Qu'est-ce qui m'empêche de partir ? Elle ? Moi ?...

J'en ai marre de trop penser, de ne jamais trouver le repos. Quand est-ce que j'ai vraiment dormi pour la dernière fois ? Sans me réveiller chaque minute, sans devoir me plonger dans un état proche de l'oubli le plus complet ? Être dans ses bras a quelque chose de reposant, d'apaisant. Mais je reste hyper-conscient. Calme et paniqué à la fois. Des fois qu'elle parte d'un coup. Des fois que je la blesse. Que la drogue m'emporte finalement... Des fois que tout et n'importe quoi survienne, et perturbe l'équilibre étrange et fragile qui s'est installé entre nous. Je ne comprends pas cette symbiose, mais je la ressens. Puissante et comme indestructible. A des mois d'intervalle, à des kilomètres d'écart. Intacte.

Mes propres mots résonnent dans mon esprit. Son prénom... Est-ce la dernière barrière, ou n'est-ce au contraire que le commencement ? Mon coeur s'agite. Mes yeux la contemplent, et je crois voir dans son regard naître la même anxiété que dans mon coeur. Que devenons-nous, après ça ? Trop d'inconnues, trop d'issues possibles, trop de néant. Je suis perdu, tu l'es aussi. Nous ne savons pas où nous allons. Et tu as tout autant peur que moi. C'est pourtant ta faute, tout cela. Ou bien est-ce la mienne ? Qui est venu chercher l'autre ? N'était-ce qu'un fruit du hasard ? Ou bien nous sommes-nous trouvés en même temps ? En me voyant pour la première fois, tu ne t'es pourtant pas dit que tu voulais me revoir, n'est-ce pas ? Tu voulais me fuir, coûte que coûte. Et si je t'ai poursuivie, au fond, c'était pour mieux te fuir ensuite, une fois t'avoir éliminée... Et aujourd'hui, que sommes-nous ? Tu n'es plus ma proie, ni ma menace. Je ne suis plus ton tueur. Une part de moi te fuis toujours, mais pour des raisons différentes. Pour te protéger, pour me simplifier les choses... L'autre part te veut pour elle seule, sans jamais pouvoir t'échapper. Qui sommes-nous ?

Je sens le froid m'envahir d'un coup. Mes yeux la suivent du regard, je reste aussi choqué qu'Elle, incapable du moindre mouvement. Je ne comprends pas ce qui vient de se passer. Ou je refuse de le comprendre. J'ai voulu m'attacher à elle. J'y ai cru. Elle m'y a fait croire... Elle... Elle part... Elle part, cette fois-ci. Je suis à nouveau seul, la symbiose s'écroule. C'est pour le mieux, après tout : ne voulais-je pas la protéger ? L'effrayer, l'éloigner de moi ? Si... Non... Je ne sais pas ce que je veux ! C'est Elle que je veux ! Mais elle s'en va... Son regard me quitte, elle me tourne le dos. Mon coeur se déchire. Mon âme se rompt. Mon... âme ? Mais je n'ai pas... Depuis quand ? Est-ce que c'est elle ? Elle me l'a finalement rendue ? L'ai-je toujours gardée avec moi, l'a-t-elle réveillée ? Et maintenant elle la tue à nouveau ! Comme c'est cruel ! Elle s'en va ! Elle prend peur ! Mais j'ai peur aussi ! Ne voit-elle pas qu'elle me laisse pétrifié ! Ne voit-elle pas que sans elle, je ne suis rien ? Que sans moi, Elle... Elle n'est... Qu'un prénom...

Je me lève, le corps emplit d'adrénaline. Derrière elle en moins d'une seconde, mon corps collé contre son dos, je passe mes bras au dessus d'elle pour plaquer mes mains sur la porte et l'empêcher de l'ouvrir. Mon souffle agité s'engouffre dans sa nuque. Mes yeux écarquillés fixent mes mains sur la porte, sans trouver la force de se détourner pour trouver son corps. Je le sens pourtant contre le mien. Son dos se soulève discrètement contre mon torse, au fil de sa respiration saccadée. Ses cheveux caressent mon cou.

- Je suis l'assassin... Celui qui te répète que tu ne peux pas lui faire confiance ou voir quelqu'un en lui... Celui qui te dit qu'il aimerait te faire peur pour que tu partes, que tu le laisses seul... Mes bras se replièrent doucement pour l'enlacer, tandis que mon visage trouvait refuge dans son cou. Mais la vérité, c'est que je ne veux pas être seul... Ou seulement seul avec toi. La vérité c'est que tu me fais peur au moins autant que je te fais peur... Et si c'est moi, l'assassin... C'est toi qui as toutes les armes pour me tuer.

Je restai à l'enlacer une longue minute, pendant laquelle je ne parlais plus. Mon coeur battait si fort que j'étais persuadé qu'elle pouvait le sentir dans son dos. Lentement, mes bras la relâchèrent et je posai ma main sur la sienne, restée sur la poignée, pour lui faire ouvrir la porte. La rue s'étalant devant nous, vide, j'approchai mes lèvres de son oreille, que j'embrassai, avant d'y murmurer quelques mots.

- Appelle-moi Tim.

Je la laissai libre de partir, ayant la certitude étrange et douce que "Nous" ne faisions que commencer...

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MessageSujet: Re: Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy Mar 20 Sep - 2:22


C'était trop tard, il ne la retiendrait pas. Déjà, sa main s'approchait de la poignée sans qu'il n'ait esquissé le moindre mouvement. Elle avait donc mieux fait de choisir de partir n'est-ce pas ? S'il n'était capable, ne serait-ce que d'essayer de la retenir un instant, alors à quoi bon se donner la peine de lutter contre cette petite voix dans la tête qui lui hurlait de fuir ? Il n'avait fait que se servir d'elle, comme tous les autres, mais c'était pire encore avec lui. Un instant, elle y avait cru. Elle l'avait cru quand il lui avait laissé croire qu'elle n'était pas n'importe qui. Elle avait eu la prétention de se croire plus importante lorsque pour la première fois elle avait capté une étincelle dans son regard alors qu'il se posait justement sur elle. Elle avait cru à ses baisers. Elle était idiote. Une fois de plus, elle ne s'était pas attachée au bon...

Deux mains passèrent près de son visage et bloquèrent la porte alors que déjà, elle abaissait la poignée. Il était là, dans son dos, tout contre elle. Elle pouvait sentir son souffle, saccadé, remuer ses cheveux dans sa nuque. Elle n'osait bouger, frissonnait de le sentir si près. Il était venu finalement. Son coeur s'affolait, sa respiration s'accélérait. Elle voulut se retourner, voir ce que lui disaient ces yeux qu'elle n'avait d'abord osé affronter en prenant la fuite, mais elle ne bougeait pas. Elle se laissait envahir par cette douce chaleur qui parcourait ses membres sans qu'elle ne puisse l'expliquer. Il était revenu à elle. Elle ne s'était pas fourvoyée, bercée de ridicules illusions. C'était vrai, elle comptait... Immobile, elle attendait, qu'il bouge, lui parle, peu importe, qu'il fasse quelque chose. Il ne voulait pas qu'elle parte, entendu, mais alors quoi ?

Mais sa voix... Comment faisait-il donc cela ? A chaque fois... Elle s'oubliait. Chacune de ses paroles provoquait en elle un tourbillon de sentiments, forts, contradictoires. Il l'effrayait, plus que quiconque, et chacune de ses paroles laissait planer sur elle comme une nouvelle menace. Mais une menace de quoi ? Que craignait-elle donc si fort lorsqu'il lui demandait simplement de rester par exemple ? Ce qu'elle redoutait tant, n'était-ce pas plutôt cette affection qu'elle commençait à sentir grandir en elle à son égard, qu'il attisait inconsciemment avec chacune de ses paroles, avec cette vulnérabilité qu'elle devinait ? Et ô combien elle était forte en cet instant ! Il la retenait et la repoussait à la fois, l'effrayait, par les mots, les gestes, mais lui bloquait aussi la seule issue ! A quel jeu jouait-il donc ? Finalement, il était juste aussi perdu qu'elle. Elle fuyait en attendant qu'il la retienne, il la repoussait puis venait l'enlacer.

Son étreinte, douce, la fit en oublier un instant le monde autour, la raison même qui l'avait poussée à se lever. Que craindre alors qu'il était évident que l'homme de la grotte n'était plus celui qui la serrait dans ses bras ? Il n'y avait plus de violence, de haine en cet homme ! Il était juste... Perdu. Mais qui ne l'était pas ? Il l'était peut-être plus que quiconque, mais tout ce dont il avait besoin, n'était-ce pas juste d'une personne qui enfin croirait en lui, lui tendrait une main pour l'aider à émerger après tout ce temps ? Elle ne parla pas, ne bougea non plus. La main toujours sur la poignée, elle était à vrai dire, pétrifiée. Seul ses yeux se fermèrent alors qu'elle essayait d'y voir enfin clair ! L'éternel combat du coeur et de la raison...

Mais elle ne fuit pas. Il lui laissait les armes. Il venait de lui accorder ce qui peut-être, il devait en être conscient, était la chose qui l'avait retenue jusqu'à présent. S'il n'était plus en position de force, elle n'avait donc plus de raison de le craindre aucune... Il ne lui ferait plus de mal à présent, elle pouvait enfin partir le coeur serein ! Non... Avec quelle innocence il s'ouvrait aujourd'hui à elle... Tant de temps à le craindre, à attendre une mort qu'elle voyait arriver avec son visage, et pourtant aujourd'hui... Il s'était passé tant de chose qu'elle ne parvenait à tout réaliser, la situation lui échappait. Position de force ou pas, elle s'en fichait bien. Il s'était ouvert à elle comme personne jusqu'ici. Ses bras, autour d'elle, c'est tout ce qui lui importait. Elle bascula doucement la tête contre la sienne, qu'il avait niché dans son cou.

Et puis le temps reprit son cours, violent, rapide. Ses bras la relâchèrent, l'abandonnèrent. Ses yeux se rouvrirent et elle se redressa, suivant du regard cette main qui, posée sur la sienne, lui avait envoyée cette petite décharge en ouvrant la porte. Pourquoi la retenait-il si c'était pour la jeter à la rue finalement ? Mais... Elle inspira un peu plus d'air que nécessaire alors que, surprise, elle se figeait de nouveau. Il... Elle... Son coeur s'affolait, comme surpris après un réveil trop violent. Il venait de... Mais ce n'était rien ! Juste un prénom ! Mais ? Sa main sur la poignée glissa lentement le long de son corps, quittant la douce chaleur que lui procurait celle de la sienne posée dessus. Elle inspira de nouveau, tenta de reprendre ses esprits... En vain ? Elle ne savait plus. Oui, dès qu'il parlait, elle s'oubliait...


Tim. Ca ne sonnait pas comme le prénom d'un meurtrier, d'un drogué. C'était juste... Tim. Qu'avait-elle imaginé ? Y avait-il un prénom particulier pour les hommes profondément méchant ? Peut-être imaginait-elle une sorte de pseudonyme qui pourrait laisser deviner le genre d'horreur qu'il avait pu faire au cours de sa vie ! C'était ridicule. Tim. Juste Tim... Ce n'était qu'un prénom, comme le sien après tout. Il ne définissait pas qui elle était, ce qu'elle était. Il ne racontait pas l'histoire de sa vie, les erreurs qu'elle avait pu commettre pas plus que les bonnes actions. Crystal. Qu'est-ce que ça changerait vraiment finalement ? Elle serait toujours la même, il n'aurait qu'un prénom en plus à mettre sur son visage. Oui mais... Et si elle ne devenait plus que ce prénom ? Le problème avec les prénoms, c'est qu'on se protège derrière eux. Tim. On ne songe soudain plus à ce qui nous fait tant aimer ou détester une personne lorsque l'on connait son nom, on se contente de l'appeler... Mais la petite fille ou Crystal, qu'est-ce que cela changerait ? Tout ? Rien ?

- Crystal...

Elle avait du garder le silence deux longues et interminables minutes, sans esquisser le moindre mouvement, et enfin elle s'était retournée vers lui. Il n'était pas question de qui détenait les armes ou pas. Ils seraient simplement égaux, et tout serait bien plus facile ainsi, pour tout le monde... Délicatement, elle avait déposé un baiser sur ses lèvres et enfin, se hissant sur la pointe des pieds, avait fini par lui susurrer son prénom au creux de l'oreille, en un souffle, avant de franchir la porte sans un mot de plus. Ce qu'elle venait de faire valait de toute façon tous les discours du monde...

FIN

_________________


Tout désir que nous cherchons à étouffer, couve en notre esprit et nous empoisonne. Que le corps pèche une bonne fois, et c'en est fait de son péché, car l'action a une vertu purificatrice [...] Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder. Wilde
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Une surprise dont on se passerait bien ~ Timothy

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