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i made a mess of me (monologue)

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MessageSujet: i made a mess of me (monologue) Mar 15 Mar - 0:57



« Depuis combien de temps suis je parterre, dans cette ruelle ? Il fait nuit maintenant, je peux le voir en levant les yeux. Il fait noir. Je n'aime pas le noir. Je pleure depuis des heures, sans arriver à m'arrêter. Mais il faut que j'arrête, maintenant ! Il faut que je me lève, que je rentre au Royal Crescent, et que je fasse comme si rien ne s'était jamais passé. Rien n'est arrivé. Je me suis seulement baladée, aujourd'hui, et puis j'ai perdu la notion. C'est pourquoi je rentre si tard. C'est ce que je dirais, quand on me posera la question. Si on me la pose. Mais connaissant ma soeur, je sais qu'elle doit se demander où je suis partie, sans rien dire à personne, qui plus est. Mais je n'ai pas envie de rentrer, je ne me sens pas encore prête. Sans me regarder, je sais que j'ai les yeux rouges, que je suis décoiffée, que je suis sale. Elle ne me croira jamais, elle me connait trop. Je n'arriverai jamais à réparer les dégâts avant de rentrer. Ou je pourrais très bien rester là, jusqu'à ce que je me dessèche complètement. On me retrouvera dans quelques mois, sèche comme un vieux radis, et on pourra croire qu'on m'a agressée ou je ne sais quoi. Je devrais rester là. Surtout que derrière ces vieilles caisses, je ne pense pas que quelqu'un me retrouve un jour. Mais j'ai mal, j'ai tellement mal. Je voudrai que la douleur s'en aille, que toutes mes sensations s'en aillent. Tout ce qui arrive est de ma faute. Si je n'étais ni lâche, ni égoïste, personne ne souffrirai. À moins qu'il n'y ait que moi qui souffre, en réalité. Dans ce cas là, ce serait bien mérité. C'est tout ce que je mérite, de souffrir. Je devrais peut être aller m'enfermer dans un couvent, ou dans une caverne. Ce sera la caverne, au moins je serais seule, et plus personne ne se souciera de moi. Encore un sanglot qui sort d'entre mes lèvres. Je n'arrive toujours pas à les contrôler. Je suis pitoyable, dans cette ruelle. Je suis pitoyable, ridicule. On dirait une enfant, il faut que je me ressaisisse. Mais je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à arrêter de trembler. Je crois que je me suis blessée en m'écroulant. Oui, je vois une écorchure qui parcourt mon bras. C'est bien fait. Je dois être là depuis plus longtemps que je ne le croyais, le sang a déjà séché sur ma peau. Mon estomac se tord dans des crampes incroyables, l'envie de vomir me reprend. Les mêmes pensées, les mêmes images tournent en boucle dans mon esprit depuis des heures. Je revois cette femme, je revois cette chemise. Je revois l'intérieur de cette maison. Cette maison que j'aurais du occuper avec lui. Moi, pas elle. Mais toutes les erreurs que j'ai commises m'ont privée de cette maison. Je m'en suis privée moi même. »

« Je dois me plaire dans mon malheur, c'est la seule explication que je vois à toute cette situation. Je dois aimer être malheureuse. Je dois adorer faire du mal aux gens que j'aime et à moi même. C'est la seule explication. Dire que j'avais été si troublée, il y a quelques jours, lorsque j'avais cru l'apercevoir. L'espoir m'avait reprise, cet espoir que j'avais mis dans un coin de ma tête pour ne plus l'entendre. Pendant quelques jours, j'avais cru que la situation pourrait s'arranger, même si je ne savais pas comment. Cette seconde m'avait redonné espoir, et quelques minutes ont suffi à tout détruire. À me détruire entièrement. Je ne devrais pas continuer à penser ainsi. Je n'ai pas le droit de m'apitoyer sur mon sort. Je veux juste son bonheur. Elle avait l'air gentille. J'aurais du mieux l'observer. J'aurais même du rester, lui poser des questions, et partir. Mais une fois de plus, j'ai fui. Je continue à fuir, je fuirai sûrement toute ma vie. J'aimerais perdre la mémoire, oublier ce que je viens de voir. »

« Mais à la place, je vais me lever. Oui voilà, je sens mes membres endoloris d'avoir été trop longtemps dans la même position trop longtemps se détendre. Je suis debout, une main appuyée contre le mur qui me supporte depuis de longues heures. Je suis debout, mais je ne veux pas rentrer. Je vais encore fuir, une dernière fois. Une dernière fois, je vais faire n'importe quoi. Pour oublier, même si ce n'est que pendant quelques heures. Et je sais très bien comment faire pour oublier, je l'ai déjà fait auparavant. Sauf qu'à l'époque, je n'avais pas le choix. Ce soir, je décide de faire n'importe quoi. Même si je me détesterai après. Je me déteste déjà, de toute façon. »

***







« J'ai marché pendant longtemps, mais j'ai trouvé l'endroit que je cherchais. Quand on a connu l'obscurité une fois, elle nous appelle toujours à elle. Elle fait toujours en sorte qu'on la trouve. J'avais entendu parler de endroit un soir, par le commandant de la police. Il m'avait dit que la fréquentation était la pire qu'il pouvait y avoir. Que, même si le jour ils se montraient sous leur meilleur aspect, même des aristocrates y allaient. On y trouvait tout ce que l'on y cherchait. C'était le dépotoir de la race humaine. C'était les catacombes.
Tout le monde savait comment s'y rendre, même si personne ne l'avouait. Je n'ai mis que quelques heures à trouver l'une des entrées qui permettaient de s'y rendre. Elle était dissimulée sous un vieux pont de pierre, dans les bas quartiers de la ville. Je touchais la pierre du pont. Elle avait du voir passer des centaines d'âmes perdues. J'en fais sûrement partie, désormais. Dans la pénombre, je vois deux yeux brillants, qui me fixent. Forcément, ce genre d'endroit est toujours gardé. Je m'approche. « Je veux juste oublier ». Ces mots ont suffi à me faire passer par la porte que l'on ne voyait pas, à moins de la connaître. L'homme, si c'en était un, n'a même pas ouvert la bouche. Il m'a juste laissée passer. Je suis dans un sale état, ma robe est même déchirée à un endroit. Je ne sais pas comment je vais justifier ça, en rentrant. Non. Je dois arrêter de penser au moment où je rentrerai. Maintenant que je suis là, je dois vivre la minute présente. Arrêter de penser. Quelques marches glissantes mènent à un couloir sombre. Je les descends rapidement, pour finir par arriver dans le pire endroit que je n'ai jamais vu. Pourtant, pour avoir passé des années dans un bordel, je pensais avoir tout vu. Tout est si sombre. Cet endroit respire le désespoir. C'était ce que je cherchais, après tout. Je ne sais pas quoi faire, cependant. Dans un coin, je vois une prostituée avec l'un de ses clients. Ils sont à la vue de tout le monde. Dans un autre endroit, deux hommes ivres se battent. Et moi, je suis plantée comme un piquet en plein milieu. Il faut que je bouge. Que suis-je venue faire ici ? Je devrais peut être partir, après tout, je devrais... »

« Bonsoir, ma petite demoiselle. » Je me retourne. C'est un jeune homme roux, il ne doit pas être bien plus âgé que moi, ou alors de seulement quelques années. Il est effrayant, mais d'un côté, je n'y prête pas tellement attention. « Je ne vous ai jamais vue ici, il me semble. » Il se rapproche encore de moi. « Bienvenue dans mon royaume. »

À partir de ce moment, ce fut le trou noir.



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